
Les pompiers de Saône-et-Loire, professionnels comme volontaires, redoutent le pire cet été.

N’y voyez aucune malice, mais en décidant de faire un point de situation sur les feux en Saône-et-Loire et et en choisissant les hauteurs de Tournus, André Accary, le Présidente du Conseil départemental de Saône-et-Loire et le directeur du SDIS, le Contrôleur général, Frédéric Pigneau, se sont retrouvés ce jeudi en début d’après midi à côté du célèbre établissement Greuze Folies…
Comme un opportun clin d’oeil à une situation dont tout le monde dit que c’est de la folie, avec cette séquence caniculaire inédite en France et plus particulièrement en Saône-et-Loire classée en alerte rouge.
Oui «de la folie», car jamais encore on n’avait vu cela dans le département. Mercredi 24 juin au soir, le SDIS 71, la Saône-et-Loire en était déjà à 145 feux de forêt, culture ou broussailles depuis le début de l’année. Et à l’heure du point presse, la barre des 150 feux avait déjà été passée, avec une perspectives à 160 avant la fin de journée.
Un chiffre à mettre en rapport avec le total de l’année 2025 qui a été de 353, dont 183, soit près de la moitié, en juillet et en août.
Autant dire que la situation a de quoi générer des inquiétudes. Face à celles-ci, les pompiers de Saône-et-Loire sont sur le pied de guerre, ainsi que creusot-infos en a déjà rendu compte avec notre reportage aux Combes Grondées à Saint-Symphorien de Marmagne. Avec un détachement préventif qui dès mardi a montré son efficacité.
Ce jeudi, ce sont justement des pompiers placés en détachement préventif, sur les hauteurs de Tournus qu’André Accary et Frédéric Pigneau, sont venus saluer.
Il y avait des professionnels et des volontaires - sur leur temps de repos à côté de leur travail - venus de Mâcon, Cuiseaux, La Chapelle de Guinchay, Louhans.
Ce jeudi, la Saône-et-Loire avaient quatre détachements préventifs à Saint-Symphorien de Marmagne, Cuzy, Semur en Brionnais et donc Tournus. Et la conférence de presse à Tournus n’était pas terminée, que les pompiers ont été mobilisés pour partir en intervention sur des sinistres.
La Saône-et-Loire s’appuie sur une flotte de 28 CCFM. Et surtout sur près de 800 sapeurs pompiers formés aux feux de forêt, insiste le Président Accary.
Les interventions rapides et musclées - avec beaucoup de moyens - ont permis de limiter les surfaces brûlées à 50 hectares, à la date du mercredi 24 juin. Ce qui veut dire que ce sont au moins 150 à 200 hectares qui ont pu échapper aux flammes.
«Maintenant nous avons recours à des drones, ce qui permet d’avoir une meilleure vision des sinistres, comme cela a été le cas mercredi soir à Azé», met en-avant le Directeur du SDIS 71.
Dans un département de Saône-et-Loire qui compte 205.000 hectares de forêt, et qui connait aujourd’hui des risques comparables à ceux des départements du Sud Est de la France, chacun comprendra combien il est important que les pompiers soient formées en bien équipes. C’est pour cela que la Saône-et-Loire a lancé des investissements pour acquérir sept CCFM Super à 500.000 euros l’unité, en plus des 38 CCFM à 340.000 euros pièces à l’achat.
Former, investir, c’est bien. Mais ce qu’il faut surtout c’est une prise de conscience nationale. Un mégot jeté peut générer un incendie ravageant des dizaines, pour ne pas dire des centaines ou des millions d’hectares, comme l’année dernière dans l’Aude.
Anticiper les risques avec des moyens est la doctrine du conseil départemental qui depuis le terrible orage du 21 juin 2022 dans la région de Digoin, a constitué un stock de bâches et autres équipements nécessaires.
Le SDIS s’appuie aussi sur un réseau de deux agriculteurs référents par commune. Et en cas de sinistre, il sait pouvoir compter sur leur mobilisation pour amener des moyens en eau, comme on a pu le voir à Charmoy.
Chacun l’aura compris c’est bien dans l’union de tous les moyens que le département de Saône-et-Loire a musclé sa force de frappe et d’intervention. Et avec des conditions météo extrêmes, cela sera bien utile.
Alain BOLLERY













