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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
04/10/2021 03:17
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Rémy Rebeyrotte : «La candidature d’Emmanuel Macron est indispensable pour le pays»

Dans une interview, le Député de Saône-et-Loire fait le point sur la crise sanitaire. Il se félicite de la reprise économique. Il évoque aussi le dossier de la RCEA et lance un appel à André Accary et David Marti, mais aussi aux autres intercommunalités. Il parle aussi de l’importance du nucléaire et aborde les prochaines échéances électorales.
Comment appréciez-vous l’évolution de la crise sanitaire ?
REMY REBEYROTTE : «J’ai toujours dit qu’il ne faut pas confondre vitesse et précipitation et ne pas passer du tout au rien. Il est nécessaire d’adapter l’état d’urgence sanitaire comme cela est effectif dès cette semaine prochaine en Saône-et-Loire pour les enfants des écoles, les collégiens et lycéens. Mais il faudra aussi voir ce que seront les conséquences de la vague de froid automnale et hivernale et la mise en place des rappels…»

Vous redoutez une reprise ?
«Je dis simplement qu’il faut continuer à être dans une gestion pragmatique de la situation sanitaire, comme on le fait d’ailleurs depuis un an. Je trouve que la France a remarquablement géré cette crise, et c’est d’ailleurs reconnu au niveau européen. C’est pour cela que je suis pour prolonger les mesures qui ont été prises, et les adapter en fonction de la situation. Il ne faut pas passer du tout au rien. Et rester prudent avec les variants. Et il faut le marteler : Dans le prolongement des vaccinations qui ont eu lieu et auxquelles nos compatriotes ont majoritairement souscrit, les rappels de vaccination c’est la sécurité».


Sur le plan économique, vous êtes optimiste ?
«Franchement, il y a un an et demi, si on nous avait décrit la situation actuelle, avec un chômage à 7% et un taux de croissance à 6%, des tensions sur les recrutements, sur les matières premières, on aurait signé tout de suite. Dans la circonscription où j’ai été élu, on a beaucoup de dossiers de soutien en rapport avec la transition écologique. Et c’est vrai dans beaucoup d’entreprises».

Le plan de relance a été à la hauteur ?
«En Bourgogne Franche-Comté, l’Etat a garanti 3,6 milliards de prêts à l’économie (PGE). Il a soutenu pour un milliard d’euros les entreprises au titre du fond de solidarité, pour alléger les charges fiscales à hauteur de 650 millions d’euros auxquelles il faut ajouter le chômage partiel. C’est un effort sans précédent, d’autant que parallèlement, le plan de relance permet à nos entreprises d’investir pour se moderniser, conquérir de nouveaux marchés et assurer leur transition écologique. Bref, renforcer leur compétitivité et leur contribution concrètes à la lutte contre le réchauffement climatique. En Bourgogne Franche-Comté, le plan de relance c’est déjà 1,6 milliards d’euros de soutien de l’Etat. Et c’est bien pour cela que notre économie va beaucoup mieux».

Concernant la RCEA, la conseil départemental et la communauté urbaine ont dit ne pas vouloir remettre la main à la poche pour financer le surcoût de plus de 80 millions d’euros. Vous approuvez ?
«Non ! Je demande au Conseil Départemental, et à la Communauté Urbaine et aux autres intercommunalités concernées de reconsidérer leurs positions. Pour moi, l’achèvement des travaux de la RCEA est une priorité nationale, régionale, départementale et locale».

N’est-ce pas trop leur demander ?
«Dans la clause de revoyure, et il y en a toujours dans ce genre de marché, l’Etat a accepté de sortir de la clé de répartition initiale, qui était de 60/40, pour ajouter plus de 10 millions d’euros. C’est-à-dire qu’il couvre le glissement lié aux variations de prix. Il n’est pas illogique que les collectivités territoriales prennent une part des aléas, car il y en a toujours ; et une part des modifications de chantiers en partie liées à des demandes supplémentaires qu’elles ont portées au côté des communes et des riverains comme par exemple le prolongement d’un mur anti-bruit ou la recherche d’un revêtement moins sonore... Vraiment, je demande au Président Accary et au Président Marti, et à leur collègues, de revenir à la table de discussion et de laisser sa chance à un accord qui permettrait de finir les travaux et surtout d’éviter qu’ils ne s’arrêtent, ce qui serait très préjudiciable au vue de la situation historique du dossier. Rappelons que ce chantier est aussi un enjeu pour nos entreprises de travaux publics et les emplois qu’elles portent sur nos territoires. Mais on peut aussi demander à d’autres de soutenir l’effort financier…»

C’est-à-dire ?
«Il reste 17 millions d’euros à trouver. Pourquoi ne pas demander, aussi, au Grand Charolais, mais aussi à la Communauté de Communes de Cluny, mais aussi Grand Chalon, ou à la Communauté de Communes du Mâconnais, de participer aussi à l’effort financier. Après tout ces collectivités sont aussi directement concernées par la RCEA et par la fin du chantier».

