
La concertation publique a été lancée mardi soir au Creusot pour la réalisation de Forge+ un investissement de 579 millions d’euros. Sébastien Martoïa le directeur de Framatome a annoncé l’ouverture d’une école d’usinage, tandis que le décret pour les 8 EPR supplémentaires est attendu dans les jours à venir.

La grande salle du Foyer de la Mouillelongue était bien garnie, mardi soir, pour le lancement de la concertation continue au sujet du projet Forge+ porté par Framatome, avec l’appui logistique de RTE.
Une belle affluence donc, saluée par David Mart, maire du Creusot et Président de la Communauté Urbaine, qui a prononcé quelques mots d’accueil, se félicitant de l’intérêt porté au projet. Mais réserver électorale oblige, lui et les autres politiques ont été invités à ne pas parler plus, par Marion Fury, qui suit le dossier pour la CNDP, la commission nationale du débat public.
La réunion de mardi soir, a surtout confirmé beaucoup de choses que l’on savait déjà. Avec cependant des informations sur le calendrier de l’année à venir, une date à l’horizon pour le débat public… Mais aussi la confirmation par Framatome de l’ouverture, au Creusot, d’une école d’usinage intégrée dans les ateliers du numéro un du nucléaire.
A.B.
Pourquoi une concertation continue ?
«Vous avez débattu sur l’opportunité du projet. Le maitre d’ouvrage a décidé de poursuivre le projet, ce qui enclenche une concertation continue. Une synthèse sera effectuée à la fin, ou au moins une fois par an. Ensuite, ce sera une enquête publique, quand le projet sera pratiquement bouclé».
Marion Fury a précisé que depuis le début de l’été il y a eu onze rencontre. Le bilan peut être consulté sur le web de la CNDP «avec des demandes et de recommandations».
Concernant l’opportunité, la concertation a fait apparaitre des controverses sur la politique énergétique, sur la viabilité économique sur le nucléaire, avec des incertitudes sur les débouchés
Il y a eu un large accord sur la souveraineté. Des préoccpuations sont apparues sur l’instabilité politique. Mais un décret pour 8 EPR supplémentaire est attendu dans les prochains jours».
Les premières réunions ont souligné «l’importance sur l’ancrage, en association les entreprises locales. Les retombées ont été jugées positives. Ave cependant une préoccupation sur les appels d’offres, pour savoir si les entreprises locales ou régionales en bénéficient. Préoccupation encore concurrence sur l’emploi etles risques de débauches».
Pour les 1000 personnes qui ont participé, le projet est important pour faire connaitre l’image industrielle, avec besoin de renforcer la formation locale, avec des infrastructures d’accompagnement».
Environnement
Les échanges ont relevé :
Avantage de l’installation sur une friche industrielle
Un besoin d’intégration paysagère, avec une qualité architecturale des bâtiments.
Une inquiétudes sur la gestion de l’eau, sur l’air et les sols, avec la présence d’éventuels poluants hérités du passé.
Inquiétudes sur les mesures compensatoires.
Concernant le cadre de vie :
Consensus sur la saturation du trafic routier, avec une demande de maintien des ciruclations piétonnes et cyclistes avenue Bachelard.
Manque de logements.
Quels impacts environnementaux pour les raccordements
Quid des espèces d’oiseaux
Une école d’usinage très vite
Sébastien Martoia, directeur de Framatome au Creusot, s’est félicité d’avoir vu un peu plus de 1000 participants, avec beaucoup de visiteurs sur le site internet.
«On a retenu la qualité des échanges qui ont été de très très bonne qualité, avec un socle important d’informations. Les contributions relèvenet que le projet est importante pour la souveraineté industrielle et énergétique».
L’implantation ici permet d’ancrer encore plus l’industrie
Travailler sur les retombées économiques
Concernant l’impact sur l’attractivité du territoire, «Oui c’est la relance du nucléaire. Les choses s’orientent favorablement. L’enjeu c’est la cohabitation avec les riverains, avec un impact, comme la chaleur.
