
L’actuel leader de l’opposition demande un débat avec David Marti et les autres candidats. Il annonce aussi que s’il est élu il renoncera à son indemnité de Maire.
Ce n’est pas vraiment une surprise, car cela fait des mois que Charles Landre a engagé sa campagne. Après être allé à la rencontre des Creusotins, et après des ateliers pendant tout l’automne, c’est donc ce jeudi 15 janvier qu’il a officialisé sa candidature aux municipales au Creusot. Avec un chiffre : Il annonce renouveler son équipe à 90%.
Après Didier Laubérat en septembre, puis le Maire sortant David Marti, et le candidat du Rassemblement National Johnny Désiré, Charles Landre est donc le quatrième à se placer sur la ligne de départ, avant le sprint final qui va emmener tout le monde jusqu’au 15 mars, pour compenser.
Faut-il attendre une cinquième liste ? C’est Lutte Ouvrière qui a sans doute la réponse, car on ne voit pas vraiment une autre liste émerger sur Le Creusot.
«J’ai respecté le calendrier que j'avais donné, puisqu'on a entamé en janvier 2025 tout un projet collectif pour construire un projet. C'était vraiment notre volonté de construire un projet et d'aller voir les Creusotins. On a fait deux portes à porte. On a fait plus de 30 réunions publiques et peut-être 70 réunions sur l'année pour avoir un projet qui est municipal, qui est complet, qui est chiffré, qui sera d'ailleurs présenté comme tel aux Creusotins», avance Charles Landre. Il annonce la présentation de sa liste pour la 1ère quinzaine de février.
«En finir avec 50 ans d'une même gestion»
«Je me présente évidemment pour gagner. Je ne suis pas là dans la candidature de témoignage. J'ai croisé, j'ai rencontré beaucoup de creusotins au cours de l'année précédente qui m'ont dit, si je dois résumer, «il est temps, il est temps que ça change ! Oui il faut changer et en finir avec 50 ans d’une même gestion»
Candidat aux municipales en 2014, puis en 2020, Charles Landre dresse le bilan de dix ans de David Marti : « La ville continue de perdre de sa population chaque année, on a sur la CUCM le plus mauvais taux de chômage de Bourgogne, et il va rester 2 médecins généralistes… Je me présente pour rassembler tous les creusotins qui veulent mettre fin à 50 ans de gestion par la même équipe et qui comprennent qu'on est dans une situation, un tournant historique pour la ville qui est aujourd'hui juste au dessus des 20 000 habitants».
«Tansformer c'est d'abord réparer»
Charles Landre veut «transformer Le Creusot. Transformer ce n'est pas casser, c'est d'abord réparer ce qui ne fonctionne pas. Comme la santé qui est pour moi la première des urgences. Car je le répète, il restera deux médecins généralistes dans quelques semaines et il est temps que la mairie se saisisse de ce sujet à bras le corps. Je rappelle que j'ai fait de nombreuses propositions sur le sujet».
Le candidat parle ensuite que «la sécurité pour laquelle il faut sortir du refus de mettre en place une politique de sécurité publique municipale. Il faut sortir du dogmatisme porté par l'équipe municipale et mettre enfin les moyens pour assurer la sécurité partout au Creusot et je serai très ferme là-dessus».
Se déclarant très soucieux du quotidien des habitants, Charles Landre prône de réparer une ville qui « est à l'abandon. Il y a des quartiers du Creusot qui sont à l'abandon. Donc, il faut un vrai programme des réfections, de rénovation de la ville et qui s'articule autour d'un urbanisme, d’une politique urbaine, politique d'aménagement de la ville, qui soit cohérente».
«Mettre fin à la gabegie»
Le candidat ne ménage pas le Maire sortant : «transformer c'est réparer, c'est aussi mettre fin à la gabegie qu'on a constatée malheureusement encore ces six dernières années avec des investissements qui, d'abord pour moitié n'ont pas été réalisées.
Et puis, quand ils ont été réalisés, ils ont eu des dépassements scandaleux. Je pense à la place Schneider, 4,5 millions contre 1,8 million ; Mais aussi au site à Hub&Go avec 16 millions d'euros, au lieu de 5 millions !»
Et d’affirmer : «Je veux qu'on remette une meilleure gestion dans la ville et qu’on sorte aussi de ce système de fiscalité confiscatoire qui a été instauré au Creusot.
C'est pour ça que je me suis engagé de baisser la taxe foncière de 2% dès la première année ; de ramener la cotisation foncière des entreprises qui s'applique aux commerçants, aux artisans et aux petites entreprises, au niveau d'avance son augmentation !»
Dans la foulée, Charles Landre lance : «le cœur du projet, c’est faire du Creusot une ville vivante, une des villes les plus vivantes de France,. Avec, tout au long de l'année, une vie culturelle riche qui fait battre le cœur de la ville, avec une politique sportive qui accompagne enfin les clubs vers la réussite, et puis une ville aussi qui se concentre sur le fait qu'il faut qu'il y ait un centre-ville qui soit animé et où chacun puisse trouver sa place tous les âges de la vie et que notamment les plus jeunes puissent rêver. Et ça c'est quelque chose de très important pour moi.
On a ici tout pour réussir, maintenant il faut qu'on fasse vivre la ville pour que ceux qui, notamment ceux qui travaillent ici, aient envie de s'y installer».
Le leader de l’opposition au conseil municipale enchaine : «J’ai une expérience de 12 ans et chacun peut voir que j'ai défendu tous les sujets que j'évoque avec constance. Que ce soit au conseil municipal ou au conseil communautaire. Je vis, je travaille ici et je rencontre finalement les mêmes joies et les mêmes difficultés que les creusotins. A 37 ans, je pense que j'ai toute l'énergie pour porter un projet de renouveau très clair pour la ville».
«Nous avons chiffré nos propositions et nous avons un projet ambitieux»
Et pour mieux rentrer dans la campagne, Charles Landre formule une demande… «Oui je demande un débat avec Monsieur Marti et avec les autres candidats. A la date de leur choix !». Il poursuit : «Je souhaite que l’on puisse confronter les projets. Je ne veux pas être un Maire qui gère, mais un Maire qui transforme. Nous avons chiffré nos propositions et nous avons un projet ambitieux pour la ville. Car il faut vraiment transformer cette ville. Il faut innover comme ses entreprises innovent».
Au rang des innovations, Charles Landre lance : «Je m’engage si je suis élu maire, à ce que soient en accès libre l’ensemble de mes notes de frais, des élus et des services. Et à titre personnel, je renoncerai à mon indemnité de Maire. Je suis chef d’entreprise, je continuerai mon activité professionnelle en l’organisant différemment».
Alain BOLLERY