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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
01/10/2021 03:16
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Saône-et-Loire : L'opposition dit oui à une «grande concertation», sur le maintien à domicile des personnes âgées

Le sujet du maintien à domicile des personnes âgées fait consensus, mais l’opposition, par la voix de Jean-Luc Fonteray, a quand même formulé quelques remarques au Président André Accary. Celui-ci a annoncé une grande concertation pour laquelle l'opposition a dit oui.
«C’est un sujet de préoccupation majeur et qui constituera un enjeu majeur dans ce mandat. Le conseil départemental a beaucoup fait, avec la mise à disposition de 50 véhicules, mais aussi en engageant 15 millions d’euros. Cette action volontariste a été reconnue par les associations, et reconnue aussi par le Premier Ministre qui a rappelé l’action exemplaire du Département.
Pour autant au regard du souhait du maintien à domicile, et de la nécessité de revaloriser, il faut aller plus loin. C’est dans notre programme et nous tiendrons cet engagement» a déclaré André Accary, jeudi matin, à Mâcon, où les conseillers départementaux étaient réunis.

«Dès le 1er octobre, on va lancer une grande concertation, pour définir ensemble les attentes, les besoins et les perspectives d’action. La concertation durera plusieurs semaines. Un point sera fait régulièrement. Je rappelle qu’un habitant sur dix est âgé de plus de 75 ans et dans 20 ans, ce sera six sur dix. Je souhaite que le département soit imaginatif, audacieux, concret.
Le département, dans le cadre de ses compétences sera au rendez-vous. On le doit aux personnes âgées, mais aussi aux salariés qui sont formidables», a-t-il poursuivi.
Jean-Luc Fonteray, le président du groupe de l'opposition a ensuite délivré un certain nombre de remarques et de commentaires (lire ci-dessous), cela avant de répondre favorablement à la consultation annoncée et proposée par André Accary.
Ce dernier, pour répondre aux propos du président du groupe d'opposition, a remarqué : «Sur la loi autonomie, vous avez oublié de dire que la promesse n’a pas été tenue sous Emmanuel Macron, certes, mais ni sous François Hollande et ni sous Nicolas Sarkozy.
J’ai suggéré il y a de nombreux mois que les départements pilotent et qu’on n’ait pas deux pilotes avec l’ARS et le département. On a la moyenne d’âge la plus élevée de Bourgogne – Franche-Comté. Oui je renouvelle ma demande d’une gestion unique. Pour qu’il n’y ait qu’un chauffeur.
Concernant les centres de santé, Madame Gourault m’a affirmé qu’ils vont rentrer dans le cadre de la loi. La Saône et Loire est donc toujours hors la loi. Il ne faut donc pas désespérer pour la gouvernance unique des départements. Pour rassurer l’Etat j’ai demandé qu’on expérimente et qu’on le fasse dans un autre département, pendant cinq ans. Je ne désespère pas».
Alain BOLLERY

L'intervention de Jean-Luc Fonteray :
«Monsieur le Président,
Notre département a reçu une nouvelle fois un cortège de ministres avec cette fois le 1er d’entre eux. Notre département a été choisi comme vitrine à l’annonce d’une prochaine réforme qui tente de faire oublier l’abandon de la loi autonomie qui était une promesse du quinquennat, promesse qui ne sera donc pas tenue.
Parmi les mesures annoncées, qui se traduiraient dans le prochain PLFSS , on retiendra l’annonce d’un tarif minimum de 22 € par heure de prise en charge APA sur tout le territoire national, la création d’une « dotation qualité » d’environ 3 € par heure d’intervention à domicile pour les interventions la nuit, le week-end ou dans des zones rurales ou difficiles d’accès, et une série de mesures pour les maisons de retraite. Pour ces établissements, il prévoit un plan de recrutement de 10 000 personnels soignants d’ici 5 ans, soit 2 000 environ en 2022 pour quelques 7000 EHPAD ; C’est donc très limité, surtout lorsqu’on y ajoute le constat actuel de postes vacants faute de candidats.
Comme toute annonce en cette fin de mandat gouvernemental, il faudra bien sûr vérifier son application, mais aussi les moyens qui seront au final consacrés à leur financement. Les Fédérations professionnelles, que ce soit du secteur des EHPAD ou de celui de l’aide à domicile ont d’ores et déjà émis certaines réserves sur les chiffres annoncés, et relativisé la hauteur des engagements pris par rapport aux besoins qui s’expriment.
Oui la situation est inquiétante dans le secteur de la dépendance, compétence des Départements, que ce soit pour l’aide à domicile comme dans nos EHPAD. De plus, la difficulté n’est plus seulement financière mais liée à l’absence de professionnels qualifiés qui ont renoncé à ces filières au vu du contexte. Il conviendrait que, par le biais de l’ADF, vous puissiez peser sur la nécessité d’améliorations dans le cadre de la convention collective et sur de réelles avancées contribuant à l’attractivité de ces métiers.
Notons qu’étant en Saône-et-Loire, le 1er ministre n’a pourtant pas profité de l’occasion pour répondre positivement à votre candidature d’il y a un an à l’expérimentation d’un pilotage unique des EHPAD par le Département.
S’agissant du tarif de prise en charge APA,  qui serait donc relevé à 22 €, nous sommes très attentifs à cette question. Pour rappel, en 2018, vous avez refusé, comme nous le proposions, d’augmenter d’emblée au tarif cible de 20,50 €, et vous avez donc échelonné en 3 augmentations successives pour ne parvenir à ce seuil qu’en 2020.
Nul doute que de telles réticences ont, au fil des ans, contribué à anémier la profession alors que le besoin lié au vieillissement réclame depuis des années un accompagnement amplifié de la perte d’autonomie.
Lors de la visite ministérielle, vous êtes apparu plus généreux, en déclarant à la presse « les départements seront certainement mis d’une manière ou d’une autre à contribution mais tout cela, je l’ai prévu dans le budget ». En tant que conseillers départementaux, nous sommes soucieux de connaitre comment cette fois le Département va aborder concrètement l’effort qu’il faudra faire pour passer ce tarif de 20,50 € à 22 €, une fois les conditions de cet effort précisées.   
Et puis, au-delà des aspects financiers, nous vous sollicitons sur l’importance d’ouvrir de façon urgente le chantier de l’autonomie dans notre département.
Même si les mesures révélées par le 1er Ministre souffrent d’un manque de précisions et d’ambition qu’aurait dû proposer la loi promise, cette annonce est une occasion pour cette assemblée de se saisir d’une question majeure pour tant de personnes de notre Département en perte d’autonomie et ceux qui les entourent.
Il nous semble qu’une réflexion sur un véritable service départemental de la prévention de la perte d’autonomie serait à conduire.
Par une démarche constructive dans laquelle nous vous remercions de nous associer, il conviendrait d’être plus offensif pour mieux accompagner les familles, les aidants, les salariés et futurs salariés, tout comme les employeurs de ce secteur.»