Oui il y a le sujet de la concurrence, avec risque de déstabilisation.
Un bâtiment qui réponde à la fierté industrielle du Creusot
Pascal Angelvin, le responsable du projet Forge+ pour Framatome, ne manque pas de souligner : «On a entendu les messages sur un beau bâtiment qui s’intègre et qui réponde à la fierté industrielle du Creusot.
On prête attention pour une bonne circulation, des piétons jusqu’aux poids-lourds, en passant par les deux roues?
Concernant l’attractivité, avec plus de 200 nouveaux arrivants, oui attention à la santé, à la scolarité, aux enfants, aux logements.
Pour les retombées su rle territoire, oui on a entendu qu’il faut penser aux entreprises locales et régionales.
Pour le recrutement et la formation, on a vu que beaucoup d’organismes sont prêts à nous aider.
Enfin, sur les aspects environnement, on a le souci des rejets, de l’eau et du bilan carbone».
RTE veut limiter les impacts
Emmanuelle Geoffrey, pour RTE, confirme que «les études ont été lancées pour que le raccordement électrique corresponde au mieux aux besoins, avec l’évitement des zones boisées et habitées ; avec un regrouement d’infrastructures
Plus de 10 mois de concertation
Concernant la concertation continue, elle va s’étaler dans le temps. On va la prolonger sur toute l’année 2026 avec ensuite l’enquête publique. On va organiser d’autres rencontres.
«On est attaché à maintenir le lien avec le monde éducatif, avec l’accueil d’étudiants, dès le 26 février, pour des étudiants de l’IUT. On va parler des marchés, expliquer comment on passe nos marchés.
Un point fort ensuite : Recrutement et formation : «On réunira tous les acteurs pour voir comment on forme et on recrute»
En juin on parlera de l’environnement, sur tous les enjeux et comment on les a traduits dans les marchés.
Octobre : On pense qu’on pourra parler de la géométrie du bâtiment et la gestion du chantier de construction
«Tout au long de l’année, vous aurez l’occasion d’organiser des débats. Avec aussi les cahiers d’acteurs».
Des questions et des réponses
Jean-Luc Mercier de l’unsion départementale CGT a été le premier à demander la parole : «Je m’interroge sur les formations pour 200 salariés. Je dis plutôt 200 familles. Je rappelle qu’il y avait un lycée professionnels. Il faut aussi penser aux départs en retraite qui vont arriver à Creusot Forge.
Dans un autre domaine, il y a un vrai problème de médecins dans le pays et donc au Creusot, mais aussi de crèches et de garderie. Il faut regarder tout cela.Il y a des questions sur la vibration, la chaleur, et le bruit. Où en êtes vous».
Danièle Picard a poursuivi : «Ma questions concerne les personnes qui ne sont pas aujourd’hui concernées par l’emploi. Que prévoyez pour les personnes qui ont besoin d’insertion».
Un Autunois a lui fait part de sa réflexion : «Attention au canibalisme entre les entreprises ; On n’a pas de compétences chez nous. Il faut sans doute penser à ce vivier».
Une école d’usinage à l’horizon de début octobre
Sébastien Martoöa s’est chargé d’apporter des éléments de réponse : «On a parlé de plus de 200 personnes, avec des métiers spécifiques, comme les forgerons. C’est pour cela que l’on doit accompagner et former des personnes.
Pour ce qui concerne l’insertion, oui on veut accompagner pour réinsérer. Notre probélmatique, c’est d’avoir des tuteurs.
Deuxièmement, oui il faut accompagner.
Au niveau de Framatome on va lancer une école d’usinage qui ouvrira dès octobre, pour permettre à des jeunes de se former pour intégrer nos équipes. Vont être recherchés des profils « jeunes diplômés ». Pour des formats de formation de 6 mois. La première promotion devrait concerner douze personnes. Le choix du bâtiment de Framatome qui l’accueillera n’a pas encore été arrêté, indique Sébastien Martoïa, interrogé par creusot-infos.