Nombre de concitoyens vont être confrontés aux hausses de l’énergie. Que répondez-vous à leurs craintes ?
«Les tensions, sur les matières premières et donc sur le prix des énergies pourraient venir endommager gravement les efforts faits pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages, avec la fin de la taxe d’habitation, la prime d’activité, le chômage partiel, la valorisation des métiers, la hausse des allocations pour les plus démunis ou les personnes éloignées de l’emploi... Aussi, je me réjouis des mesures prises pour atténuer les effets des hausses du prix de l’énergie pour les ménages annoncées par Jean Castex, ce qu’il a appelé le « Bouclier tarifaire ». Rappelons que le pouvoir d’achat des ménages est aussi un des éléments majeurs de notre croissance économique, des carnets de commande de nos entreprises et de l’emploi».

Et le nucléaire dans tout cela ?
«Il est très claire que le nucléaire c’est l’énergie d’avenir. C’est l’énergie pivot. Pour les tarifs de l’électricité, mais aussi pour l’environnement, car l’électricité nucléaire apporte de la stabilité dans la durée».

A l’Assemblée Nationale vous êtes à l'ouvrage pour les sapeurs pompiers volontaires. Pourquoi ?
«Je travaille à une proposition de loi sur le volontariat des sapeurs pompiers, pour conforter l’engagement volontaire. C’est un enjeu majeur pour notre modèle de sécurité civile. Il faut inciter les entreprises et les collectivités à faciliter le volontariat. C’est pour cela que je souhaite que l’on fasse évoluer la prime de départ des sapeurs pompiers volontaires. Ce qui permettra de faciliter l’engagement au quotidien. Je travaille aussi sur les questions de décentralisation et à la mise en place des assises du bois qui auront lieu à la mi-octobre».

Vous avez été à la Région. Quel regard portez-vous sur l’institution après les premiers mois de mandature ?
«Déjà ce qui me frappe dans cette année 2021, c’est la perméabilité de la droite et de la gauche républicaines aux idées d’extrême droite et d’extrême gauche.
Regardez justement la région Bourgogne Franche-Comté : nous avons vécu deux faits majeurs en 2021 : l’alliance de la droite Républicaine avec Monsieur Dupont Aignan et ses idées. Je rappelle que Monsieur Dupont Aignan est l’un des leaders des manifestations anti pass-sanitaire de cet été avec Florian Philippot. Ce qui fait de l’opposition de droite à la Région un mélange LR/Debout la France, une opposition de droite extrême. Côté gauche, et seul cas en France, la Majorité a dans ses rangs des personnes issues de l’extrême gauche, parmi lesquelles des adeptes de Sandrine Rousseau.
J’ai lu que la progression et la banalisation des idées d’extrême droite et d’extrême gauche étaient le syndrome du vide. Je pense surtout que c’est le « syndrome du tout » car ces gens là nous proposent de créer une nouvelle police : la police des prénoms de nos enfants, la police des jeux dans les cours d’école, la police de nos assiettes, la police des rêves de nos enfants, la police des comportements masculins… Bref, derrière chacun d’entre nous, un policier de la pensée et de nos vies. Cela porte un nom, c’est le totalitarisme, et évidemment ce sont les mêmes qui considèrent que le pass sanitaire est une atteinte grave à notre liberté. Alors que c’est un dispositif qui nous a permis de retrouver des parts essentielles de notre Liberté».

Serez-vous candidat à un second mandat de Député ?
«Je ne suis pas encore dans cette phase. Je suis au travail et je souhaite que le Président de la République soit réélu. J’en appelle à sa candidature. La candidature d’Emmanuel Macron est indispensable pour le pays, pour la place de la France en Europe et pour la place de l’Europe dans le monde. Car notre Président de la République a une formidable ambition pour l’Europe. Il faut qu’elle s’assume pour avoir du poids. La France est la seule puissance nucléaire en Europe et la seule à avoir un siège permanent au conseil de l’ONU. C’est la France qui permet à l’Europe de peser au niveau international».
Recueilli par Alain BOLLERY