
En apportant 12 millions sur un investissement de 52 millions d'euros, l'Etat a démontré combien il a voulu soutenir un projet stratégique pour la décarbonation.

Notre compte-rendu, notre reportage photos et l'interview vidéo de Sébastien Martin.
Ce jeudi 23 avril 2026 restera comme un jour de fête et de joie pour Industeel Creusot, groupe ArcelorMittal. C’est en effet en cette journée très ensoleillée, que le Ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a été invité à inaugurer le dernier gros investissement d’Industeel Creusot, à savoir une «coulée verticale continue», pour laquelle un bâtiment de 50 mètres de haut a été construit.
Un investissement de 52 millions d’euros qui est la nouvelle fierté du groupe ArcelorMittal. Car avec cette nouvelle technologie, le groupe sidérurgiste vise l’excellence, avec des aciers inoxydables encore plus verts, entendez des aciers encre plus décarbonnés.
Dans le monde de la sidérurgie, il est admis que Le Creusot est considéré, à juste titre, comme le «spécialiste des aciers spéciaux».
En ce printemps 2026, fort de 190 ans d’aventures et de développements industriels, il se projette dans la nouveau monde. Un monde où la décarbonation n’est plus une option, mais une obligation. C’est tout le sens de la coulée verticale continue et la volonté clairement affichée d’Industeel Creusot, groupe ArcelorMittal de délaisser le gaz au profit de l’électricité pour ses besoins énergétiques, car la sidérurgie a besoin d’énergie.
C’est évidemment pour cela que l’Etat, au travers de France 2030, a participé au financement du nouvel équipement à hauteur de 12 millions d’euros, soit 23% de l’investissement total.
Pour que plus qu’hier et moins que demain, Le Creusot soit encore plus la capitale des aciers . Et c’est bien pour cela que le Ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à venir inaugurer l’équipement. Il a été accueilli par Charles Landre, Maire du Creusot, en présence de multiples personnalités, dont Isabelle Louis, présidente de la Communauté Urbaine, le Député Lionel Duparay, Laëtitia Martinez et Jean-Claude Lagrange qui représentaient Jérôme Durain, président du Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté, mais aussi Sophie Clément, vice-présidente du conseil, départemental, le Préfet de Saône-et-Loire Dominique Dufour et évidemment tout l’état major d’Industeel et d’ArcelorMittal.
A.B.
(Photos Alain BOLLERY)
Cédric Chauvy
Directeur d’Industeel Creusot
«Ce nouvel équipement, c’est un honneur et une fierté. Car c’est un acte fort d’une transformation sociétale, pour la pérennité de l’activité, mais aussi pour notre souveraineté nationale. Le projet a débuté il y a 5 ans et il a été soutenu par l’Etat dans le cadre de France 2030. A l’occasion de cette inauguration, nous organisons des portes ouvertes. Avec l’espoir de donner envie aux jeunes générations de nous rejoindre».
Rudy Daubechies
PDG d’ArcelorMittal Industeel
«Avec cette nouvelle coulée continue verticale nous espérons conquérir de nouveaux marchés.. Nous allons produire, ici au Creusot, des aciers à haute valeur ajoutée. Pour répondre à des besoins prioritairement en France et en Europe. Notamment pour le pétrole, le gaz, le nucléaire, mais aussi les énergies renouvelables. Nous allons pouvoir proposer des solutions stratégiques, y compris pour le stockage du CO2.
Cet investissement est le plus important depuis 25 ans pour notre groupe. Pour le réaliser, nous avons gardé le cap, avec de l’énergie et de la volonté».
Gauthier Platteau
Chef de projet ArcelorMittal Industeel
«Nous sommes sur un objectif de coulée de 30 à 50.000 tonnes par an».
Sandra Le Manchet
Responsable R&D ArcelorMittal Industeel
«Ici au Cruesot nous travaillons et produisons environ 150 nuanches. Nous ne produisons pas des aciers pour l’électroménager ou l’automobile.. Nos aciers inoxydables sont pour des applications et des besoins très spécifiques, comme par exemple pour la dépollution de l’air au service des cimenterie ou dans la chimie : Mais encore dans le traitement des eaux, ou l’industrie des engrais. Nous visons ce qui touche à l’innovation, par exemple dans l’hydrogène ou la captation de CO2…»
Alain Le Grix de la Salle
Président d’ArcelorMittal France

«Vous pouvez être fiers de votre développement ici au Creusot. Je salue le travail du Ministre. L’Europe a réagi pour que l’on se protège des importations. Le nouvel équipement permettra de défendre notre industrie».
Sébastien Martin
Ministre de l'Industrie
«Quand on est ici, on ne peut pas mettre de côté 190 ans d’histoire. Les Schneider ont bâti un empire industriel qui est toujours là.
