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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
18/06/2020 21:00
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SAONE-ET-LOIRE : Un plan environnement de 50 millions d’euros en 10 ans

Catherine Amiot : «On va planter 600.000 arbres et 150 kilomètres de haies»
Une moyenne de 5 millions d’euros par an vont être consacrés au nouveaux enjeux environnementaux. Violaine Gillet a ironisé sur le temps qu’il a fallu pour avoir un plan qui reprend des propositions de son groupe.

C’est un plan qui se veut ambitieux. 50 millions d’euros en 10 ans, c’est quand même 5 millions par an. En ce sens, le conseil départemental de Saône-et-Loire, à défaut de faire de l’environnement une priorité absolue, a décidé de verdir toutes ses politiques quand cela est possible.
Ainsi que nous l’avons déjà écrit (lire notre premier article) les particuliers vont pouvoir bénéficier d’une aide de 500 euros pour acquérir un vélo électrique. Une aide qui pourra être cumulée avec d’autres incitations mises en place par des collectivités, comme la ville du Creusot, ou le Grand Chalon.
Mais le plan environnement comprend plein d’autres volets. A découvrir en détail.

Cliquez ici pour voir le plan environnement


Catherine Amiot : «Les abeilles 
vont nous remercier»
Comment comptez-vous agir sur la biodiversité ?
CATHERINE AMIOT : «Cela fait déjà plusieurs années que nous avons engagé des actions pour protéger la biodiversité. Mais on a décidé d’aller plus loin. On ambitionne ainsi de multiplier par 10 le nombre de sites labellisés et donc protégés d’ici 2025. Ce sera par exemple le cas de la zone humide Sud du Pont du Roi, ou la forêt de la Ravière à Uchon…»
Avec quels objectifs ?       
«On veut multiplier par deux les visites commentées, notamment pour les jeunes. On veut aussi, dans le cadre d’une convention, avoir une communication commune avec le conservatoire des sites naturels.
Vous voulez aussi augmenter la place de la forêt…
«Oui, nous avons décidé de planter 600.000 arbres d’ici 2030. C’est 60.000 arbres par an. Oui c’est un gros enjeu et nous avons la volonté d’impliquer les collectivités, les communes. Il va falloir replanter des arbres avec des objectifs bien identifiés et non pas un arbre ici et un autre là. En fait, il faut créer des clusters d’arbres là où il n’y en a plus, y compris en ville, avec des arbres favorisant la pollinisation».
Lesquels ??
«C’est ce que l’on appelle les arbres à miel. On en trouve beaucoup en ville, comme par exemple le Sophora du Japon, ou encore le Tilleul ou l’Erable champêtre… Les abeilles vous nous remercier. Il faut aussi redonner à la nature des friches que l’on trouve parfois en ville, ou juste en périphérie. Nous voulons multiplier par six, le nombre de sites rendus à la nature».
Vous voulez aussi lancer une grande opération pour replanter des haies ?
«Oui, c’est important pour la biodiversité, pour les oiseaux. Nous avons un objectif de planter 15 kilomètres de haies par an, pendant dix ans. On peut par exemple privilégier les nouvelles voies vertes».
Recueilli par Alain BOLLERY

150 km de haies, c’est la longueur de la route entre Iguerande et Pierre de Bresse
A quoi correspondent 150 kilomètres de plantations de haies que le conseil départemental veut voir plantées ? C’est la route entre Iguerande aux confins de la Loire, dans le Sud de la Saône-et-Loire et Pierre de Bresse, aux confins du Jura, en passant par Paray le Monial et Chalon-sur-Saône !
A.B.


