
Le patron anglais, le Dr Ehsan Sabet, était ce vendredi matin au Creusot pour annoncer sa décision de développer en France sa spécilité, au plus proche de deux de ses clients : SAFRAN et Turbine Casting. Avec un investissement de 7 millions d’Euros et un début d’activité en 2027 avec une vingtaine de salariés très qualifiés. A terme l’entreprise au Creusot travaillera pour le stockage de l’électricité…

Entre Le Creusot et Derby en Angleterre, il y a près de 2000 kilomètres à vol d’oiseau. Dès lors, on comprend que ce samedi en fin de matinée, le Dr Ehsan Sabet n’a pas trainé après la conférence de presse qui s’est tenue à Hub&Go…
Il avait un avion à prendre pour rentrer aujourd’hui et passer le week-end dans le centre de l’Angleterre, même s’il a apprécié la météo printanière du Creusot en cette première année du mois de mars.
Le soleil inondait Le Creusot et son site industriel pour une annonce qui à défaut d’être un rayon de soleil supplémentaire, est surtout une très très bonne nouvelle pour la cité du Pilon.
le Dr Ehsan Sabet a en effet décidé d’implanter au Creusot une inité de production d’impression 3D de la céramique. Et c’est ainsi que Le Creusot va devenir la capitale française de l’impression 3D céramique… Sans doute un clin d’oeil de l’histoire, car à la fin du 19ème, ce qui allait devenir le territoire de la Communauté Urbaine Le Creusot Montceau, était une des capitales de la céramique traditionnelle en France, avec l’usine Perrusson !
Le Creusot a séduit avec son éco-système
Un gros siècle et demi plus tard, Le Creusot va donc entrer dans une nouvelle dimension de la céramique, pour les besoins d’industriels, comme Safran ou Turbine Casting qui sont au rang des clients de l’entreprise anglaise AM-COE, ainsi que Dr Ehsan Sabet l’a précisé. Le choix du Creusot n’est pas anodin. «Au départ on nous avait dit d’installer notre usine française en région parisienne. Mais j’ai préféré Le Creusot et son éco-système», précise le dirigeant.
A Derby, AM-COE non seulement réaliser de l’impression 3D céramique, mais elle fabrique aussi ses imprimantes.
Il n’a pas prévu d’en fabriquer en France, car il considère qu’assez vite ce sont les Chinois qui les fabriqueront.
S’il a choisi Le Creusot, c’est qu’après être venu dans la cité du Pilon, il a eu l’honneur d’accueillir David Marti chez lui à Derby, avec Saliha Makhlouf… «J’avais plusieurs fois invité le Maire de Derby qui n’était jamais venu. Et là comme j’accueillais le Maire du Creusot il m’a envoyé une adjointe», souligne Ehsan Sabet dans un grand sourire, avec un humour très British.
Il va donc amener au Creusot une technologie et uns avoir faire anglais, là même où ce sont des ingénieurs anglais qui avait permis au Creusot de réaliser une première coulée de fonte au coke, ce qui a généré la révolution industrielle en France… C’est un autre clin d’oeil à l’histoire.
Aujourd’hui, on est entré dans le monde de la révolution numérique. Elle est aussi technologique et va conférer au Creusot un statut de capitale française, pour ne pas dire européenne, car il existe juste un petit concurrent à AM-COE en Autriche.
La Communauté Urbaine a vocation à s'ouvrir à l'international
«Ehsan Sabet a trouvé chez nous ce qu’il souhait et l’accompagnement qu’il escomptait pour son implantation. Il voulait en effet produire en circuit court pour ses principaux clients. Mais Ehsan Sabet est aussi un chercheur. Et il y a sur notre territoire une dimension recherche et innovation», met en relief David Marti. Et d’appuyer : «Le Creusot et la Communauté Urbaine ont vraiment vocation à s’ouvrir à l’international. Il y a du potentiel pour travailler ici, avec un savoir-faire qui est unanimement considéré comme exceptionnel».
L’entreprise établie à Derby s’appuie sur une décennie d’expérience. Elle fait fonctionner plus de 200 imprimantes 3D. C’est moins de cinquante pour son premier concurrent.
AM-COE, dans le centre de l’Angleterre travaille notamment pour Rolls-Royce. «Il faut bien comprendre que l’on réalise des pièces que l’on ne peut pas concevoir autrement qu’avec des imprimantes 3D céramique». L’entreprise est dans le Top 5 mondial des fabricants.
Des couches de 0,05 millimètre...
L’impression s’effectue par couches successives de 0,05 millimètre. Autant dire qu’il faut un paquet de couches.
Un des grands projets du Dr Ehsan Sabet concerne les batteries qui, à terme, seront fabriquées au Creusot. Avec de belles perspectives pour le compte des besoins d’EDF ou encore de Jimmy qui va s’implanter à CORIOLIS.
Au total, l’entreprise aura besoin, à terme de 3000 m2. «Ce sera au Creusot, il nous reste quelques réserves foncières», précise le Maire. Pourquoi pas aux abattoirs où il reste des bâtiments à démolir, pour faire place nette et reconstruire.
Le début du chantier de construction de l’usine pour AM-COE est prévu pour la fin de l’année, pour un début de production en 2027. Avec une vingtaine d’emplois très qualifiés au départ et à terme un effectif de 60 salariés quand les batteries seront en production.
