
La santé était le sujet numéro un, lundi, pour les conseillers départementaux avec la venue du Doyen de la Fac de Médecine. On a notamment évoqué le début en 2026, d’une «1ère année de médecine à Chalon-sur-Saône. L’objectif est bien d’encourager à plus d’installations de médecins en Saône-et-Loire. C’est ce qu’explique Dominique Lotte dans une interview vidéo, alors que 50.000 personnes n’ont pas de médecin…

Même si le centre départemental de santé, créé en Saône-et-Loire, en forme de première en France, avec des médecins salariés, n’a pas permis de résoudre tous les problèmes, force est de reconnaitre qu’il a quand même été une bouée de sauvetage pour nombre de patients. Ils sont aujourd’hui 40.000 à avoir retrouvé un médecin généraliste.
C’est plus que la population de Chalon-sur-Saône. Mais ce n’est malheureusement pas suffisant car 50.000 personnes continuent de pâtir de la désertification médicale qui est un véritable fléau à l’échelle nationale.
Alors le conseil départemental veut aller plus loin. C’est le sens de l’ouverture d’une première année de médecine, en septembre 2026. Et c’est bien dans cette perspective heureuse qu’André Accary, président du conseil départemental, a accueilli, lundi matin, le Doyen de la Fac de médecine à Dijon.
«Cette convention que nous mettons en place, permet de faire un tour complet de la question de santé. On a construit une politique globale. Avec un développement du nombre de médecins salariés dont bénéficient 40.000 personnes dont 4000 mineurs», explique André Accary. Et de préciser : «Nous sommes à 6,3 médecins libéraux pour 10.000 habitants. 7,2 avec les médecins salariés, alors que la moyenne est de 7,3».
Le Président du conseil départemental poursuivre sur les enjeux : «Il faut savoir que 20% des étudiants diplômés renoncent à exercer. C’est pour cela que nous avons souhauté la création d’un laboratoire de recherche universitaire On est sur une question essentielle qui tracasse nos concitoyens». L’accueil des étudiants sera effectif à partir de septembre 2026.
Marc Maynadue, Doyen de la Fac de Santé, commence par explique que les «études de médecins sont longues, en trois cycles. Le premier en trois ans ; Le second est de 3 ans et les étudiants valident leur diplôme en apprenant les pathologies. Internat classique de 3 à 6 ans. Ce sont des études complexes engageantes».
Il précise ensuite : «On a déjà exporté dans la Nièvre, puis dans l’Yonne. Dans la Nièvre on est arrivé à un taux de succès important. Dans la Nièvre, 50% de chance d’arriver à la deuxième année.
A Dijon, c’est moins de 45% de chances d’accéder à la deuxième année. Ce qui est important c’est qu’il y a des locaux spécifiques, un environnement particulier. A Dijon, seulement 30 à 40 étudiants viennent en présentiel, les autres sont en visio».
Quels sont les enjeux d’une première année à Chalon comme à Nevers ou Auxerre ? «c’est offrir la possibilité de donner aux étudiants de s’inscrire, alors qu’ils n’y seraient pas forcément allés. En espérant qu’ils reviennent s’installer en Saône-et-Loire».
André Accary ose un défi : «Je fais une proposition : c’est d’accueillir ensuite en Saône-et-Loire la 2ème et la 3ème année . On m’a dit qu’il y aurait un projet similaire à Pau».
Le Doyen n’est pas convaincu : «La seconde et la troisième année, c’est un peu plus compliqué. Un certain nombre oui. Mais un certain nombre de stages se font avec le monde hospitalier, pour les 40 disciplines.
Cela me semble un peu compliqué.
La pire des choses serait que les étudiants restent chez eux. Pour réussir, il faut venir sur place, bénéficier de la stimulation».
Alain BOLLERY
Ce qu’en pense l’opposition ?
Pour Jean-Luc Fonteray, «Nous nous félicitons de la création de cette antenne PASS, à la rentrée 2026-2027. Voici enfin le dernier département de Bourgogne bientôt pourvu d’une antenne à Chalon-sur-Saône. Cela va dans le sens de la décision nationale de généraliser l’implantation de cette 1ère année dans tous les départements.
Nous l’avons évoqué en commission, la convention gagnerait à valoriser la participation du Département à l’implantation de ce dispositif, en indiquant les montants des investissements, de la mise à disposition des locaux et du personnel.
Pour autant, c’est une très bonne nouvelle pour la Saône et Loire qui disposera enfin de cette offre de formation, favorable à la réussite de nos jeunes et à l’égalité des chances pour tous. La mise en place de cette antenne facilitera l’orientation et la poursuite d’études pour nos jeunes en levant les obstacles, notamment financiers, à l’accès aux études supérieures.