Et 190 ans plus tard, nous allons inaugurer une nouvelle cathédrale industrielle, Un lieu unique au monde, enfin presque, en tout cas unique au sein du groupe ArcelorMittal. On peut dire presque unique au monde, car des usines comme celle-là je crois qu'il n'y en a que deux en Europe et il y en a quelques-unes dans le monde capables de faire ce que les salariés de cette usine vont faire. un lieu et une capitale mondiale dans les aciers inoxydables. Et dans les aciers inoxydables, à haute valeur ajoutée comme cela vient d'être très bien expliqué,
Je voulais vraiment être avec vous aujourd'hui parce que notre pays a des lieux uniques comme ceux-là. Notre pays a des savoir-faire industriels, a des compétences industrielles, a des sites industriels comme ceux-là qui sont uniques pour plusieurs raisons.
Uniques parce que, vous tous et vous tous, les femmes et les hommes d'industrie aujourd'hui, faites la démonstration que nous sommes capables, en France et en Europe, de réaliser des productions industrielles complexes et de réaliser des productions industrielles aussi de masse, et ceux-là d'un même groupe parce que, finalement, nous étions en interne avec vous, monsieur le Président, avec le Président de la République, où on sort 6 millions de tonnes d'acier à Dunkerque, et aujourd'hui, ici, où nous faisons 80 000 tonnes d'acier par an sur ce site.
Et tout ça dans le même pays, tout ça dans le même groupe. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que nous avons un panel de compétences, un panel de savoir-faire qui est loin d'être un panel et qui sont loin d'être des compétences du passé, mais qui sont bien évidemment les compétences sur lequel nous pouvons bâtir la force d'un outil industriel français.
Ne croyez pas les oiseaux de mauvaise augure. Ne croyez pas toutes celles et tous ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans une usine, jamais mis les pieds dans une usine, et qui vous expliquent que l'industrie s'est terminée.
Si ici l'industrie s'est terminée, avec ce que nous allons inaugurer aujourd'hui, avec les produits qui vont partir d'ici et qui vont aller partout à travers le monde, alors il me semble qu'il y a une petite erreur de l'appréciation.
Notre souveraineté industrielle s'appuie aussi sur notre capacité à décarboner
Que nous connaissions des difficultés dans certains secteurs, bien évidemment, et qu'à côté de cela nous ayons des secteurs industriels qui tirent notre pays de manière extrêmement forte, comme vous, comme dans la défense, comme dans le nucléaire, comme dans les énergies, comme cela vient d'être indiqué, alors bien évidemment nous avons beaucoup de raisons d'espérer. C'est ce qui a fait que le gouvernement a souhaité soutenir ce projet, accompagner ce projet, vous l'avez dit, M. le Président, d'investissement d'encore plus de 50 millions d'euros, soutenu à hauteur de 12 millions d'euros par France 2030, et aussi par sa cohérence avec une stratégie globale.
Notre souveraineté industrielle s'appuie aussi sur notre capacité à décarboner. Pourquoi elle s'appuie sur notre capacité à décarboner ? Je pense que nous voyons toutes et encore plus aujourd'hui avec encore plus de pertinence, des énergies carbonées, nous en sommes dépendants.
Je pense que je n'ai pas besoin de vous faire de dessin sur ce qui se passe du côté du détroit d'Ormuz et les conséquences sur le gaz et sur le pétrole. Par contre, dans le même temps, nous avons, et nous sommes bien ici, au Creusot, comme à Chalon, avec une industrie nucléaire, qui a la capacité à produire une électricité décarbonée, pour laquelle nous sommes souverains de bout en bout, de bout en bout, de la filière de l'extraction du minerai jusqu'à son recyclage et bien évidemment avec la construction des centrales et la production d'électricité.
La décarbonation, c'est un enjeu bien évidemment climatique, environnemental, mais c'est aussi un enjeu d'autonomie stratégique et de souveraineté pour notre pays.
Ne l'oublions jamais, les deux sont extrêmement liés. Et donc quand ArcelorMittal décide d'investir ici, comme il a fait le choix, et je reviendrai, d'investir à Dunkerque 1,3 milliard d'euros qui ont été annoncés, nous étions présents ensemble avec le Président de la République, après un autre investissement de 500 millions d'euros et bien cette stratégie est confortée par des grands acteurs industriels mondiaux et particulièrement ici en France.
L'Europe doit protéger
Et vous l'avez rappelé, cette stratégie a aussi besoin d'être protégée. Elle a aussi besoin d'être protégée. Parce que face à nous, il y a des grands acteurs asiatiques qui n'hésitent pas parce que le marché américain s'est fermé, parce que le marché et la croissance asiatique s'est ralentie aussi et que donc des volumes industriels considérables se trouvent en surcapacité à l'autre bout du monde, n'hésite pas à venir vendre en Europe des produits à prix non seulement cassés mais inférieurs même au coût de revenus.
