
L’écrivain généalogiste sera en séance de dédicace à Autun et au Breuil à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, ce mardi 23 décembre

Généalogiste, écrivain et vulgarisateur, Jean-Louis Beaucarnot publie un nouvel ouvrage : Dictionnaire amoureux de la généalogie. Un ouvrage personnel et passionné, à l’image d’un homme qui a consacré sa vie à faire aimer la recherche de ses origines.
Vous publiez aujourd’hui votre 40ᵉ livre. Que représente ce nouvel ouvrage pour vous ?
« C’est un livre très particulier. D’abord parce que c’est le quarantième, ce qui n’est pas rien, et ensuite parce qu’il s’inscrit dans une collection prestigieuse, le Dictionnaire amoureux. Il n’y avait encore rien sur la généalogie, et je trouvais que c’était dommage. La généalogie méritait son dictionnaire amoureux, et la collection méritait la généalogie.
C’est un ouvrage très personnel, mais qui n’est pas une autobiographie. J’y parle de la généalogie telle que je l’aime, telle que je l’ai vue évoluer, telle que je l’ai pratiquée pendant plus de quarante ans. »
Votre passion est née très tôt…
« Oui, très tôt. Je suis tombé dans deux marmites quand j’étais enfant : celle de l’écriture et celle de la généalogie. En cours élémentaire, j’écrivais déjà de petites histoires. Et à 11 ans, j’ai découvert la généalogie en voyant un arbre généalogique dans une bande dessinée du Journal de Mickey.
J’ai demandé à mon grand-père si ça existait vraiment. Il m’a montré un arbre de la famille, dressé avant ma naissance. Je n’y étais pas. Et je me suis dit : « Moi aussi, je vais en faire, et je serai dessus. » À partir de là, j’ai été contaminé. Une contamination incurable. »
Comment cette passion s’est-elle concrétisée ?
« J’ai commencé sur mes propres ancêtres, puis sur les familles du pays. J’allais aux archives communales, dans les mairies, parfois avec mon grand-père qui était maire. À 12 ou 13 ans, je connaissais parfois mieux les ancêtres des habitants qu’eux-mêmes.
Je remontais les générations, je découvrais les archives, je vivais littéralement dans le monde des arrière-grands-parents. C’était un terrain d’exploration extraordinaire. »
Vos débuts d’auteur n’ont pourtant pas été simples…
« Pas du tout. Quand j’ai voulu publier, j’étais jeune, inconnu, et la généalogie n’intéressait pas les éditeurs. J’ai donc publié à compte d’auteur un premier livre, tiré à 2 000 exemplaires.
Je les ai tous vendus en moins d’un an, mais en travaillant comme un fou : vente par correspondance, démarchage des librairies, dépôts en magasin… J’ai appris le métier sur le terrain. Cela m’a permis de me faire connaître, d’avoir un article dans Le Monde, puis de travailler à la radio. La généalogie commençait à devenir un sujet médiatique. »
Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce Dictionnaire amoureux ?
« C’est un livre qu’on ne lit pas de A à Z. On y entre par où l’on veut. Il y a des entrées attendues : ancêtre, archives, acte de baptême, patronyme; et d’autres beaucoup plus surprenantes.
Par exemple, j’ai une entrée odeur, parce que les archives ont une odeur très particulière, entre le moisi et le vanillé. J’ai une entrée ascenseur social, pour raconter les parcours de familles modestes qui, sur plusieurs générations, montent dans la société. Et puis il y a le toboggan généalogique, ces raccourcis étonnants qui vous relient soudain à Charlemagne ou à Saint Louis. »
Vous jouez aussi avec des entrées provocatrices…
« Oui, volontairement. J’ai une entrée bagnard, parce qu’autrefois, on avait honte de ce type d’ancêtre. Aujourd’hui, on le revendique presque. J’ai aussi voyeurisme ou échangisme.
La généalogie des personnalités publiques, par exemple, est souvent accusée de voyeurisme. Moi, je pense que c’est une façon de comprendre et d’humaniser. Quand on connaît le parcours des grands-parents d’un homme politique ou d’un pape, on comprend mieux ses engagements.
Quant à l’échangisme… les généalogistes ont tellement d’ancêtres en commun qu’ils s’échangent forcément des cousins !»
Pourquoi, selon vous, la généalogie passionne-t-elle autant ?
« Elle passionne ceux qui sont faits pour ça. La généalogie, c’est une école de la patience. Si on n’aime pas chercher, on abandonne très vite.
Et puis, c’est une quête identitaire. Il y a toujours, dans une vie, un moment où l’on est rattrapé par cette question : après un deuil, un divorce, un changement de vie. Certains y viennent tard, mais quand le déclic se fait, c’est souvent définitif. »
Internet, ADN, intelligence artificielle : la généalogie change-t-elle ?
« Complètement. Internet a tout bouleversé, l’ADN a ouvert de nouvelles portes, et l’intelligence artificielle est en train d’enfoncer la suivante.
L’IA peut aider à lire les écritures anciennes, à dépouiller des sources, à faire des synthèses, à suggérer des pistes de recherche. Elle ne va pas inventer un document disparu, mais elle peut faire gagner un temps considérable. C’est un outil formidable, à condition de garder son esprit critique. »
Et maintenant, quels sont vos projets ?
« Après un tel livre, j’ai besoin de souffler un peu. J’ai aussi plusieurs ouvrages pratiques à mettre à jour, car tout évolue très vite. Je fais également des lectures à voix haute, et je réfléchis à la manière dont les documents généalogiques pourraient trouver leur place dans ce type de projets.
La généalogie, de toute façon, n’a jamais fini de me surprendre. »
L’écrivain généalogiste sera en séance de dédicace à Autun et au Breuil à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, ce mardi 23 décembre de 14h à 16h à la librairie « promesse de l'aube » à Autun et de 17 à 19h à l'espace culturel Leclerc du Breuil.
Dictionnaire amoureux de la généalogie
Jean-Louis Beaucarnot
656 pages, Éditions PLON
Propos recueillis par Manon Bollery
