
Le Creusot est né par le génie des Schneider. Et aujourd’hui Le Creusot rayonne sur le monde grâce à ce géni qui généré de l’innovation et des prouesses industrielles et technologiques. C’est avec le Ministre de l’Industrie que Schneider Electric a fêté les 190 ans de l’aventure lancée dans la cité du Pilon. ACTUALISE

Il est plutôt rare, pour ne pas dire cocace de voir un Ministre de l’Industrie venir au Creusot et ne pas visiter une entreprise industrielle. Et pourtant, si Sébastien Martin a fait le voyage au Creusot, ce lundi 16 Février, c’est bien au nom de l’industrie. Au nom d’une saga industrielle qui porte un nom : Schneider. Un nom très étroitement associé au Creusot.
C’est en effet pour marquer le 190ème anniversaire de l’arrivée des Schneider au Creusot, qu’Aymeric Renaud, le Président de Schneider Electric, a invité le Ministre de l’Industrie. Cela dans une journée très Schneider débutée à Mâcon pour saluer les investissements de Schneider Electric, poursuivie à Champforgeuil pour une autre étape dans un établissement du groupe, et donc se terminer au Creusot, au pavillon de l’Industrie.
Là même où le Ministre a passé beaucoup de temps à contempler le plan du Creusot en relief, du temps des Schneider, aux côtés de David Marti, maire du Creusot et Président de la Communauté Urbaine, Paulette Matray, sénatrice de Saône-et-Loire, Amelle Deschamps, 1ère vice-présidente du Consel départemental, Dominique Juillot, président du Grand Chalon, Jean-Claude Lagrange, conseiller régional, Pascal Gautheron, président de la CCI Métropole Bourgogne, Clarisse Maillet, présidente de la CPME, Isabelle Laugerette, secrétaire générale de l’UIMM…
Une belle brochette donc, pour un vrai événement, puisque ce n’est pas par hasard que Schneider a voulu organiser l’événement et inviter un Ministre, au Creusot. Le groupe va de l’avant, investit et David Marti l’a clairement invité à revenir aux sources, disons sur le territoire communautaire. Une invitation que son Président n’a d’ailleurs pas déclinée, car son groupe est en pleine expansion.
«L’histoire n’appartient pas au passé. Elle éclaire le présent !»
David Marti, comme Sébastien Martin, ont salué ce groupe industriel, dont la détermination à se projeter dans l’avenir au nom, aussi, de la souveraineté nationale.
Dans son allocution d’accueil, David Marti, a rappelé les grandes dates de la saga Schneider au Creusot. Pour affirmer : «L’histoire n’appartient pas au passé. Elle éclaire le présent !»
Et de rappeler pour celles et ceux qui l’auraient oublié : «C’est ici, au Creusot, que l’épopée a commencé». Pour une «construction collective». Et de donner rendez-vous dans 10 ans, «pour fêter les 200 ans».
Pour le Maire du Creusot, le Pavillon de l’Industrie est un pont entre l’industrie d’hier et celle de demain.
Que de chemin parcouru, de projections dans l’avenir abouties, depuis le crack de Creusot Loire en 1984.
Aymeric Renaud, le Président de Schneider Electric, après avoir déroulé l’histoire industrielle, lancée par Schneider, en 1836, a mis en relief l’audace qui a vu Schneider Electric miser sur l’IA il y a dix ans déjà. Innover est une règle respectée avec constance par Schneider Electric. Déjà pour répondre au défi climatique. «C’est pour cela que Le Creusot et Schneider Electric se projettent vers l’avenir».
«Audace». C’est le qualificatif que le Ministre de l’Industrie a utilisé pour qualifier la trajectoire de Schneider Electric qui, dans le prolongement de l’aventure industrielle Schneider, a su se développer au fil des dernières décennies. Et les développements à Mâcon en attestent.
«L’industrie a été un projet de société. Le Creusot est né de l’industrie, a grandi et l’histoire continue».
«L'occasion de se réinventer»
Rappelant que Schneider a employé jusqu’à 15.000 ouvriers, Sébastien Martin, regarde la réalité en face : «Il y a eu des doutes, des espérances, mais aussi une capacité à saisir les opportunités». Comme, mais oui, la guerre de 1870, ou encore les fortes tensions sociales de 1899. «Elles ont renforcé le dialogue et généré la formation».
