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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
23/01/2022 03:17
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Jérémy Decerle «La France est une force de proposition pour l'Europe»

Le député européen considère que la présidence de la France à l'Union Européenne est une opportunité pour renforcer et l'Europe et la France. C'est ce qu'il dit dans une interview.
Il était présent ce matin au Creusot sur le marché de la place Schneider pour parler d'Europe (voir notre article ici). Le député européen Jérémy Decerle a abordé de nombreux sujets et a fustigé l'attitude des oppositions après le discours d'Emmanuel Macron à l'occasion du lancement de la présidence française de l'Union Européenne.
 
Que pensez-vous du discours d'Emmanuel Macron devant le Parlement Européen ?
JEREMY DECERLE : " Emmanuel Macron a été très clair, il n'a parlé que d'Europe. Il a dégagé trois axes : la démocratie, le progrès, la paix. Pour chaque axe, il a  proposé des actions concrètes. Par exemple pour la paix, il faut traiter le problème de la Russie. Pour la démocratie, il y a une vraie réflexion à engager. La Pologne doit être sanctionnée pour ses manquements à l'état de droit (justice, homosexuels, journalistes...). Pour le progrès, la question d'une sorte de SMIC harmonisé vers le haut est posée. Les questions environnementales sont aussi sur la table."


Il a dû essuyer le feu des oppositions...
" Quand Emmanuel Macron n'a parlé que d'Europe, les oppositions sont venues faire de la politique nationale et se sont trompées. Il faut d'abord se soucier de ce que la présidence française peut apporter, et il aurait donc été plus pertinent de proposer. Il faut voir ce que la France apporte comme idées, parce que la France est écoutée par ses partenaires européens. Elle doit rester une force de proposition. Et donc, ce que les oppositions ont fait était lamentable. Elles ont ramené le discours au niveau national et ont pris le risque de faire passer des messages contradictoires.
Au parlement européen, j'ai vu les discours de présidence d'Angela Merkel, du Portugal, de la Slovénie, je n'ai jamais vu de telles réactions de leurs oppositions. Clairement, à mon avis, les opposants à Emmanuel Macron n'ont pas marqué des points."

Comment se présente la réforme de la PAC ?
" On travaille dessus depuis deux ans, la nouvelle PAC sera mise en oeuvre en 2023. La première étape de son élaboration était de maintenir le budget malgré l'opposition de certains pays, ceux qui ont le moins d'agriculture. Il a été maintenu, c'est donc un succès. Une grosse part de la PAC sera dédiée au changement climatique. Il faut s'assurer que chaque exploitation passe le cap, ne laisser personne sur le carreau.
La PAC, c'est 9 milliards d'euros pour la France. Dans de nombreuses exploitations, c'est 100% du revenu. Bien sûr qu'on aimerait que ce soit différent et que chaque agriculteur puisse vivre de ce qu'il produit. La PAC doit donc également accompagner le retour de la valeur ajoutée dans les cours de fermes.
Parfois, certains agriculteurs me demandent s'il ne vaudrait pas mieux sortir de la PAC. Je leur dis très franchement : téléphonez à des agriculteurs anglais, et vous verrez ce qu'ils en pensent. Car je peux vous dire que les Britanniques regrettent leur choix."

Vous êtes là ce matin pour parler d'Europe aux gens. Concrètement, qu'est-ce que l'Europe apporte à la France ?
" Nous venons de parler de la PAC. En matière d'agriculture et de ruralité, il y aune grosse part d'Europe en Saône et Loire.
Il y a aussi le plan de relance : l'Europe a mis 750 milliards d'euros pour le plan de relance, dont 100 pour la France.
Et la crise sanitaire : l'Europe est le principal producteur et exportateur de vaccins au monde. La France n'aurait rien pu faire toute seule. Dans ce domaine, le covid a reboosté l'Union Européenne car sur la santé, nous étions plutôt "nationalistes".
Je peux aussi citer l'euro qui, quoi qu'on en dise, est une réussite puisqu'il a permis de maîtriser l'inflation et de ne pas connaître des situations telles qu'on en a vu dans les années 70. "
Propos recueillis 
par Christophe Bouillet