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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
18/06/2020 15:25
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SAONE ET LOIRE : Déjà près de 3 millions d’euros engagés pour les masques et autres protections

André Accary a confirmé que la Saône-et-Loire va constituer un stock, si possible sans commander à l’étranger. A 9 mois des élections, majorité et opposition sont main dans la main. Qui l’aurait parié il y a un an ? Personne. Sauf que la pandémie est passée par là. Le Président de la collectivité a salué le sens des responsabilités d’Evelyne Couillerot.
En premier lieu, le Président ce jeudi 18 juin, au Sport à Mâcon, a fait le point sur ce qui a été engagé depuis le début de la crise et les chiffres sont éloquents : 355.000 masques en tissu ont été commandés, 670.000 marques chirurgicaux et 208.000 maques FFP2. Pour un coût total de 1,4 millions d’euros.
«On a attribué des masques aux communes de moins de 2000 habitants. 44 communes en ont fait la demande pour un total de 116.000 masques»
Et d’ajouter : «L’Etat avait annoncé fournir des masques pour les collégiens. Mais on a quand même fourni 10.200 masques». Pour le gel, mes blouses, charlottes, 172 commandes ont été passées auprès de 44 fournisseurs pour 1,5 million d’euros.
André Accary a également confirmé ce qu’il avait annoncé en primeur (lire notre interview du 30 mars) dans une interview à creusot-infos : La Saône-et-Loire va constituer un stock de masques. «J’aimerai bien commander ailleurs qu’à l’étranger», a dit le Président qui souhaite donc privilégier des entreprises françaises.
«Concernant le laboratoire départemental, on a été le 1er de Bourgogne – Franche-Comté et plus de 10.000 tests ont été assurés. Je remercie Frédéric Brochot». Ce dernier a précisé que le laboratoire a travaillé 7 jours sur 7.
André Accary enchaîna ensuite sur le plan de soutien à l’économie et notamment au tourisme et à ses acteurs (lire notre article).