Le modèle mis en place par l’Université de Bourgogne repose sur les bonnes pratiques observées dans les 89 campus connectés au niveau national, et notamment celles du campus connecté de Nevers qui rencontre à la fois une demande forte et connait un taux de succès supérieur même à la moyenne de réussite constatée en présentiel. L’accompagnement prévu pour cette antenne est la clé pour permettre à chaque étudiant de disposer de conditions d’apprentissage optimales.
Nous espérons que l’antenne PASS de Chalon-sur-Saône connaitra le même succès que celle de Nevers. Elle permettra ainsi aux jeunes de notre territoire de réussir cette première année si difficile et nous le souhaitons, de pourvoir les besoins médicaux de notre département».
Pour en savoir plus :
Convention avec l’Université Bourgogne Europe
Il s’agit de valider la convention régissant les conditions d’organisation de l’antenne délocalisée du Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS) à Chalon-sur-Saône, qui lie le Département de Saône- et-Loire à l’Université Bourgogne Europe.
Cette convention a pour objectif de formaliser les engagements réciproques entre les deux parties, concernant l’affectation et l’aménagement du site, ainsi que les modalités mises en place pour accueillir les étudiants dans des conditions optimales.
Dans le cadre de son engagement pour la décentralisation de l’accès aux formations en santé, le Département de Saône-et-Loire a présenté sa candidature à l’Université Bourgogne Europe pour la création de cette antenne à Chalon-sur-Saône.
Elle vise à proposer une formation sélective dans des conditions égales à celles proposées à Dijon, tout en répondant à l’enjeu de l’accessibilité à la formation en santé pour les étudiants du territoire. Le projet de création de l’antenne délocalisée du PASS en Saône- et-Loire a été examiné et validé lors de l’Assemblée départementale du 14 février 2025. Et permettra, dès la rentrée 2026, l’accès à la formation menant aux cinq filières en santé : maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie et kinésithérapie.
Les travaux sont entièrement finalisés, et le site est prêt à accueillir les étudiants.
Le projet prévoit, à terme, la création d’un espace complémentaire de type « Maison des Étudiants en Santé », dans les 160 m2 restant disponibles dans le bâtiment. Cet espace viendra compléter l’offre de soutien aux étudiants et contribuera à renforcer le lien entre les différents acteurs du domaine de la santé.
La convention définit les engagements réciproques, et notamment pour une durée de maintien de la formation de cinq ans, entre le Département et l’Université Bourgogne Europe
les conditions de mise à disposition du bâtiment pour garantir le bon fonctionnement du site, et la mise à disposition de personnel dédié à la surveillance des élèves, dans le cadre des missions confiées à un tiers opérateur.
*Les conventions de subventions viendront compléter la première, par la suite, notamment pour assurer le financement de certains équipements et de la gestion du site.
Partenariat avec le Centre hospitalier de Mâcon : accueil de praticiens associés
Dans une logique d’attractivité médicale toujours renforcée, le Centre hospitalier de Mâcon et le Centre départemental de santé ont engagé un nouveau projet de recrutement conjoint de praticiens associés affectés au Centre hospitalier de Mâcon.
Il s’agit d’accueillir conjointement et successivement, du 1er juillet 2025 et jusqu’au 1er juillet 2027, 4 praticiens associés, lauréats des Epreuves de vérification des connaissances dans le cadre du Parcours de consolidation des compétences que ceux-ci doivent suivre.
Le dispositif des praticiens associés créé en 2021 s’adresse aux praticiens diplômés en médecine hors de l’Union Européenne qui, en vue d’exercer
leur profession en France, sont impliqués dans un parcours de consolidation des compétences ou un stage d’adaptation durant deux années, ainsi qu’aux réfugiés et apatrides qui disposent d’une autorisation d’exercice temporaire.
Le CDS a construit avec le CH de Mâcon une offre innovante de parcours (validé par l’Agence régionale de santé) à destination des praticiens associés conjuguant exercice de ville et exercice à l’hôpital. Ces conventions déterminent la durée et la période de mise à disposition, les missions exercées, les obligations et rôles respectifs des parties pour la définition des conditions d’exercice du praticien.
Dans le prolongement de la loi du 27 décembre 2023 visant à améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels, le Département poursuit son implication en assurant désormais le pilotage de la création d’un guichet unique départemental d’accompagnement global et personnalisé des médecins et étudiants en médecine, garantissant un suivi complet de leur parcours professionnel et personnel.
Ce guichet unique a pour ambition :
d’offrir un point d’entrée clair et coordonné pour tous les professionnels de santé médicaux, de l’internat, en passant par l’installation jusqu’à la retraite
- de simplifier les démarches administratives, réglementaires et professionnelles liées à l’installation
- de favoriser l’attractivité du territoire en prenant en compte les aspects personnels et familiaux des professionnels
- de valoriser et améliorer l’accessibilité des dispositifs existants (Hippocrate71 par exemple) W de proposer un accompagnement personnalisé des professionnels de santé médicaux dans la construction de leur projet professionnel et personnel.
À l’issue de la réunion partenariale du 2 juin 2025, plusieurs orientations opérationnelles majeures ont été intégrées dans le projet :
la confirmation de la gouvernance partenariale du dispositif avec proposition de l’élargir à l’Université Bourgogne Europe (UBE)
l’importance de mieux accompagner les parcours personnels des professionnels, avec une attention accrue portée à des aspects tels que le logement, la garde d’enfants, la scolarisation, le transport ou encore l’emploi du conjoint
la décision d’intégrer de façon explicite les étudiants, internes en médecine et médecins dans les bénéficiaires du service, avec un accompagnement différencié selon les cycles
la proposition de constituer un réseau
des bénéficiaires des aides, en animant une communauté professionnelle durable
W le besoin exprimé par plusieurs partenaires d’assurer un suivi humain et individualisé des étudiants en médecine dès les premiers contacts.
Un axe fort du dispositif portera sur la création d’un portail numérique départemental afin d’assurer un point d’entrée unique dématérialisé avec des redirections vers des interlocuteurs identifiés compétents dans chaque institution, selon les profils (étudiants, internes, médecins).
Ce projet s’appuie sur une démarche partenariale associant les acteurs clés de la santé au niveau départemental (l’Agence Régionale de Santé ; le Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins ; l’Union Régionale des Professionnels de Santé – Médecins Libéraux Bourgogne-Franche-Comté ; la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) ; l’Association des Jeunes Médecins Généralistes de Bourgogne ; l’Association des Internes des Hôpitaux de Dijon ; l’Université Bourgogne Europe. Les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale, les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé, les Groupements Hospitaliers de Territoire, l’Etablissement Public de Santé Mentale 71, et les associations de soins primaires comme la Fédération des Maisons de Santé et de l’Exercice Coordonné (FEMASCO) seront associés comme partenaires ou relais d’information, notamment pour la diffusion locale des dispositifs.
CÉATION DU SERVICE DÉPARTEMENTAL D’ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISÉ
POUR LES MÉDECINS ET ÉTUDIANTS EN MÉDECINE
Maintien et installation des professionnels de santé en Saône-et-Loire
Le règlement Hippocrate71 permet de compenser les frais engagés par les étudiants de 1er et 2e cycles d’études de médecine qui effectuent leur stage en Saône-et-Loire dans le cadre de l’externat. L’aide est calculée sur la base d’un montant mensuel forfaitaire de 200 €.
328 € d’aide pour les frais de déplacement d’un étudiant en 2e cycle d’études de médecine pour son stage en Saône-et-Loire.
Le règlement Hippocrate71 permet de favoriser l’installation des professionnels de santé en Saône-et-Loire en leur accordant une subvention d’investissement. Les dépenses éligibles concernent l’achat de mobilier, matériel professionnel et d’outils informatiques, et sont prises en charge à hauteur de 50 % des dépenses d’installation avec un montant plafonné à 5 000 € ou 75 % des dépenses d’installation avec un montant plafonné à 10 000 € (si installation en maison de santé pluriprofessionnelle), avec un engagement à exercer pendant au moins 3 ans en Saône-et-Loire. Deux demandes ont été présentées pour une aide à l’investissement à destination de deux médecins généralistes qui s’installent pour la première fois en Saône-et-Loire en activité libérale.
W 1342 € pour un médecin généraliste qui s’installe au cabinet médical de Saint- Romain-sous-Gourdon
W 6237,82 € pour un médecin généraliste qui s’installe dans la maison de santé pluriprofessionnelle de Montret
Le règlement Hippocrate71 permet de venir en aide aux structures porteuses d’un contrat local de santé mettant en place un projet d’hébergement pour les étudiants stagiaires en médecine. Il s’agit d’un versement forfaitaire annuel de 5 000 € pour les frais de fonctionnement afin de faciliter l’accueil des étudiants en médecine dans des conditions optimales pendant leur stage en Saône-et-Loire.
5 000 € d’aide départementale au
Mâconnais Sud Bourgogne pour le projet d’hébergement pour l’accueil de plusieurs stagiaires en médecine. 10 places d’hébergements sont proposées : 3 à Mâcon, 4 à Tournus et 3 à Cluny.
Le règlement Hippocrate71 permet de venir en aide auprès des collectivités finançant un projet d’investissement pour du logement à destination des étudiants en médecine et en études paramédicales. Ce dispositif vise à accroître l’offre d’hébergement des étudiants en santé, en articulation avec l’appel à projet départemental destiné aux investissements pour les maisons de santé portées par les communes et intercommunalités.
34 960 € à la commune d’Ouroux-sur- Saône pour la réhabilitation de l’ancienne maison Pillot afin de répondre au besoin de logements locatifs pour les stagiaires en santé accueillis par les médecins généralistes libéraux et kinésithérapeutes de la commune.