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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
15/06/2020 15:37
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SAONE-ET-LOIRE : André Accary annonce la mise en place de SOS Médecins et le recrutement de spécialistes

«Tut tut». Après l’énorme succès du recrutement de médecins salariés, André Accary vient d’annoncer, ce lundi après-midi, que le conseil départemental va relancer SOS Médecins Centre de Santé, pour les zones, principalement rurales, en souffrance médicale.
Mais le département va aussi lancer le recrutement de spécialistes en cardiologie, dermatologie, psychiatrie, gynécologie et ophtalmologie. Une première en France.



«Il y a trois ans, on était parti d’une feuille blanche. En juin 2017, j’avais fixé deux rendez-vous. L’ouverture en janvier 2018 et ensuite cette année un volet deux…», a annoncé André Accary, ce lundi 15 juin, à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue à Mâcon.
«J’ai toujours pensé que ce centre de santé devait être sur plusieurs étages. On a d’abord reconstruit une couverture sur l’ensemble du territoire. Bien évidemment, on va continuer de recruter des médecins généralistes. Des antennes sont prévues en septembre à Simandre, Fragnes La Loyère, Chenay le Châtel»
Et de poursuivre : «On a fait le constat d’un dispositif complémentaire à apporter. C’est le deuxième étage». Cela dans un département qui n’a pas de CHU, étant entendu que les jeunes étudiants qui se forment choisissent souvent de travailler au plus proche.

Le retour de SOS Médecins
«On a constaté que l’on a une problématique en soirée. On va créer un SOS Médecins 71. De 20 heures à 1 heure du matin on a une couverture sur certains secteurs, avec une permanence assurée par les médecins libéraux, mais aussi les médecins du centre. Par contre, sur le Charolais, par exemple, il n’y a plus d’existence. C’est pour cela que l’on crée un SOS Centre de Santé départemental. L’objectif c’est que tous les habitants puissent avoir accès à un médecin généraliste. Il ne doit pas y avoir de zone blanche dans le département. On fera évoluer le service en fonction des besoins. Bien évidemment on ne viendra pas en concurrence.

Des spécialistes pour des déficits imports
Le département va aussi lancer le recrutement de spécialistes. «On part d’un constat simple. De nombreuses spécialités sont en souffrance. Les chiffres sur 100.000 habitants sont explicites.
Cardiologie : 8,5 contre 10,4
Dermatologie :  3,4 contre 5,6
Psychiatrie : 15,3 contre 23
Gynécologie : 6,5 contre 7,2
Ophtalmologie :  7,2 contre 8,5
Sur certains secteurs il y a quasiment une disparation de spécialistes, alors que nous sommes le 6ème département de France.
Les habitants peuvent témoigner de la difficulté d’avoir un rendez-vous.
Certains recrutements vont se faire en direct. Mais aussi on va travailler en direct avec les spécialistes libéraux et hospitaliers, avec la possibilité de temps de travail partagé. Avec des permanences organisées en fonction des besoins».
André Accary est catégorique : «L’objectif sera le même que pour les médecins généralistes : Avoir une vraie complémentarité et surtout pas de venir en concurrence. On sera donc très attentif aux besoins.
On voit un autre atout dans ce deuxième étage. Avec le déploiement de la télémédecine dans les centres de santé, on a accéléré les choses pour être opérationnels. Les cinq centres sont équipés. Cela a servi pendant l’épidémie. Mais cela va servir à certaines consultations de spécialistes des centres universitaires. On aura donc d’un côté un médecin et de l’autre un spécialiste. L’objectif est de développer la télé-expertise.


Des petites salles d’urgence disséminées
Une petite salle d’urgence va être installée dans chaque centre de santé, pour avoir une offre la plus large possible, notamment pour éviter les déplacements dans les urgences des hôpitaux. «On aura aussi des assistants médicaux. L’idée est bien de consacrer de temps, au temps médical et de diagnostic».


Objectif janvier 2021
«On va travailler pendant l’été avec les hôpitaux et les CHU, mais aussi sur les contrats, pour préparer l’entrée des spécialistes. On va travailler sur les outils numériques, sur l’ensemble des collaborations avec les différents spécialistes, avant un vote en septembre.
On lancera les recrutements en octobre et l’objectif est d’avoir les arrivées des premiers spécialistes, à partir du mois de janvier 2021».


Tant qu’il y aura des besoins
«Où est-ce qu’on va s’arrêter ? C’est simple : Quand on aura résolu tous les problèmes d’accès aux soins.
C’est avec la reconquête du territoire que l’on peut mener différentes politiques. Non seulement on a besoin de recruter de nouveaux médecins généralistes, pour compenser des départs en retraite de médecins. Mais donc aussi des spécialistes».


Déjà 120.000 consultations
Après 3 ans, le centre départemental de santé ce sont 5 centres, et 19 antennes. «Je tiens à remercier les élus de ce département, qui m’avaient fait un chèque en blanc, en me mettant à disposition des locaux. A l’automne 2017 on avait lancé le recrutement.
A ce jour, ce sont 55 médecins généralistes recrutés. Avec mon optimisme, j’avais dit vouloir avoir 30 médecins. Dans quelques jours, on sera au-delà. A ce jour, ce sont plusieurs milliers de patients qui ont retrouvé un médecin traitant. Trop de personnes n’avaient plus accès à un médecin.
120.000 consultations pour 35.000 patients. On a effectué plus de 3.650 visites à domicile. On a réinstauré donc des médecins qui viennent à domicile. Aujourd’hui, tous les habitants sont à moins de 15 minutes d’une entité. On est aussi allé sur les consultations des enfants de 0 à 6 ans. Mais aussi des actions auprès des personnes handicapées. Concernant les EHPAD, certains n’avaient plus de médecin. Aujourd’hui 11 établissements sont visités par un médecin du département.
Une vraie coopération s’est installée sur le département entre les médecins. Le dernier exemple, c’est que par rapport au COVID, on a pu faire des consultations communes dans quatre lieux du territoire.
Partout où il y a une coopération possible c’est fait. Il n’y a pas de concurrence sur le territoire.  On a aussi embauché des infirmières».


1,7 million d’euros en plus de 2 ans
«Pour équilibrer le dispositif, j’avais annoncé qu’il fallait trente médecins à temps plein, pendant trois ans. Aujourd’hui la participation du département au centre départemental de santé elle est de 1,7 million, en cumulé, depuis 3 ans».

Alain BOLLERY