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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
28/08/2021 03:18
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SAÔNE-ET-LOIRE : Éric Dupond-Moretti annonce la création d'un centre éducatif fermé à Varennes-le-Grand

Point d'orgue du déplacement du ministre de la Justice en Saône-et-Loire ce vendredi 27 août, l'officialisation de la création d'un centre pour mineurs délinquants multirécidivistes au voisinage direct du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand.
«La Chancellerie vient d'arbitrer la construction d'un CEF sur ce terrain», a déclaré le garde des Sceaux se tenant en surplomb d'un champ de maïs qui jouxte le centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand.

Le site est également situé en bordure de l'autoroute A6, à proximité de l'aire de La Ferté. Les travaux du CEF débuteront en 2022 sur la parcelle de dix hectares.

«Ça marche bien le centre éducatif fermé»


«Un centre éducatif fermé permet de prendre en charge les mineurs avec une équipe pédagogique extrêmement structurée», explique Éric Dupond-Moretti ce vendredi 27 août 2021.


«Les jeunes qui passent par ces centres éducatifs fermés ont, en termes de récidive, d'excellents résultats. Ça marche bien le centre éducatif fermé. Ce n'est pas la prison mais c'est un enfermement d'une certain façon», ajoute le ministre.

«Une structure pour accueillir des mineurs et pour les sortir de la délinquance»


En revanche, Éric Dupond-Moretti réfute l'éventuel poids symbolique lié au voisinage du centre pénitentiaire : «il ne faut pas mettre de l'idéologie et du dogme partout». Et de développer : «il y en a qui ont dit : 'ce n'est quand même pas bien que les gamins puissent avoir vue sur la prison'. D'autres m'ont dit : 'mais, c'est au contraire pas mal car ça permet de réfléchir et de se dire 'on est mieux dans un CEF que dans une prison''. Je ne tranche pas ces questions. Je voulais construire ce CEF. J'ai entendu ce que me disait les élus, j'ai entendu ce que me disait mes services, en termes de faisabilité du projet. Le projet est là. Je ne veux pas de polémique de cette nature, elles ne sont pas à mes yeux de mise. Ce qui est important, c'est que l'on ait une structure pour accueillir des mineurs et pour qu'on fasse tout – tout ! – pour les sortir de la délinquance».

Un projet soutenu par des parlementaires


Ce CEF répond à un appel à projets du ministère de la Justice. Il est porté par les parlementaires de Saône-et-Loire : Jérôme Durain (PS), Raphaël Gauvain (LREM), Fabien Genet (LR), Rémy Rebeyrotte (LREM) et Cécile Untermaier (PS).

Le garde des Sceaux leur a précisé les contours du projet lors d'une réunion ce même jour au Foyer rural de Varennes-le-Grand où il a été accueilli par le maire Éric Valentim.

Une structure créée par la loi Perben


Activités physiques, suivi sanitaire et formation font partie du programme de ces structures alternatives à l'incarcération créées par la loi Perben de 2002. Les CEF font partie des solutions de placement de la protection judiciaire de la jeunesse. Les  jeunes de moins de dix-huit ans peuvent être placés là par un magistrat pour une durée de six mois (renouvelable une fois).

En cas de non-respect du règlement ou de nouvel acte délictueux, le jeune peut se retrouver incarcéré. Selon un rapport du Sénat de novembre 2020, «seuls 10 % des mineurs placés en CEF voient leur placement en CEF interrompu pour une incarcération». L'objectif est de construire un projet d'insertion tout en évoluant dans un cadre strict et tourné vers l'extérieur.

Comme l'explique le ministère de la Justice, «au sein des CEF, 12 mineurs maximum, âgés de 13 à 18 ans et impliqués dans un parcours de délinquance, sont accueillis. L’encadrement en CEF est renforcé, les mineurs y pratiquent des activités éducatives et bénéficient d’un accompagnement scolaire adapté à leur niveau, en vue de leur réinsertion scolaire et professionnelle».

De plus, «le CEF se distingue du foyer classique dans la mesure où le placement est imposé dans le cadre d'un contrôle judiciaire, d'un sursis avec mise à l’épreuve ou d'une libération conditionnelle. Le CEF n'est pas un lieu de détention, mais un lieu de résidence. Il est dit « fermé » car le jeune est obligé d’y résider sous la surveillance permanente des adultes et de respecter les conditions du placement».

En 2018, le ministère de la Justice a lancé un programme de construction de 20 CEF devant compléter les 51 mis en activité depuis 2002. Le ministère indiquait alors que «les 20 nouveaux CEF seront situés, autant que possible, à proximité des centres urbains et économiques. Privilégiant ainsi le maintien de liens familiaux et l'insertion des mineurs, garants de l’efficacité sur le long terme de ce mode de prise en charge des mineurs en conflit avec la loi».

Jean-Christophe Tardivon

Selon Éric Dupond-Moretti, «les personnels pénitentiaires sont au coeur des enjeux les plus sensibles de notre société»