
Alors que les risques augmentent avec le réchauffement climatique, les pompiers de Saône-et-Loire sont sur le pied de guerre pour combattre les feux de forêt, de culture et d’espaces naturels. Ils ont fait une démonstration, lundi, près de Mâcon.

C’est Dominique Dufour, le Préfet de Saône-et-Loire qui le souligne : En ce mois de juin 2026, la sécheresse a un mois d’avance par rapport à l’année 2025.
C’est vrai qu’en début d’année les précipitations ont été importantes. «Oui mais le vent sèche tout», relève André Accary, président du conseil départemental.
Et puis les chiffres avancés par le Contrôleur général Frédéric Pignaud, directeur du SDIS 71, sont implacables : En 10 ans, le nombre de départs de feux dans des espaces naturels a été multiplié par huit.
Dans un département de Saône-et-Loire, dont un quart de la surface est boisée, les pompiers sont déjà sur le pied de guerre.
Objectif 1000 pompiers formés
Lundi sur le plateau de Sennecé-lès-Mâcon le service départemental d’incendie et de secours de Saône-et-Loire avait mobilisé ses moyens. Pour lancer la «saison feux de forêt», mais aussi pour une présentation des moyens au Préfet de Saône-et-Loire Dominique Dufour et à André Accary, président du conseil départemental de Saône-et-Loire.
Dans ce qui peut ressembler à une course contre la montre, la Saône-et-Loire a pris de l’avance. Avec la formation, puisque aujourd’hui près de 800 pompiers sont formés. «L’objectif est de monter à 1000», souligne le directeur du SDIS (voir l’interview vidéo). Des hommes formés, mais aussi des investissements en matériels. La Saône-et-Loire est au top, avec déjà quatre CCF Super, d’une capacité de 12.500 litres. Deux autres vont arriver dans les prochains mois et un septième est commandé.
L'ONF en 1ère ligne
De sorte, que le département le plus au Sud de la Bourgogne est parmi les mieux dotés de France. C’est la condition pour attaquer et combattre le plus rapidement possible les sinistres, les feux naissants.
En ce sens l’ONF, pour ce qui concerne les surfaces boisées, s’inscrit dans une mission à la fois de vigilance, d’alerte et d’intervention, avec des moyens en eau, certes de faible capacité, mais il suffit parfois de pas grand chose.
La doctrine en France est d’attaquer au plus vite les sinistres. «95% ne ravagent pas plus de 5 hectares», souligne le Directeur du SDIS.
Si les pompiers ont démontré, encore en 205 dans le département, que des attaques rapides des feux étaient très efficaces, il confient aussi et surtout de prévenir, informer et sensibiliser. Frédéric Pignaud ne manque pas de préciser que nombre de départs de feux au bord de l’A6 ou de la RCEA sont provoqués par des mégots.
Et puis, il y a le débroussaillement, que le Préfet de Saône-et-Loire ne s’interdit pas de rendre obligatoire, si les conditions viennent à se dégrader.
En attendant, le SDIS 71 est de toute évidence paré pour s’attaquer à des feux de forêt qui menancent de plus en plus, à cause du changement climatique qui n’épargne pas la Saône-et-Loire qui, malgré ses fleuves et ses lacs et étangs, n’a rien d’une oasis.
«La forêt sèche. Il faut être prêt à la protéger»
Pour faire face au pire, les pompiers de Saône-et-Loire ont sept groupes d’intervention. Ce qui fait fait du SDIS 71 celui qui a le plus de moyens en Bourgogne. Le SDIS a aussi identifié une vingtaine de points d’eau qui peuvent, par exemple, servir à des hélicoptères, comme cela avaitr été le cas pour le feu de forêt à Saint-Prix dans le Morvan.
«La forêt sèche. Il faut être prêt à la protéger», martèle André Accary.
Une protection qui passe par l’information et la sensibilisation. «N’oublions pas 9 feux d’espaces naturels sur 10 ont une origine humaine», rappelle le Préfet Dominique Dufour. «Alors oui, il faut sensibiliser tout le monde, pour limiter les risques».
Alain BOLLERY
(Photoss Alain BOLLERY)















































