
Ce mardi matin, la maire de Marigny et désormais sénatrice (suite à la nomination de Jérôme Durain à la présidence de la région) Paulette Matray, a découvert pour de bon les bureaux du Palais du Luxembourg.

Elle avait le regard ému et impatient ce matin à la gare TGV du Creusot, car ce mardi marque une nouvelle étape dans la carrière de Paulette Matray. À 69 ans, la maire de Marigny, petit village de 167 habitants en Saône-et-Loire, prend officiellement ses fonctions de sénatrice ce mardi 7 octobre. Elle succède à Jérôme Durain, désormais président de la région Bourgogne-Franche-Comté. Portrait d’une élue de terrain, profondément attachée au calme de sa campagne Bourguignonne, surprise mais décidée à se mettre au travail.
Dans ses yeux, un mélange d’émotion et de modestie : «La première fois que je suis venue, ça m’impressionnait beaucoup. Mais j’ai été très bien accueillie, je ne me sens pas seule.»
Une suppléante qui ne s’y attendait pasNuméro deux sur la liste socialiste de Jérôme Durain lors des dernières sénatoriales, Paulette Matray ne pensait pas un jour lui succéder. « Quand il m’a proposé d’être sur sa liste, je ne me suis pas projetée du tout. Pour moi, le Sénat, c’est prestigieux, je ne pensais pas qu’il quitterait son poste », confie-t-elle. C’est finalement la nomination de Jérôme Durain à la tête de la région Bourgogne-franche-comté qui a précipité son entrée en scène. « Ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit. Mais maintenant que j’y suis, je vais faire de mon mieux. »
Une élue ancrée dans son villageÀ Marigny, commune d’à peine 167 habitants, Paulette Matray est une figure connue et respectée. Élue pour la première fois en 2001, elle a enchaîné quatre mandats municipaux. Deux décennies plus tard, elle a choisi de ne pas se représenter en 2026. « On n’a jamais fait le tour mais je pense que c’est bien, pour moi comme pour les habitants, de passer à autre chose à un moment donné.”
De l’aide sociale à la politiqueAvant la politique, il y a eu le service public. Assistante sociale de formation, Paulette Matray a longtemps travaillé pour le département de Saône-et-Loire, notamment à l’aide sociale à l’enfance, avant de rejoindre une association intervenant dans les entreprises, chez Framatome, Alstom ou Thermodyne. « J’avais envie de voir autre chose. Être assistante sociale en entreprise, c’était une autre expérience, très concrète. On apprend à écouter, à comprendre les gens. » Une fibre humaine qu’elle compte bien conserver dans son nouveau rôle au Sénat. « Je viens d’un petit village, je ne veux pas perdre ce lien-là. Je veux rester proche des réalités du terrain. »
« Je découvre, mais je ne suis pas seule »
Au sein du groupe socialiste, Paulette Matray découvre un environnement nouveau, mais bienveillant. « J’ai été très bien accueillie par les agents du Sénat. Au sein du groupe socialiste il y a une vraie solidarité également, ça m’aide beaucoup. »
Nouvelle adhérente du Parti socialiste (elle n’avait encore jamais eu de carte) , la sénatrice entend s’impliquer rapidement sur les dossiers de ruralité et de solidarité. « Je vais devoir me mettre vite au travail car les prochaines sénatoriales sont en septembre 2026, mais je suis prête à me mettre au travail. »
« Je ne pensais pas en arriver là, mais je mesure la responsabilité. C’est un honneur, et une continuité de mon engagement local. » Pour Paulette Matray, le Sénat sera sans doute une nouvelle façon de défendre la Saône-et-Loire, «autrement, mais toujours avec la même envie de servir les gens ».
Manon Bollery