Evelyne Couillerot

 «Suite à votre intervention et à votre point d’étape sur le déploiement du plan départemental COVID 19 ; je tiens à redire au nom de notre groupe l’attention toute particulière que nous portons à sa mise en œuvre et à son efficience.  Lors de notre dernière assemblée, ma collègue Violaine Gillet était intervenue pour vous confirmer le soutien de notre groupe.
1.    Elle l’avait dit alors, et nous avons eu l’occasion de nous en entretenir à plusieurs reprises : cette crise sanitaire a eu et aura des répercussions fortes  sur des pans entiers de notre économie départementale. La simplicité et la rapidité des mesures prises pour un montant global de 25M€, sont une des conditions de la réussite. Cela n’a pas été sans difficulté au regard de la rigidité des compétences départementales. C’est dommage car à situation exceptionnelle, réponses exceptionnelles. Et si l’Etat n’a pas toujours été au rendez-vous durant cette crise, les collectivités ont travaillé à l’être.
Le plan départemental est aujourd’hui sur les rails et vous venez de nous en faire un premier retour. Nous comptons sur vous pour poursuivre dans cette voie de la transparence en nous fournissant un suivi précis avec des indicateurs.
Une autre condition de la réussite est la souplesse et l’adaptation aux besoins qui peuvent émerger. Comme vous le savez M. le Président, la reprise pour tous les collégiens est imminente. Des CA se tiennent dans les établissements et parfois des difficultés apparaissent. Je ne prendrai qu’un exemple avec le collège de Verdun : comment respecter les normes sanitaires et l’accès aux points d’eau avec 8 robinets pour 400 élèves ? Quel accompagnement allez-vous mettre en place lorsque cela sera nécessaire ? Les établissements ne pourront pas tout assumer sur leur propre budget de fonctionnement.
2.    Sur le volet des solidarités humaines (25M€), nous sommes également très attentifs au déploiement du plan départemental. Le désarroi et l’urgence sociale sont encore bien présents au sein de la population de nos cantons.
La commission attribuant les aides individuelles d’urgence a tenu sa 1ère réunion et va poursuivre son travail.
En ce qui concerne le soutien aux établissements médico sociaux et aux services d’aides à domicile, je voudrai les aides déclenchées à partir des demandes des structures, où en est le travail d’évaluation avec celles-ci ? Commencez-vous à appréhender plus finement l’étendue des besoins ? Nous souhaiterions un point de situation qualitatif et quantitatif sur les sommes engagées et à engager.
De la même façon, pour les aides qui doivent se déclencher automatiquement, (je pense plus particulièrement au SAAD) où en est le versement effectif de celles-ci aux associations ? Pouvez-vous nous donner les montants attribués par secteur ? Là aussi, la célérité est un gage de réussite car nous savons tous que les trésoreries des associations sont parfois très tendues.
3.    Enfin dernier point, M. le Président : le 14 mai dernier nous avions voté à l’unanimité un vœu proposé par notre groupe : vœu « Pour une extension de la prime COVID-19 à tous les professionnels de l’accompagnement et du soin engagés dans la crise sanitaire ».
Tout d’abord nous avions raison de pointer ensemble la nécessité d’un versement rapide de cette prime ; car elle n’est toujours pas versée, et force est de constater que depuis deux mois les décrets se sont multipliés, certains annulant les précédents, sans pour autant véritablement répondre totalement aux aspirations des professionnels.
Dernièrement, c’est-à-dire le 12 juin, le décret autorisant le versement de cette prime exceptionnelle aux agents des trois fonctions publiques, et aux établissements sociaux rattachés, a été publié, pour les personnels ayant contribué à la continuité du service pendant la crise sanitaire.
Pour les personnels des établissements sociaux, le Ministre a indiqué dans un courrier du 28 mai dernier que des crédits allaient être alloués aux ARS pour ensuite permettre aux établissements de supporter cette prime. Ce qui répond à notre vœu pour les personnels et ne sollicite pas les finances départementales.
Mais qu’en est-il pour les personnels des établissements privés et/ ou associatifs qui ne seraient toujours pas inclus dans le périmètre de cette prime ? La COVID n’a pas sévi en fonction de la nature juridique des établissements et les personnels de ces structures ont tout autant été en première ligne face à la pandémie.
Je souhaite enfin évoquer les personnels de l’aide à domicile. Ils sont encore exclus de cette prime et ils viennent d’ailleurs de formuler à nouveau leurs revendications, via la fédération des employeurs de cette filière. Nous sommes bien placés au conseil départemental pour savoir combien ces personnels, par leur engagement quotidien pour l’autonomie des personnes dépendantes, ont tenu un rôle précieux pendant la crise sanitaire, notamment pour lutter contre l’isolement des personnes âgées.
Nous savons que ces personnels ont agi, dans les premières semaines de l’épidémie, dans des conditions de travail rendues encore plus difficiles par le manque de matériels de protections,
Nous savons que le virus ne s’est pas arrêté à la porte des logements et qu’il a frappé indistinctement à domicile et en établissement,
Nous savons que ces personnels ont des niveaux de salaire le plus souvent inférieurs au SMIC, et qu’ils travaillent avec des cycles horaires à fortes contraintes.
C’est pourquoi nous sommes persuadés qu’il est indispensable que ces salariés de l’aide à domicile qui ont également été confrontés à l’épidémie obtiennent une juste reconnaissance de leur action en étant aussi classés parmi les professions bénéficiaires de cette prime.
Comme nous l’avons souligné dans notre vœu, il serait à la fois illogique et inéquitable, que la décision et le financement en reviennent aux conseils départementaux. Une décision d’attribution de cette ampleur relève de l’Etat, et son financement également. Elle ne peut dépendre de la volonté de chaque département et être de ce fait à géométrie variable.
J’aurais ainsi trois questions pour conclure, Monsieur le Président :
-    Concernant les dotations supplémentaires visant à couvrir les dépenses liées au versement de la prime COVID aux personnels des ESMS par les ARS, savez-vous si cela est désormais mis en place dans notre département ?   
-    Pouvez-vous nous préciser si cela va également concerner les ESMS privés ou associatifs ?
-    Concernant l’obtention de cette prime par les salariés du secteur de l’aide à domicile, savez-vous si les négociations engagées par l’ADF ont quelque chance d’aboutir ?  Et sinon et malgré ce que j’ai dit précédemment : au final envisageriez-vous comme par exemple vos collègues, présidents des départements de la Mayenne ou de la Meurthe et Moselle d’intervenir si le gouvernement ne fait pas le job, considérant qu’il s’agit d’une compétence départementale ? Il ne serait au final pas acceptable que ces personnels soient les oubliés de la crise».


André Accary
«Je tiens vraiment à vous remercier pour votre soutien total au plan, car sur ce sujet du soutien à notre territoire. C’était responsable. J’ai aussi besoin de votre regard pour avancer. On continuera dans ce sens et comme vous l’avez souligné, il faut que l’on soit très souple. On a pu changer de fusil d’épaule.
Pour les collèges, oui il y aura un avant et un après. Il faut voir comment imaginer les nouveaux besoins nécessaires.
Vous me demandez d’être au rendez-vous si l’Etat ne l’est pas. Mais il faut qu’il le soit ; Car ce sont des millions d’euros pour les politiques sociales qui sont dans notre compétence. Attention on ne pourra pas tout faire. Concernant la prime pour les soignants à domicile, il y a une vraie réflexion au niveau national et oui nous avons demandé que l’Etat prenne en compte les soignants à domicile.
Je précise par exemple, que pour les pompiers, il faut que l’on trouve un million d’euros qui n’étaient pas prévus.
Quand on promet au niveau national une prime pour ceux qui sont intervenus, j’espère que ce sera suivi d’effets.
Je garantis que demain la politique d’un département n’aura plus rien à voir avec aujourd’hui.
Oui je suis inquiet quant aux promesses tenues.
Attention, l’heure est grave. Je garantis une fin d’année qui ne va pas être triste. Mais il y aura des rayons de soleil», a encore jugé André Accary qui a précisé que les subventions aux association ont été versées dès le mois de mars !
Si l'union sacrée était de mise en ce début de matinée, il n'allait pas en être de même par la suite, avec des remarques acides sur le plan environnement, ou encore ensuite sur le compte administratif. A suivre...

Alain BOLLERY