
Le débat d’orientation budgétaire n’a pas généré de l’apaisement entre la majorité et l’opposition, malgré la crise.
C’est un exercice obligatoire et il a eu lieu vendredi, en fin d’après-midi, au conseil départemental à Mâcon. Le débat d’orientation budgétaire (DOB), préfiguration aléatoire de ce que ses le budget du département pour l’année 2026, s’est effectué dans un contexte de fortes incertitudes. C’est que le vice-président aux finances Anthony Vadot a expliqué (voir les informations graphiques), avant que le débat ne s’ouvre.
C’est Jean-Luc Fonteray qui a porté la parole du groupe gauche 71 sur le fond : «Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous ne favorisez pas un climat serein pour l’examen des orientations de ce budget 2026.
Nos questions restent sans réponses, vous cultivez le flou, alors que notre département, à l’instar d’autres, traverse une crise financière et qu’il est essentiel que chaque conseiller départemental dispose d’une information complète sur la situation. Ce n’est pas le cas, ce ROB n’est qu’un catalogue des actions du Département sans aucune mise en perspective.
A vouloir tout faire partout, vous oubliez l’essentiel : nos missions de solidarité sont la moelle épinière de notre collectivité. A ce titre, elles doivent être notre Priorité, même et surtout quand l’Etat ne tient pas ses promesses. Votre devoir de majorité départementale, c’est avant tout de conforter ces missions en garantissant les recettes, en utilisant le seul levier fiscal qui nous reste. C’est aussi se battre pour obtenir les compensations cohérentes et pérennes qui nous reviennent auprès des gouvernements.
Votre famille politique appartient aux majorités gouvernementales successives qui ont conduit la France dans ce gouffre, qui ont réduit l’autonomie fiscale et les compensations des Départements. Sous d’autres majorités, vous auriez été beaucoup plus offensifs pour bien moins. Vous êtes quelque part complices de ce désastre.
On ne retrouve donc pas un esprit résistant dans ce ROB : un seul crédo, baisser les dépenses, un seul coupable la CNSA. L’analyse est malhonnête et je vais me lancer dans la fiction, comme vous le faites sans vergogne dans ce rapport pour parler des baisses de dotations CNSA :
si vous décidiez de la hausse du taux de DMTO, 5M€ de recettes supplémentaires pourraient venir abonder le budget. Si les dépenses APA et PCH par habitant avaient été à la hauteur de celles des autres départements, nous aurions pu préserver le montant des fonds de concours CNSA. Si les investissements d’avenir pour nos collèges et bâtiments avaient été faits depuis 10 ans, nous ne serions pas avec un tel retard à rattraper et obligés de décaler les travaux sans cesse dans le temps. Vous voyez, je maîtrise comme vous très bien le conditionnel.
Soyons sérieux : ce ROB en dit peu mais on voit assez bien que les coupes pratiquées cette année notamment sur la jeunesse, sur l’ingénierie territoriale, sur le fonds de solidarité logement, vont se poursuivre et s’étendre. Ce sont les autres rapports et débats vus dans cette assemblée qui nous le confirment.
Ainsi, vous torpillez nos EHPAD en ne tenant pas compte de la situation catastrophique des établissements, vous refusez d’introduire un tarif solidaire pour nos collégiens dans les cantines, vous laissez tomber insidieusement nos agriculteurs avec la diminution des subventions aux collèges, fléchées Agrilocal.
Voilà la vérité.
Nous sommes très inquiets du budget que vous proposerez le mois prochain et vous savez déjà que nous défendrons avec conviction nos priorités : solidarités humaines, territoriales et transition énergétique. Ce sont là des actions concrètes pour améliorer les conditions de vie de nos habitants et les protéger tout au long de leur vie », a-t-lancé.
Le Président André Accary lui a répondu : «Je suis un peu surpris. Ce matin, après l’intervention de François Sauvadet j’avais imaginé que vous aviez pris conscience de la situation. Je m’adresse à l’opposition. On avait posé les fondations du DOB. Nous avons défini les axes, avec beaucoup d’incertitudes. Le budget national n’a pas été voté, on ne sait pas.
Mais nous avons posé des jalons sur l’avenir. Avec des choses fortes, comme les constructions des gendarmeries.
Des départements sont obligés de fermer des places pour l’enfance. Nous avons fait le choix sur les remplacements des départs. Nous sommes attentifs de prendre les meilleurs décisions
Nous sommes tous unis, pour assumer pleinement les missions qui nous ont été confiées.
Avec pour objectifs : l'accompagner nos concitoyens, nos collèges, s’occuper de la santé, ne pas être dans la situation d’autres départements».
Prochain épisode à la mi-décembre avec le vote du budget.
Alain BOLLERY