
Le contrôleur général Frédéric Pigneau, directeur du SDIS 71, a dressé le bilan d’un été particulièrement brûlant en Saône-et-Loire, marqué par le feu de la Lande de la Chaume au Creusot, comparable aux sinistres dans le Sud de la France. Dans une interview vidéo, il explique les nouveaux défis à relever avec sans doute un hélicoptère bombardier d’eau. Mais aussi pourquoi il va devenir nécessaire d’aménager une salle climatisée dans les casernes des pompiers.


«Les feux ne sont qu’une petite mise en lumière du réchauffement climatique», relève le Frédéric Pigneau, directeur du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) de Saône-et-Loire.
Vendredi matin, à l’invitation d’André Accary, il a dressé le bilan de la «saison des feux de végétation», en Saône-et-Loire. Avec aussi la présentation d’un petit livret parfait résumé d’une situation hors norme, malheureusement appelée à se reproduire dans les années à venir.
«Il faut bien comprendre qu’avec une hausse moyenne des températures de 4 degrés, la moitié Nord de la France aura le même nombre de jours à risques que le pourtour méditerranéen». Face à ces perspective, la Saône et Loire se prépare. «On a misé sur la formation. 792 pompiers ont été formés. C’est 4 fois plus qu’en 2020. Mais ce sont aussi les matériels avec quatre CCF Super en service et deux commandés.
On a 60 casernes, il faut prédisposer les équipes pour éviter que les feux dépassent un hectare ; On a eu 101 détachements préventifs cette année».
Le Contrôleur Général explique aussi comment et pourquoi le Feu de la Lande de la Chaume au Creusot a plus particulièrement attiré l’attention des pompiers, car il était dans une zone péri-urbaine. «On s’est retrouvé dans des circonstances que l’on a dans le Sud de la France.
On a défendu 11 points sensibles. Il fallait concentrer les moyens terrestres. Les hélicoptères ont pu nous aider. Il faut dans l’absolu qu’il puisse intervenir dans les 15 minutes. Depuis Pouilloux, on rayonne sur toute la Saône-et-Loire».
Le prix d’une location est de 60.000 euros avec 2 heures de rotation par jour.
Pour Frédéric Pigneau, alors que l’été tire à sa fin, «le bilan est extraordinaire concernant la mobilisation des personnels. On a été capable de se mobiliser. Mais je ne suis pas certain que l’on puisse le reproduire chaque été, avec tous les sacrifices que cela demande. Je voulais rendre hommage à nos pompiers et un grand merci à nos agriculteurs».
Interrogé sur cette mobilisation des pompiers, le directeur du SDIS a précisé : «Au 31 août, le taux de sollicitation des pompiers a été de +44% par rapport à 2025 pour juillet et août».
Alain BOLLERY