Le Ministre relève encore : «Pour Schneider, les crises sont l’occasion de se réinventer». Et c’est le cas en ce 21ème siècle sur les marchés du numérique, de l’électricité et de l’énergie. «Schneider peut répondre à tous les défis», assure-t-il. Et de noter, avec le sourire, l’appel du pied lancé par le Maire du Creusot et Président de la Communauté Urbaine.
Sébastien Martin est ensuite revenu sur le PPE (Plan pluriannuel de l’énergie», pour parler des enjeux de la production éléctrique, en assurant : «Schneider répond à ce défi». C’est le sens de 110 millions d’euros d’investissements. «Schneider c’est 190 ans d’histoire avec un grand H. L’entreprise innove et construit. Schneider et la Saône-et-Loire font la fierté de la France».
Après la séquence au Pavillon de l’Industrie et une visite guidée menée par Jean-Luc Gisclon, le Président de l’Académie François Bourdon, Sébastien Martin a terminé sa première visite ministérielle, par un passage à Hub&Go (à lire plus tard sur creusot-infos).
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)
Voir l’intégral des discours de David Marti, Aymeric Renaud et Sébastien Martin sous les photos.



























David Marti
«Nous vous accueillons aujourd’hui au Creusot, au cœur de la Communauté Urbaine Creusot Montceau, pour un temps qui fait écho à une histoire longue, mais aussi à des enjeux très actuels pour la France.
L’histoire de cette ville est multi-ceculaire.
D’abord lieu-dit « Le Crosot » rattaché à la baronnie de Montcenis, ce simple hameau à l’époque se retrouve choisi comme site d’implantation d’une fonderie royale, puis par un acte de 1786 comme manufacture des cristaux de la Reine.
C’est en 1790 que « Le Creuzot » est érigé en commune, signe de l’importance qu’elle a prise sur le plan industriel et économique pour l’époque.
Il y a près de deux siècles, en 1836, les frères Schneider ont fait le choix de s’implanter ici. Ce choix n’était pas seulement économique. Il reposait sur une conviction : celle qu’un territoire, ses compétences, sa capacité à produire et à innover pouvaient constituer un socle durable de développement industriel.
La relation entre Schneider et le Creusot s’est construite dans le temps long. Elle a traversé des mutations profondes, des cycles industriels, des ruptures technologiques. Elle a contribué à structurer une culture industrielle exigeante, faite de savoir-faire, de transmission et d’adaptation permanente. Je n’en dirai pas davantage à ce stade, puisque cette histoire vous sera présentée plus en détail lors de la visite guidée qui suivra.
Aujourd’hui, cette histoire n’appartient pas au passé. Elle éclaire le présent.
La Communauté Urbaine Creusot Montceau est un territoire industriel en activité, engagé dans les transformations contemporaines de l’économie productive, durable et responsable, au service de la souveraineté nationale et européenne.
Le développement que nous connaissons repose sur des filières industrielles solides, sur la qualification des compétences, sur l’innovation, et sur une capacité collective à accompagner les mutations, notamment celles liées à l’énergie, aux mobilités et à la décarbonation.
Ces enjeux sont centraux. Ils concernent directement l’avenir industriel du pays, sa souveraineté, sa capacité à produire, à se projeter et à sécuriser ses approvisionnements.
Les orientations récemment rappelées au niveau national en matière d’énergie et d’industrie, en particulier sur le rôle structurant de l’électricité décarbonée et du nucléaire, trouvent ici un écho particulier. Elles rejoignent des réalités territoriales déjà à l’œuvre : une industrie attentive aux questions énergétiques, un tissu économique conscient des impératifs de transition, et un territoire qui travaille depuis plusieurs années sur ces sujets de manière concrète et pragmatique.
Cette convergence entre orientations nationales et dynamiques locales crée un cadre favorable. Elle apporte de la lisibilité et de la stabilité aux acteurs industriels qui s’inscrivent dans le temps long.
Ce dynamisme industriel et territorial repose avant tout sur des femmes et des hommes. Des chefs d’entreprise, des salariés, des ingénieurs, des techniciens, des chercheurs, des formateurs, des universitaires, mais aussi des acteurs de l’insertion, de l’accompagnement, du monde associatif et de l’économie sociale et solidaire.
