
Nous avons suivi le nouveau Député de Saône-et-Loire pour son arrivée à l’Assemblée Nationale. Il a eu droit à un accueil ministériel, puisque Sébastien Martin, ministre délégué à l’industrie, était là pour l’accueillir. Juste avant que Lionel Duparay plonge dans le grand bain. Ses deux premiers votes ont été pour l'Union Européenne et pour les agriculteurs.

Notre reportage dans le réacteur de notre République avec l'interview du nouveau parlementaire et ses premières réactions après avoir siégé.
6h53, jeudi 13 novembre 2025, le TGV parti de Lyon Part Dieu quitte la gare de Creusot TGV en direction de Paris Gare de Lyon. A son bord, Lionel Duparay est tout sourire. C’est le grand jour pour lui. Le jour où il vient prendre ses fonctions de Député à l’Assemblée Nationale, qu’il rejoint en métro. Le métro de la ligne 14 – fabriqué par Alstom avec des bogies du Creusot - pour commencer ; ligne 12 pour poursuivre. Lui l’ingénieur d’Alstom au Creusot apprécie l’exceptionnelle rapidité du Métro.
Le trajet jusqu’au Palais Bourbon est rapide. Tant mieux. Car Sébastien Martin, nouveau Ministre délégué à l’Industrie, l’attend pour l’accueillir officiellement, avant de filer devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale.
Il n’est pas 9 heures et Lionel Duparay est dans le grand bain. Il représente les habitants de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire. Avant de rejoindre son bureau, il croise Josiane Corneloup, la Députée du Charolais, qui elle aussi est élue au conseil départemental de Saône-et-Loire.
La journée du nouveau parlmentaire va être rythmée. D’abord les formalités officielles, et puis la découverte du réacteur de la démocratie de la France, avec même un petit passage par l’Hôtel de Lassay.
Et puis l’heure arrive de la réunion de groupe, avant de plonger officiellement dans le grand bain, au plus tard jusqu’en 2027 s’il n’y a pas de dissolution d’ici là. Au plus tard, car en Mai 2027, le nouveau Président de la République prononcera inévitablement la dissolution de l’Assemblée Nationale. Pour tente de trouver une majorité. D’ici là Lionel Duparay va vivre la politique des compromis. Juste avant ses débuts officiels, dans le TGV, il nous a accordé une longue interview.
A.B.
(Photos Alain BOLLERY
sans mention particulière)
Siéger à l’Assemblée Nationale, vous en aviez rêvé ?
LIONEL DUPARAY : «Non, jamais cela n’avait été dans mes rêves. Ce n’était pas un mandat qui m’attirait particulièrement. J’ai toujours eu une vraie envie et un vrai attachement pour les mandats locaux, pour les enjeux locaux. Là je suis Député parce que j’avais accepté d’être le suppléant de Sébastien Martin. Et j’étais devenu conseiller général parce que j’étais le suppléant d’Eric Dubreuil».
Quelle a été votre première réaction quand vous avez apris que Sébastien Martin devenait Ministre ?
«Forcément j’ai été un peu surpris et j’ai d’abord été très très content pour lui. Il le mérite car il a fait ses preuves sur le sujet de l’industrie sur son territoire. Il a de la profondeur pour apporter quelque chose car il connait le sujet. C’est un Ministère taillé pour lui !»
Député de la cinquième circonscription de Saône-et-Loire cela va changer votre mode de vie, vous qui étiez jusqu’à ce jour ingénieur chez Alstom au Creusot…
«Déjà je suis pragmatique et j’ai bien dit à ma direction qu’il y avait un délai d’un mois et qu’il fallait aussi attendre si le Gouvernement n’allait pas être censuré ! J’ai donc attendu et me voilà. Je remercie la direction d’Alstom de sa bienveillance. Je suis quelqu’un de pragmatique et qui conserve les pieds sur terre. J’ai une formation d’ingénieur ; et à l’ENSAM à Cluny on m’a appris à apprécier et à évaluer les scénaris».
Vous arrivez à l’Assemblée Nationale un 13 novembre, le jour du 10ème anniversaire des attentats de Paris. Vous vous souvenez de cette soirée ?
«Oui. Je n’étais pas devant le match de foot à la télévision. Je l’ai appris par des notifications sur mon téléphone. J’ai allumé ma télévision et là on est happé par l’information, par les informations. Comme d’autres je pense, j’ai eu du mal à aller me coucher…
Je me suis souvenu des attentats du 11 septembre, mais aussi de ceux de 1995 à Saint-Michel à Paris. Je me trouvais dans le métro et j’avais vécu les fermetures de stations. J’avais 14 ans. J’étais allé visiter le musée des armées et je me souviens parfaitement des files de camions de pompiers sur les quais. Ce sont des images qui marquent».
Le Palais Bourbon, vous connaissiez déjà ?
«Oui, la première fois que je m’y suis rendu, c’était quand j’étais en CM2. Je me souviens que l’on avait rencontré Henri Emmanuelli».
Et aujourd’hui, votre regard ?
«Pour moi l’Assemblée Nationale a une valeur historique. L’histoire se construit ici. Je dis l’histoire pour parler des lois qui sont débattues, votées pour notre pays et la vie de nos concitoyens, de nos entreprises, de notre société, de notre nation».