Je suis très heureux que sur la première demande de la France, la commission européenne, ça avait été annoncé par le commissaire européen, il s'était fait des journées, à Dunkerque, au mois d'octobre de l'année dernière.
Nous venions d'obtenir, ça a été une décision qui est enfin actée par notre dernière réunion du mois d'avril, et à partir du 1er juillet nous allons avoir des mesures de protection commerciale, en résumé des droits de douane sur les importations d'acier, car il n'était pas concevable de continuer à avoir des entreprises ici sur notre sol qui investissent, qui font les efforts de décarbonation et de continuer à laisser entrer sur notre continent des produits qui ne sont pas faits avec les mêmes sources d'énergie décarbonées et qui qui, en plus, mettent à mal l'emploi industriel et mettent à mal toute l'industrie sur notre territoire.
Et nous pousserons d'autres mesures de protection commerciale au niveau européen. On l'a fait sur les voitures électriques, par exemple. Et du jour au lendemain, les voitures électriques chinoises sont passées de 60 % des ventes à 10 % des ventes. Et d'ailleurs, ne croyez pas que ce que l'on vous raconte sur le fait qu'aujourd'hui, ce sont les véhicules électriques chinois qui envahissent le marché, mais ce sont bien les véhicules thermiques et notamment hybrides qui envahissent le marché. Et là aussi, il va falloir avoir des mesures de protection, et quand ces mesures de protection sont mises en oeuvre, eh bien, elles remportent tout de suite un franc succès.
Je retiens vraiment ce mot de fierté
Et donc, ces mesures de protection sont désormais en oeuvre, ça déclenche des investissements, ça permet de saluer les investissements qui sont faits ici. Et pour conclure, parce que j'ai peut-être déjà écouté légèrement trop long, et pour conclure, je retiens ce mot de fierté.
Je retiens vraiment ce mot de fierté. Mesdames et Messieurs, chaque semaine je visite des usines, chaque semaine je vois dans les yeux de celles et ceux qui ont comme vous une veste avec le nom d'une entreprise dessus, avec une histoire qui va avec, avec des savoir-faire qui vont avec. Je vois la fierté de vos métiers, je vois l'assurance de vos compétences, sur des compétences qui sont non seulement utiles à votre entreprise, mais sont aussi utiles à tout notre pays.
Et notre pays, je le dis ici comme je le dis tout à l'heureet comme je le redis à chaque fois, notre pays est un des rares pays à savoir faire en matière industrielle tout ce qu'il sait faire, est un des rares pays à pouvoir s'appuyer effectivement sur une énergie nucléaire décarbonée et abondante, est un des rares pays qui a de la sidérologie, qui a de l'automobile, qui a de la chimie, qui sait faire des avions, qu'ils soient civils ou militaires, qui a tout ça ensemble.
Nous avons recréé près de 200 000 emplois industriels
Et cette puissance industrielle, mesdames et messieurs, c'est grâce à vous qu'elle est vivante. Et si pendant des années et des années, ce pays a détruit des emplois industriels, d'un million d'emplois industriels depuis entre 2005 et 2015, cette désindustrialisation a été enfin stoppée puisqu'entre 2018 et 2024, nous avons recréé près de 200 000 emplois industriels dans ce pays. Alors oui, le moment a été sans doute difficile, mais la France a la capacité à rebondir. Au niveau européen, nous mettons en oeuvre les mesures de protection qui sont nécessaires, nous apportons un soutien financier considérable. France 2030, 54 milliards d'euros ont été consacrés à la reconquête industrielle dans ce pays et Et il y a en plus une volonté, parce que dans les territoires industriels, nous avons cette culture d'accueillir des projets, de les développer. Tout cela devient extrêmement possible parce qu'il y a les compétences, il y a le foncier, il y a la volonté. Merci à toutes et à tous et encore bravo !»
Charles Landre
Maire du Creusot
A l’issue de la visite inaugurale, Charles Landre a fait part de sa réaction : «C’est un équipement de dimension nationale. Le Creusot est dans les productions de haut de famme, avec des innovations uniques au monde. Mon souci est de mettre Le Creusot à la hauteur pour l’accueil des collaborateurs et des futurs collaborateurs. On doit travailler sur le cadre de vie, pour qu’ils restent ici et participent à la vie de la ville. Avant l’été je vais rencontrer les dirigeants des grands groupes industriels. Pour voir avec eux comment mieux intégrer leurs collaborateurs. Il faut aussi renforcer l’offre de transport que ce soit à la gare SNCF au Creusot et à la gare de Creusot TGV. Il faut améliorer les dessertes, notamment dans le cadre de l’ouverture à la concurrence».
Alain BOLLERY










































