Toutes et tous contribuent, chacun à leur place, à faire vivre l’industrie et plus largement le développement du territoire.
Je veux ici les remercier. C’est grâce à leur travail, à leur engagement, et à la confiance qu’ils accordent au territoire et à l’action collective que la Communauté Urbaine Creusot Montceau est aujourd’hui ce qu’elle est : un territoire attractif qui avance, qui se transforme et qui se projette.
Dans ce contexte, le Creusot et la Communauté Urbaine Creusot Montceau assument clairement leur vocation industrielle. Ils disposent de compétences reconnues, d’infrastructures adaptées, d’un écosystème partenarial structuré, et d’une capacité à accompagner les projets de développement industriel.
Parce que c’est ici que l’histoire de l’épopée industrielle Schneider a commencé, parce que ce territoire continue à porter une culture industrielle forte, il est naturel que le Creusot et son territoire se tiennent prêts à accompagner, le moment venu, les projets de développement que Schneider Electric pourrait souhaiter inscrire dans la durée, ici même ou à l’échelle communautaire.
Dans quelques instants, après les prises de parole qui vont suivre, nous engagerons ensemble la visite du Pavillon de l’Industrie. Elle nous conduira ensuite au Hub&Go, au Creusot
Ce lieu est dédié à l’accompagnement des transformations industrielles et à l’émergence de toutes les formes d’innovation.
Il permet de faire dialoguer entreprises, acteurs publics, centres de formation et porteurs de projets, afin de passer des intentions aux réalisations concrètes.
Il traduit une conviction simple : l’avenir industriel se construit collectivement, au plus près des territoires, dans la capacité à accompagner les mutations voir les anticiper.
Je vous remercie de votre présence et de l’attention portée à ce territoire industriel, à son histoire comme à son avenir.
Et je vous donne rendez-vous dans 10 ans pour célébrer ici même les 200 ans de l’histoire industrielle Schneider».
Aymeric Renaud
«C’est un privilège de prendre la parole ici, au cœur du Pavillon de l’Industrie, dans ce Château de la Verrerie que les frères Schneider ont acquis en 1836 pour en faire à la fois leur résidence et le centre stratégique de leur jeune entreprise.
Depuis près de deux siècles, ce lieu raconte l’alliance singulière entre un territoire et une ambition industrielle.
Ici, chaque pierre raconte une histoire ; chaque salle, chaque perspective porte l’empreinte de près de deux siècles de transformations industrielles et humaines.
Ce pavillon n’était pas seulement un lieu d’exposition : c’était un espace où l’on expliquait le progrès, où l’on donnait à voir les machines, les savoir-faire, les innovations.
Un lieu où l’on affirmait que l’industrie n’avait rien à cacher qu’elle était, au contraire, une fierté à partager.
Hier, on y présentait des locomotives naissantes, des pièces forgées, des prouesses métallurgiques qui faisaient la renommée du Creusot jusque dans les Expositions universelles, où Schneider disposait de son propre pavillon et exposait même une réplique du fameux marteau-pilon de Bourdon.
Aujourd’hui, ce pavillon permet de rendre accessible l’industrie pour tous et, je l’espère, susciter des vocations.
Commencer ce discours ici, c’est donc bien plus qu’un symbole.
C’est reconnaître que ce lieu n’est pas tourné vers le passé, mais qu’il est un pont : un pont entre ce que nous avons été, ce que nous sommes, et surtout ce que nous allons devenir.
Le 25 août 1836, les frères Schneider achètent les forges du Creusot.
Quelques mois plus tard, le 21 octobre, la société Schneider & Cie est officiellement créée. Et le 1er janvier 1837, ils prennent physiquement possession des lieux.
C’est une scène fondatrice : deux hommes, une vision, et cette conviction que la France allait entrer dans une ère nouvelle, faite de machines, de vapeur, d’acier, une ère où l’industrie ne serait pas un simple secteur économique, mais une force nationale.
Très vite, cette vision se concrétise.
En 1838, Schneider fabrique ici l’une des premières locomotives françaises, La Gironde. En 1841, François Bourdon invente le marteau-pilon à vapeur, prouesse technologique qui devient l’un des symboles des Expositions universelles de 1878.
Si Le Creusot a façonné Schneider, Schneider a façonné Le Creusot. Au point qu’en 1856, certains habitants proposent de renommer la ville... Schneiderville.
Ce n’est pas anecdotique.