Alain BOLLERY
Pour en savoir plusCe vendredi 6 mars 2026 au matin, le Dr Ehsan Sabet, Managing Director d’AM-COE et Associate Professor à Loughborough University (Wolfson School of Engineering), a annoncé officiellement le choix de la Communauté Urbaine Creusot Montceau pour l’implantation de son unité de production en France.
Cette décision s’inscrit dans la stratégie d’internationalisation de l’entreprise britannique et vient concrétiser des échanges engagés avec le territoire depuis 2025.
Le projet d’AM-COE illustre la capacité du territoire communautaire à accueillir des entreprises à dimension internationale, en phase de développement, recherchant à la fois un environnement industriel structuré, un écosystème de compétences et un accompagnement adapté aux spécificités des projets transnationaux.
Des échanges engagés dès 2025 et approfondis dans la durée
En juin 2025, le Président de la Communauté Urbaine Creusot Montceau et Maire du Creusot, David Marti, s’était rendu à Derby (Royaume-Uni) afin de rencontrer les dirigeants d’AM-COE et de visiter leur site de recherche et de fabrication. Cette rencontre avait permis d’identifier des perspectives de coopération et de présenter l’environnement industriel, académique et technologique du territoire communautaire.
Le 25 juillet 2025, la Communauté Urbaine Creusot Montceau a accueilli une délégation scientifique et industrielle d’AM-COE au sein du technopole hub&go, au Creusot.
Le temps écoulé entre ces premières rencontres et l’annonce officielle de ce jour a été mis à profit pour approfondir les échanges, analyser les besoins techniques et immobiliers de l’entreprise, étudier les conditions réglementaires et examiner différents scénarios d’implantation. Ce travail progressif a permis de sécuriser les bases du projet et d’en structurer les modalités opérationnelles.
Une activité spécialisée dans la fabrication additive et le stockage d’énergie
Basée à Derby, AM-COE (Additive Manufacturing Centre of Excellence) développe des activités dans les domaines de l’impression 3D céramique et des systèmes de stockage d’énergie. L’entreprise conçoit des matériaux avancés et des composants destinés notamment aux secteurs de l’aérospatial, de l’automobile, de l’énergie et de l’industrie.
Elle compte parmi ses partenaires industriels des entreprises telles que Jaguar Land Rover, Safran ou Doosan.
AM-COE dispose par ailleurs d’un centre de recherche dédié à l’impression 3D céramique au Royaume-Uni et exploite un parc important d’imprimantes industrielles.
Le territoire communautaire s’appuie par ailleurs sur un pôle universitaire et de recherche structuré, favorisant les synergies entre enseignement supérieur, recherche et industrie. Cet écosystème constitue un environnement propice à l’implantation et au développement d’entreprises innovantes, notamment dans les domaines des matériaux avancés, de la fabrication additive, de l’énergie et de l’intégration de solutions d’intelligence artificielle appliquées aux procédés industriels.
Un projet structuré en plusieurs phases
Le projet envisagé sur le territoire communautaire représente un investissement global estimé à environ 7 millions d’euros. Il se déclinera en trois phases :
• Phase 1 : une pré-implantation au Creusot avec l’installation d’une unité d’impression 3D céramique, nécessitant des locaux de 1 000 à 1 500 m2
• Phase 2 : une implantation pérenne, avec l’identification et l’aménagement de locaux adaptés au développement de l’activité
• Phase 3 : une extension du site comprenant notamment une unité de production de batteries semi- conductrices destinées au stockage d’énergie, sur une surface d’environ 3 000 m2.
L’objectif est une installation d’ici la fin de l’année 2026, pour un démarrage progressif à compter de 2027
Des perspectives en matière d’emploi
L’entreprise prévoit la création de 23 emplois lors de la première année pleine d’activité. À horizon de quatre à cinq ans, l’effectif pourrait atteindre environ 60 emplois, en fonction du développement du projet.
Un accompagnement global et coordonné de la Communauté Urbaine Creusot Montceau
Cet accompagnement global vise à offrir aux entreprises en développement un cadre lisible, sécurisé et évolutif, leur permettant de se concentrer sur leur cœur d’activité tout en s’insérer durablement dans l’écosystème local.
Dès les prémices du projet en 2025, la Communauté Urbaine Creusot Montceau a mis en œuvre un accompagnement global mobilisant ses compétences en matière de développement économique.
Cet accompagnement 360° s’est traduit par :
• L’organisation de rencontres institutionnelles et techniques entre l’entreprise et les acteurs
locaux
• La mise en relation avec l’écosystème industriel, académique et de recherche du territoire ;
• L’identification de solutions foncières et immobilières adaptées aux besoins exprimés (surfaces, contraintes techniques, évolutivité)
• Un appui à la compréhension des procédures administratives et réglementaires françaises
• La coordination avec les partenaires publics concernés
• Un suivi régulier de l’avancement du projet entre juin 2025 et mars 2026 afin d’en accompagner les différentes étapes
L’annonce du 6 mars 2026 intervient à l’issue des échanges engagés entre l’entreprise et la collectivité et correspond à l’entrée du projet dans sa phase opérationnelle.
Cette implantation s’inscrit dans une dynamique de coopération économique internationale fondée sur la complémentarité des compétences et la structuration progressive des projets industriels. 