La déclaration de Violaine Gillet
En 2017 , je ne sais pas si vous vous souvenez du pins des objectifs de développement durable que je vous avais offert ? Mon intervention portait sur la transformation du rapport DD en une simple annexe du rapport d’activité et j’avaiss conclu par : « pour l’année qui vient, je l’espère, vous aurez envie de planter les graines de l’avenir, de semer avec tous les élus ici présents les conditions de la transition , des graines que nous ne verrons pas grandir, en espérant que nos enfants en récoltent les fruits ».
4 ans plus tard, à 9 mois de la fin du mandat vous commencez à penser à acheter les arbres... J’ai bien compris que vous pensiez être encore là pour en récolter les fruits, mais cela va faire court.
Mais après 4 années à prêcher dans le désert, je veux simplement me réjouir de la conversion. Après tout qui suis-je pour juger ? Que ce soit la période du Covid 19 ou l’échéance qui approche ... (du réchauffement climatique j’entends), comme le disait Gide « Ma conversion ne regarde personne, répétait-il. C'est affaire entre Dieu et moi. »
L’essentiel est qu’aujourd’hui ENFIN ce sujet soit abordé dans cet hémicycle.
De l’avis des économistes de l’I4CE (institute for climate economics) introduire une composante climatique dans la gestion de l’après-crise aura nécessairement des co-bénéfices en contribuant à la relance et en augmentant notre adaptation aux dérèglement climatique.
Sur le fonds nous partageons donc l’intérêt d’investissements climatiques mais vous le savez déjà, notre collègue en charge qui vient de nous le présenter l’a lui même souligné en commission que vous aviez tenu compte de nos observations.
Et en effet, dans ce rapport, il y a beaucoup des propositions portées par notre groupe :
•    Sur le plan nature : nous avions proposé la plantation de bordures mélifères ?
•    Pour les eco-collèges : nous avions proposé la réfection et l’isolation en augmentant le budget travaux ?
•    Sur la rénovation énergétique : nous avions proposé à l’AD de décembre 2018 dans notre contre budget une prise en charge du diagnostic énergie et une revalorisation des aides à la rénovation. ?
•    Sur la sécurisation de l’approvisionnement en eau : dans la poursuite de la dynamique engagée précédemment nous avions proposé d’investir davantage, vous avez supprimé 500 000€. ?
•    Pour préserver la santé et le bien être nous vous avions proposé en septembre 2019 un voeu visant à signer la charte des villes et territoires sans perturbateurs endocriniens. ?
Pour accompagner les territoires dans la transition énergétique nous vous avons proposé chaque année, depuis 2016, de permettre aux territoires de déposer un deuxième projet. ?A chaque fois vous avez balayé les propositions d’un revers de main, voire ironisé. ?Et pourtant dans ce plan environnement vous les reprenez toutes. Sans doute nous direz vous que nous devrions en être satisfaits. ?Mais un cumul de propositions ne fait pas un plan environnement. ?Vous affichez 5 axes transversaux, 15 objectifs, 45 actions , 25 engagements ... mais pas une seule fois votre engagement en terme d’indicateurs. ?Quelle est votre ambition en matière de réduction de gaz à effet de serre ? ?Quelle part d’énergie renouvelable pour la Saone-et-Loire en 2030 ? ?Quelle quantité de carbone pensez-vous séquestrer par vos actions ? ?Quelle objectif d’amélioration de l’aire vous fixez-vous, et notamment de baisse de l’ammoniac lié au lisier et aux engrais (comme cité dans les annexes) ? ?Quelle sera l’impact de 1000 vélos à assistance électrique sur les 33% de GES liés au transports, deuxième émetteur après l’agriculture ? ?La stratégie bas carbone vise la neutralité carbone à 2050, en divisant nos émissions de Co2 par 4 d’ici à 2050 et en équilibrant les émissions restantes par des puits de carbone. ?Pour ne pas ressembler à un plan marketing, puisque vous visez l’exemplarité et la pédagogie scientifique, ce plan gagnera à être étayé par une démarche permettant de chiffrer les gains réels pour la planète, avec la mise en place à priori d'une grille d'objectifs et d'évaluations. ?Nous le voterons, car nous sommes d’accord sur l’intérêt de préserver notre environnement, et c’est pour cela que nous serons particulièrement attentifs aux travaux de la commission chargée du suivi de ce plan. C’est à l’épreuve des faits que nous verrons si votre nouvelle foi est durable.


La réponse d’André Accary
«Madame Gillet, je me félicite de votre vote positif. Vous savez que je suis attaché à ce que les annonces soient suivies d’effets. Souvent ce sont des décisions simples. Ne me faites pas peur. J’espère que vous avez constaté que des décisions concernant l’environnement ont été prises depuis longtemps, y compris lors de la précédente gouvernance. Ne nous faites pas croire que vous avez découvert l’eau tiède… Le zéro phyto, on l’a mis en place, avant l’obligation par la loi. Les voies vertes, ça fait 22 ans. Les espaces naturels sensibles, ça fait un bon moment, on les développe. Le 1er c’était sous Christophe Sirugue. Le programme habiter mieux, ça tourne depuis un moment ; L’incitation du tri des déchets dans les collèges, ça fait longtemps que c’est en place. Ne dites pas que l’on découvre que l’environnement est une question importante. On en fait tous. On n’a rien inventé. L’utilisation d’une micro-centrale au barrage du Pont du Roi, nous l’avons ajoutée.
Avant de donner des conseils, il faut regarder ce que l’on a fait. Nous avons aménagé 5 salles de visio, 116 agents sont en télétravail…
 On est à 20% de réduction de la consommation papier. Si des propositions de votre groupe ont été reprises, c’est tant mieux. Nos propositions se basent sur du concret. J’aimerai bien que les vélos électriques soient fabriqués chez nous. J’aimerai bien qu’une grande entreprises s’implante ici. C’est un appel que je lance.
J’ai bondi sur les déclarations de politiques qui essayent de revenir. Ces mêmes gens ont pris des initiatives pour casser ce qui se fabriquait ici, on a vu des productions partir de ce territoire. J’aimerai qu’ils aient la décence de dire on a changé.
On a tous fait des erreurs en matière d’environnement. Certains qui sont sur le tout numérique, sont parfois les plus gros consommateurs d’énergie. Continuons à travailler ensemble».
A.B.