C’est le signe qu’ici, l’industrie n’était pas seulement une activité : elle était une identité, une collectivité, un destin.
À la fin du XIXe siècle, ce site devient l’un des plus grands complexes sidérurgiques d’Europe : 10 000 ouvriers.
Schneider participe à chaque Exposition universelle, expose ses machines, incarne la puissance technique française.
Et lorsque la France traverse des périodes d’épreuves, l’entreprise répond présent.
Mais l’histoire industrielle n’est jamais linéaire.
En 1984, la liquidation de Creusot-Loire marque l’une des plus grandes faillites industrielles de notre pays : plus de 7 000 emplois concernés, 1 576 supprimés, un choc national.
Le Creusot doit se réinventer.
Et Schneider doit, lui aussi, se transformer en profondeur.
L’entreprise abandonne progressivement la sidérurgie, réorganise ses activités, quitte la logique des conglomérats, se recentre sur un nouveau cœur : L’électricité, l’automatisation, la distribution, puis le numérique.
Après l’âge du métal vient l’âge de l’électricité.
Après l’âge des usines verticales vient l’âge des réseaux, des systèmes, des automatismes. Après l’âge du marteau-pilon vient l’âge du contrôleur logique programmable Modicon, inventé en 1968 et devenu une brique fondatrice de l’automatisation industrielle moderne.
C’est une mue totale.
Un renversement stratégique.
Un pari.
Mais surtout : une réussite.
Schneider n’a pas seulement survécu.
Il a grandi, s’est internationalisé, s’est renforcé grâce aux intégrations de Merlin Gerin, Square D, Telemecanique ces trois marques qui ont enrichi notre expertise mondiale dans l’électricité, l’automatisation et les systèmes critiques.
En 1997, avec Modbus/TCP, Schneider introduit l’Ethernet dans l’usine, ouvrant la voie à ce que l’on n’appelait pas encore « l’industrie 4.0 ».
Bref, à chaque grande révolution industrielle, vapeur, électricité, automatisation, numérique, Schneider a toujours été là.
Comme acteur.
Comme inventeur. Comme transformateur.
Aujourd’hui, en 2026, nous entrons dans une révolution encore plus silencieuse mais plus profonde : l’IA appliquée à l’énergie, à l’industrie, aux bâtiments, aux infrastructures.
Il y a 10 ans, personne n’aurait imaginé Schneider en acteur majeur de l’intelligence artificielle. Il y a 190 ans, personne n’aurait imaginé l’électricité elle-même.
Et pourtant, nous voilà.
Une entreprise née des forges, qui aujourd’hui :
• modélise des systèmes énergétiques en temps réel,
• optimise des réseaux électriques par algorithmes,
• pilote des sites industriels grâce à la donnée,
• développe des jumeaux numériques,
• sécurise des infrastructures critiques par IA embarquée.
Ce n’est pas un hasard.
C’est la conséquence directe d’une culture : la culture Schneider : innover et se transformer.
La nouvelle génération d’usines Schneider est :
• entièrement électrifiée,
• engagée dans une démarche Net Zero,
• équipée de recyclage des eaux de pluie,
• dotée de panneaux solaires,
• pilotée numériquement pour optimiser l’efficacité énergétique,
• conçue pour être propre, silencieuse, efficiente, attractive.
L’industrie moderne est l’un des leviers les plus puissants pour répondre aux défis climatiques. Au Creusot, nous savons depuis 1836 que l’industrie peut transformer un territoire. Aujourd’hui, elle peut le transformer durablement.
Ici, au Creusot et plus largement en Bourgogne-Franche-Comté, nous restons un industriel profondément ancré localement, qui contribue au rayonnement économique bien au-delà de ses propres murs. Cela passe par des partenariats industriels solides, notamment avec des acteurs majeurs comme Framatome, avec lesquels nous partageons des exigences élevées en matière de qualité, de sûreté et de compétences, au service de la filière nucléaire, filière stratégique pour la France. Cela passe aussi par un engagement constant aux côtés des acteurs institutionnels du territoire, comme l’antenne locale de l’UIMM, pour anticiper les besoins en compétences, accompagner les parcours de formation et préparer les métiers industriels de demain, ou encore le MEDEF régional, avec lequel nous travaillons à renforcer l’attractivité économique et industrielle de la région. Ces coopérations disent une chose simple : la performance industrielle durable se construit collectivement, dans l’écosystème, et c’est ainsi que Schneider continue, 190 ans après sa naissance au Creusot, à faire rayonner son territoire autant qu’il s’en nourrit.
