Communiqué :Plus de 10 000 renards seront encore détruits chaque année dans le seul département de Saône-et-Loire si l’inscription de l’espèce sur la liste des ESOD (« espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ») est reconduite pour les 3 prochaines années.
Aussi incroyable soit-il, ce chiffre est bien la réalité : au cours de la période 2022-2025, la moyenne annuelle des renards détruits dans le département s’élève à 10 200, selon les données collectées par l’administration. Cette quantité astronomique résulte du double classement du Renard : à la fois gibier chassable et à ce titre détruit à tir et par déterrage du 1er juin au 31 mars, et ESOD, ce qui permet de le détruire non seulement à tir et par déterrage mais encore par piégeage, et ceci toute l’année.
L’administration qui autorise et organise ces destructions invoque, pour se justifier, la nécessité d’une régulation de l’espèce, en mettant en avant les dommages notamment aux activités agricoles, qu’elle impute au Renard. Cet argument est un artifice.
Autoriser un tel niveau de destruction est déraisonnable et injustifiable. C’est ignorer :
- que l’espèce se régule elle-même sans intervention de l’homme, le nombre de jeunes par portée s’adaptant à la quantité de proies disponibles ;
- que les renardes ne sont fertiles que quelques jours dans l’année, en janvier-février ;
- que le Renard est un animal territorial ne laissant pas des concurrents s’installer sur son territoire.
C’est ignorer également que le Renard est un précieux auxiliaire des agriculteurs par la quantité de petits rongeurs dont il se nourrit.
A supposer qu’une régulation ait un sens, pour être sérieuse dans sa conception comme dans sa mise en œuvre, elle supposerait un ensemble de données dont l’administration ne dispose pas. L’administration ne connait en effet ni l’état de la population vulpine du département, ni sa dynamique (effectifs, taux de reproduction, mortalité, taux des prélèvements, etc.), alors qu’elle devrait prendre en compte ces données biologiques. Et s’il arrive qu’un renard chaparde quelques volailles, c’est que le poulailler était insuffisamment protégé.
La gestion des populations animales est un objet de recherche scientifique ; elle ne peut être traitée sans connaissances précises, ni protocole éprouvé.
Plutôt que de perpétuer un état d’esprit et des pratiques du XIXème siècle dont une étude récente du Muséum national d’Histoire naturelle vient de montrer l’inefficacité, l’administration devrait mener une active politique publique en faveur de la conservation de la biodiversité, dont le Renard fait partie. Son classement sur la liste des « ESOD » et les conséquences qui s’ensuivent – des destructions sans limitation, par piégeage, tir et déterrage toute l’année – n’est rien d’autre qu’un saccage éhonté de la faune sauvage.
Nous refusons le déterrage du Renard, praticable toute l’année y compris pendant la période de reproduction et qui détruit les renardeaux au terrier.
Les associations signataires dénoncent et s’opposent à ces destructions aussi massives qu’injustifiées, qui ne répondent à aucun motif scientifique ou sanitaire et constituent un préjudice écologique en portant atteinte à notre patrimoine naturel, patrimoine collectif.
Et parce que la campagne est plus belle avec des renards ! C’est l’un des visages de la ruralité !
Chasseurs, ne tirez plus le Renard !
Les associations signataires appellent à signer la pétition en ligne sur le site de l’Assemblée nationale « Déclassons la cruauté - Stoppons le massacre injustifié des renards », soutenue par 9 associations nationales et qui demande que le Renard ne soit plus inscrit sur la liste des ESOD.
Lien pour signer :
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiati...