
Du Train des Crouillottes aux 22 attractions du Parc des Combes, en passant par la seconde vie de la 241P17, Serge Chevalier a fait du Creusot la 3ème destination touristique de Saône-et-Loire. Mais l’ancien «thermicien» de Creusot-Loire a aussi marqué de son empreinte son action politique.

Né au Creusot, Serge Chevalier aurait eu 74 ans le 22 décembre prochain. Samedi soir, terrassé par une crise cardiaque, il a perdu la vie au Parc des Combes où les pompiers et le SMUR de l’Hôtel-Dieu ont été dépêchés. Malheureusement en vain, puisqu’il est mort un peut plus tard aux Urgences.
Signe du destin, il est tombé dans les bras de son «bébé». Car on peut ainsi parler du Parc des Combes que Serge Chevalier a créé, a façonné, a développé. Le tout avec le soutien de la ville du Creusot et de nombreuses collectivités. Mais surtout, oui surtout, avec l’approbation et le plébiscite du public.
Serge Chevalier, ce Creusotin pure souche, qui aimait Le Creusot plus que tout et qui a consacré la plus grande partie de sa vie au rayonnement de la ville, avait débuté sa carrière à Creusot-Loire, comme «thermicien».
Très tôt engagé syndicalement au sein de la CFDT, Serge Chevalier avait été repéré par Camille Dufour. Il l’avait mis en bonne place sur sa liste et c’est ainsi qu’il avait été de la victoire du PS et de la gauche en 1977.
Un an plus tard, Serge Chevalier se mariait avec Monique, comptable de profession, qui allait terminer sa carrière à l’Hôtel-Dieu. De leur union est né Mathieu.
Dans la garde rapprochée et en 1ère ligne
Politiquement, dès la victoire aux municipales de 1977, le jeune élu était immédiatement devenu un des piliers de la majorité, à la ville, comme adjoint aux travaux, et à la communauté urbaine, comme vice-président.
Après la réélection des municipales de 1983, Serge Chevalier avait été dans le garde rapprochée de Camille Dufour et d’André Billardon, pendant toute la durée de l’affaire Creusot Loire. Cela alors même que les tensions étaient palpables entre le PS et le PC, après la sortie du Gouvernement des Ministres communistes ; mais aussi entre la CFDT et la CGT, au-delà des conférences presse communes.
Homme de convictions, Serge Chevalier avait fait front. Et c’est naturellement que Camille Dufour l’avait propulsé sur la scène politique départementale. En lui laissant son mandat de conseiller général dans le canton de Creusot Ouest. Serge Chevalier l’avait emporté face au Docteur Philippe Bouthier.
Après la victoire de la gauche qui avait repris la majorité au conseil général de Saône-et-Loire, son nouveau Président Christophe Sirugue avait fait de Serge Chevalier son vice-président en charge des routes. L’élu du Creusot avait alors lancé un grand projet. Celui des «Lianes», à savoir des grandes routes départementales reliant plusieurs villes, comme par exemple Montceau les Mines à Mâcon, via Cluny. Des lignes qui étaient consacrées comme prioritaires en termes d’aménagement de d’entretien.
L’élu du Creusot avait aussi suivi de près le dossier de la mise à 2x2 voies de la RCEA. Et il avait salué les engagements d’André Acccary, de David Marti et de Marie-Guite Dufay en ce sens.
Très engagé auprès de Camille Dufour, il allait obtenir le soutien du Maire du Creusot pour ce qui allait devenir deux chantiers exceptionnels pour la ville du Creusot et pour son développement. La réhabilitation de la locomotive à vapeur la 241P17. Mais aussi et surtout le retour du Train des Crouillottes qui allait devenir le Train des Combes, avec l’association d'abord présidée par Christian Roux, avant que Serge Chevalier lui succède.
Le pari gagnant d'une luge d'été
Le fameux «Train des Crouillottes» allait devenir la locomotive du développement du Parc des Combes.
Alors qu’André Billardon était devenu Président de la Communauté Urbaine en 1989, Serge Chevalier avait emmené avec lui le Maire Camille Dufour et le Président André Billardon, sur le projet de réalisation de la Luge d’été du Creusot. La 1ère en Bourgogne et la 1ère entre Paris et les Alpes.
C’est d’ailleurs, dans les Alpes, précisément à Chamonix, en Haute-Savoie, que Serge Chevalier était allé mesurer le succès de la luge d’été des Planards. Camille Dufour prenant alors ses vacances d’été aux Houches, il avait été convaincu et le projet avait été lancé. L’inauguration de la luge d’été en avril 1996 avait vu le Préfet Denis Prieur s’écrier : «Jamais je n’aurai cru qu’en étant nommé en Saône-et-Loire je serai amené à inaugurer une luge d’été. Mais quelle formidable réalisation !»
Depuis la Luge d’été et ensuite l’Alpine Coaster sont les «navires amiraux» du Parc des Combes. La réussite et le succès constants de celui-ci ont été bâtis par Serge Chevalier avec des bénévoles qui, aujourd’hui, encore assurent la vie du Parc qui offre des emplois saisonniers aux jeunes. Le Parc le plus familial de France, avec des tarifs très abordables pour les familles. Un parc où seuls les utilisateurs payent. Ce qui lui a valu des reportages sur les plus grandes chaines de télévision, à commencer par TF1.
3ème destination touristique de Saône-et-Loire
Avec 21 attractions, en attendant la 22ème, le Parc des Combes a fait du Creusot la 3ème destination touristique de Saône-et-Loire. Un parc qui rayonne bien au-delà des frontières de la Bourgogne avec une clientèle étrangère pendant les vacances d’été.
Incontestablement le Parc des Combes et la réhabilitation de la 241P17 qui a effectué sa marche d’essai en 2005 et son premier voyage commercial du 21ème siècle en 2006, avec des journalistes venus du Japon pour les plus lointains, constituent l’œuvre de Serge Chevalier. Il restera dans l’histoire celui qui, dans le domaine du développement touristique, aura donné ses lettres de noblesse au Creusot.
Elu pendant 43 ans
Ce que Camille Dufour, puis André Billardon, puis David Marti, ont tous salué au fil des années. Serge Chevalier aura travaillé avec les trois Maires socialistes du Creusot, aura été le 1er adjoint des deux premiers, avant de quitter la politique en 2020. Il a ensuite vécu douloureusement que son nom soit jeté au pâture par une association.
Aujourd’hui le Parc des Combes pleure son guide. Un guide qui est mort dans le Parc où en juin 2024 il avait reçu la médaille de l’Assemblée Nationale, des mains de Rémy Rebeyrotte, pour son engagement politique et associatif. Un double engagement d’une vie.
A son épouse Monique, à son fils Mathieu et à sa famille, nous renouvelons nos sincères condoléances. Elles sont aussi celles de très nombreux Creusotins qui nous ont chargé de les transmettre.
Alain BOLLERY
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