Le Creusot a vécu les heures glorieuses, les périodes sombres, les renaissances.
Il a été frappé, parfois durement, mais il ne s’est jamais résigné.
Parce que cette ville porte en elle la même force que Schneider lui-même : la capacité à se transformer sans renier ce qui la fonde.
Mesdames et Messieurs,
190 ans, pour une entreprise, c’est exceptionnel.
190 ans, pour une histoire commune entre un territoire et une industrie, c’est unique.
De 1836 à 2026, Schneider a été :
• un pionnier de la sidérurgie,
• un bâtisseur d’infrastructures,
• un inventeur d’automatismes,
• un architecte de l’électrification,
• un leader du numérique,
et aujourd’hui un acteur majeur de l’IA énergétique.
À chaque révolution, Schneider était au rendez-vous.
Notre responsabilité, aujourd’hui, est simple : honorer cet héritage non pas en le regardant, mais en le prolongeant.
Car c’est bien là l’ADN même de Schneider, tout comme celui de ce territoire du Creusot, historiquement porté par la filière nucléaire.
Un secteur exigeant, structurant, qui a profondément marqué l’histoire industrielle de notre pays et contribué à son rayonnement international.
Un secteur qui, aujourd’hui encore, évolue, se modernise, se transforme et qui retrouve un second souffle à la lumière des récentes annonces du Premier Ministre en faveur de la souveraineté énergétique et industrielle de la France.
Ainsi, comme l’histoire de l’industrie française est loin d’être terminée, celle du Creusot et celle de Schneider Electric se projettent résolument vers l’avenir.
Un avenir fait de nouvelles transitions, de nouvelles technologies, de nouveaux usages, qu’ils soient conçus aujourd’hui, au plus près des Alpes, dans nos centres de recherche et développement, ou qu’ils restent encore à inventer.
Car depuis 190 ans, Schneider n’a jamais seulement accompagné les mutations : il les a anticipées. Et c’est avec cet esprit, fidèle à nos racines et tourné vers l’horizon, que nous continuerons à écrire la suite de cette histoire.
Sébastien Martin
«Quelle belle manière de commencer la semaine !
C’est un honneur et une joie pour moi d’être ici, dans ce lieu emblématique qu’est le Pavillon de l’Industrie.
Ce musée n’est pas seulement un espace d’exposition : il raconte l’histoire d’un territoire, d’une famille et d’une entreprise qui ont profondément marqué l’industrie française. Il est le témoignage vivant de l’audace de quelques hommes et de femmes, et de la capacité d’une ville à grandir avec son usine.
Le Château de la Verrerie, ancienne manufacture royale des cristaux et émaux, transformé par les Schneider en résidence patronale, illustre cette continuité. Ici, l’industrie n’était pas seulement une activité économique : elle était un projet de société.
Alors les collections, les cristaux, les maquettes de locomotives et d’ateliers, les documents d’époque… tout ici montre que le Creusot est né de l’industrie, il a grandi avec elle, et que cette histoire se continue aujourd’hui.
La maxime « Comprendre hier pour imaginer demain », qui est celle de ce Pavillon, je voudrais l’emprunter aujourd’hui parce qu’elle correspond aussi parfaitement à ce que nous célébrons avec Schneider Electric.
En 1836, lorsqu’Adolphe et Eugène Schneider reprennent une fonderie au Creusot, ils ne savent pas encore qu’ils vont écrire une page majeure de l’histoire industrielle de la France.
Mais très vite, leur entreprise devient un acteur incontournable de l’acier, des machines lourdes et du transport, façonnant non seulement l’industrie mais aussi le territoire autour d’elle.
Pour mesurer l’ampleur de cette ambition, il faut se dire qu’au début du XXᵉ siècle, le Creusot employait plus de 15 000 personnes et produisait les locomotives, les canons et les machines industrielles qui équipaient toute l’Europe.
On raconte pourtant qu’au départ, certains ingénieurs doutaient de la capacité des Schneider à tenir face aux géants de l’acier.
Et malgré cela, ils ont prouvé que tenir bon et transformer les obstacles en opportunités pouvait devenir la règle.
Cette capacité s’est vérifiée à plusieurs reprises, sous la direction d’Adolphe et d’Eugène, puis sous celle d’Henri, Eugène II ou Charles Schneider.
Pendant la guerre de 1870, l’usine est menacée et les stocks d’acier réquisitionnés. Schneider réorganise ses ateliers et continue à produire, tout en contribuant à l’effort national.
Quelques décennies plus tard, la grande grève de 1899 impose de fortes tensions sociales, mais l’entreprise en tire une leçon durable, en investissant dans le dialogue et dans la formation des ouvriers.
Puis vint la crise économique mondiale des années 1930. Schneider rationalise sa production, développe de nouvelles gammes d’appareils électriques et diversifie ses marchés.
À chaque fois, la leçon est la même : les crises ne sont jamais seulement des épreuves, elles sont l’occasion de se réinventer.
Et à travers les tempêtes comme les périodes plus calmes, Schneider n’a jamais seulement produit au Creusot.
L’entreprise a façonné la ville, les écoles, la vie sociale et ouvrière. Elle a inventé ce que l’on appelle aujourd’hui le paternalisme industriel : crèches, logements pour les ouvriers, bibliothèques…
Chez Schneider et au Creusot, l’industrie est un projet de société pensé dans toutes ses dimensions : le quotidien des hommes et des femmes, leur mobilité, leurs logements, la cohérence entre vie professionnelle et vie personnelle.
Aujourd’hui, les temps ont bien changé et les grandes heures du paternalisme industriel sont derrière nous mais pour autant, je crois profondément au fait que l’industrie a besoin de salariés qualifiés, d’écoles de formation, d’infrastructures qui rendent la vie de chacun plus cohérente et plus équilibrée.
Et dans ce combat, Schneider est la preuve qu’assumer sa responsabilité économique, sociale et territoriale, c’est aussi garantir la résilience et l’avenir de l’industrie.
C’est dans cet esprit que Schneider a accompagné toutes les révolutions industrielles.
Au XIXᵉ siècle, ce fut la vapeur, l’acier et le charbon.
Au XXᵉ siècle, l’électrification, la mécanique de précision et l’automatisation ont transformé les métiers et les chaînes de production.
Aujourd’hui, au XXIᵉ siècle, la révolution est numérique, électrique et énergétique : données, cybersécurité, robotisation, transition énergétique. Les métiers changent, les compétences évoluent, mais une exigence reste constante : l’excellence industrielle.
Schneider Electric est aujourd’hui bien positionné pour répondre à tous ces défis : quitter les énergies fossiles, développer de nouveaux métiers, reconvertir des savoir-faire, sécuriser des infrastructures critiques. Au fond, c’est la traduction moderne de ce qui a toujours fait sa force : anticiper, innover et investir pour demain.
Ce matin, nous avons visité vos usines, Monsieur le Président, celle de Champforgeuil et de Mâcon. Elles s’inscrivent toutes les deux dans le défi de l’électrification.
La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie met au cœur de notre souveraineté industrielle l’enjeu de l’électrification.
Comme à chaque fois, au cœur de notre Histoire, je sais que Schneider Electric répondra aux défis. Elle le fera en continuant à s’inscrire dans tous nos territoires.
Je me réjouis de l’annonce faite lors de Choose France 2025, avec plus de 110 millions d’euros investis dans trois sites français, dont celui de Mâcon.
Ces investissements ne se résument pas à des chiffres : ils font vivre nos territoires, créent des emplois qualifiés, renforcent l’expertise industrielle française et offrent aux jeunes l’opportunité de se former à des métiers d’avenir.
Mesdames, Messieurs,
Aujourd’hui, nous célébrons 190 ans d’histoire, mais surtout une entreprise qui a traversé les épreuves, qui continue d’innover et qui continue de construire.
La première révolution industrielle a fait la puissance de la France.
La nouvelle révolution industrielle fera sa souveraineté.
Schneider a accompagné l’émergence de l’industrie française, et aujourd’hui, il accompagne sa transformation.
Alors, le travail est devant nous, mais je vous remercie pour votre engagement, je vous remercie pour votre ambition, et je vous remercie pour 190 ans plus tard, le nom de Schneider, et donc de ce département auquel je suis tout particulièrement attaché fasse toujours la fierté de l’industrie française.
Vive Schneider Electric,
Vive l’industrie,
Et vive la France. »