Oui on est conscient des besoins et on veut se rapprocher des écoles.
Concernant la sous-traitance, l’objectif est tout garder sur un périmètre restreint, en s’appuyant sur les entreprises et en donnant de la sous-traitances pour les plus petites pièces
On parle de plusieurs centaines de tonnes pour certaines pièces, l’objectif est bien de les garder dans nos ateliers !»
A chacun son travail…
Pascal Angelvin a situé quant à lui les enjeux : «Nous Framatome on ne va pas construire d’hôpital, de logement, de crèche, mais travailler avec la ville et la communauté urbaine. Pour les logements, on travaille avec action logements. Mais on souhaite aussi motiver des investisseurs et promotteurs privés».
Les vibrations à l’oeil…
«Sur les nuisances, on a engagé beaucoup d’études sur les vibrations, pour voir d’où elles viennent et où est leur impact. On travaille avec des entreprises pour les diminuer, y compris pendant la construction.
Un plan d’action sur l’atténuation des vibrations de la presse est en cours. Les campagnes pour sonder le terrain se sont poursuivis : repérage de roche, sa qualité, jusqu’à 20 mètres de profondeur. Une étude bibliographique a été engagée pour savoir s’il peut y avoir des munitions sur le site : c’est très peu probable. D’autres campagnes de sondage auront encore lieu pour vérification. L’étude d’impact se poursuit.
Concernant le public éloigné de l’emploi : Notre ambition est d’accueillir des personnes qui veulent se réinsérer», poursuit Pascal Angelvin.
Préserver l’eau
Guy Desplanches alerte sur la préservation de l’eau : «On s’est aperçu que des industriels polluent l’étang Leduc. Qu’allez vous prévoir en amont et en aval, avec bassins de rétention ?»
Un ancien salarié a lui demandé : «Quelles formations dans les contrôles, notamment avec de l’emploi féminin ?»
Quelles sont les prochaines étapes importantes ?
Framatome a pour objectif de choisir, d’ici l’été, l’entreprise qui aura en charge la réalisation de la construction du bâtiment, figure d’un investissement exceptionnel, puisqu’il a été évalué, rappelons le, à 579 millions d’euros. Si tout va bien, avec le dépôt de tous les dossiers et les demandes d’autorisations multiples et variées, l’enquête publique devrait être lancée début 2027. C’est-à-dire dans moins d’un an.
Alain BOLLERY
Sur le feu de verse…
La nature des polluants sur le feu de verse a été engagée… Ont été trouvés, des traces d’hydrocarbures, des déchets de verre, faïences, mâchefers. L’objectif est d’arriver à un bilan équilibré en remblais sur l’ensemble du terrain.
Par ici la chaleur
Sur la question du réseau de chaleur au profit des habitations OPAC, l’entreprise va étudier la réutilisation de la chaleur. Transporter la chaleur sur une distance longue n’est pas évident. Il sera plus évident de réutiliser la chaleur dans les ateliers de l’entreprise.
Pour la construction
Les échanges ont concerné la question des entreprises partenaires : « entreprises mondiales mais d’origine française » a-t-on évoqué du côté de Framatome. Plusieurs entreprises de construction ont indiqué employé 80 % de main d’œuvre locale, critère important pour Framatome.
EM
Les chiffres à retenir de la concertation préalable
- 18 rencontres (réunions publiques, ateliers, visites, débats mobiles, etc.)
- 28 intervenants extérieurs à la maitrise d'ouvrage invités à s'exprimer en tribune lors des rencontres publiques
- 1061 participants aux rencontres organisées
- 259 questionnaires papier complétés par le public
- 841 visiteurs sur le site internet
- 10 questions déposées sur le site internet puis répondues
- 30 avis déposés sur le site internet
- 3 débats autoportés réunissant 68 participants
- 20 cahiers d'acteurs reçus