Vous savez où vous serez dans l’hémicycle ?
«Oui, je vais prendre la place de Sébastien Martin, au sein du groupe de la droite républicaine. Je suis adhérent du parti Les Républicains depuis 2002. Et quand Laurent Wauquiez m’a appelé, je lui ai évidemment dit que je serai dans son groupe».
Comment êtes-vous tombé dans la marmite de la politique ?
«Je suis rentré au conseil municipal du Creusot en 2009, parce qu’il y avait eu des démissions de conseillers élus sur la liste de Laurent Delmas, sur laquelle j’avais figuré lors des municipales de 2008… Et puis je suis devenu conseiller communautaire. Je dois dire que j’avais commencé à militer à l’école».
Pourquoi avez-vous quitté Le Creusot pour Montceau les Mines en 2014 ?
«Tout simplement parce que j’avais déménagé. J’ai d’abord été 1er adjoint aux finances, puis depuis 2020 troisième adjoint avec les finances, le développement durable et la transition écologique».
Vous avez décidé de laisser votre mandat à la mairie de Montceau et donc à la communauté urbaine. Pourquoi ?
«Je vais quitter mes fonctions à la ville de Montceau à la mi-décembre. Tous les projets que je portais sont lancés, comme sur le photovoltaïque…»
Serez-vous candidat en mars 2026 ?
«Je jouerai un rôle… Je n’en dis pas plus !»
Vous restez conseiller départemental, mais vous allez laisser la Présidence de l’OPAC…
«Oui, je vais laisser la présidence de l’OPAC, mais je vais rester au conseil d’administration. La politique de l’OPAC, les investissements, c’est quelque chose de passionnant.
Sur la Communauté Urbaine il y a, par exemple, le sujet de la Maison de Retraite du Canada et de la Demi Lune au Creusot. Il y a une vraie question foncière ! On ne peut pas laisser les locaux en l’état. Il y a une obligation de rénovation. La question qui se pose est de savoir si on rénove ou si on construit un EPHAD neuf. En sachant que la rénovation pourrait coûter très cher. Les conditions d’accueil et de vie de nos anciens, c’est un sujet de première importance. D’ailleurs le sujet de la fin de vie devrait être examiné à l’Assemblée Nationale en février. C’est aussi le sujet de la gestion des EHPAD. Je suis d’accord avec le Président André Accary quand il demande un pilotage avec une gestion unique et qu’il demande une expérimentation. Il faut bien mesurer que les EHPAD c’est de l’aménagement du territoire. Et en ce sens les plus mieux placés, les plus en proximité avec les territoires, ce sont les départements».
Quels sont les sujets que personnellement vous aimeriez porter en tant que député devant la représentation nationale ?
«Je défends depuis plusieurs années le principe d’une allocation unique, car je pense que l’on a besoin d’une réforme en profondeur. Pourquoi ? Parce que le monde a changé. C’est vrai par exemple avec les parents isolés, les familles recomposées. Beaucoup de personnes, par méconnaissance, n’ont pas accès à leurs droits. C’est un méandre absolu. C’est pour cela que je milite pour une allocation unique».
Recueilli par Alain BOLLERY
«J’ai voté pour la contribution
de la France à l’Europe !»

Le nouveau Député de Saône-et-Loire n’aura pas attendu vendredi pour siéger… «J’ai commencé à siéger ce jeudi 13 novembre, à partir de 17h30», précise-t-il. Et il a effectué son premier vote : «J’ai voté pour la contribution financières de la France à l’Union Européenne».
Installé à la place précédemment occupée par Sébastien Martin, Lionel Duparay a pu remarquer qu’un parlementaire de Saône-et-Loire manquait à l’appel : «Eric Michoux n’était pas là»… Bien vu, puisque le Député de la Bresse a séché la session de ce jeudi 13 novembre après-midi. Il est en effet reparti en Saône-et-Loire par le TGV de 13h53, arrivant à Creusot TGV à 15h14.
Juste avant de repartir en séance à 21h30, interrogé par creusot-infos, le Député de la circonscription Chalon sur Saône / Montceau les Mines, la 5ème de Saône-et-Loire, a dit son émotion. «Oui c’était pour moi une première séance très émouvante ; Car c’est là que se joue la démocratie !» Et de poursuivre : «J’ai trouvé que c’était bruyant, avec de la violence dans les propos. Une violence verbale qui vient des deux extrêmes, à savoir du RN et de LFI. Cela m’a confirmé ce que tout le monde peut voir à la télévision. Mais le vivre c’est différent. C’est plus fort». Lionel Duparay avoue encore : «Ca fait bizarre d’appuyer sur le bouton pour matérialiser ce que l’on vote. Il ne faut pas se tromper !» L'élu entre les deux séances avait rdv avec Laurent Wauquiez, pour évoquer le fonctionnement du groupe. «Avec des consignes, mais aussi de l'autonomie, le tout dans un esprit constructif. C'est encourageant». Dès son arrivée, il a pu constater que parlementaire ce n'est pas de tout repos. C'est en effet largement à plus de minuit que sa première journée s'est terminée, avec un vote pour le soutien aux agriculteurs dans le cadre d'abattages administratifs.
A.B.
(Photo DR)