
Lé Sénatrice PS de Saône-et-Loire, estime qu'il faut «accompagner, soulager, respecter la liberté jusqu’au bout»
Communiqué :Le débat sur la fin de vie appelle à la fois
gravité, humilité et fidélité à ce que vivent réellement les personnes
concernées. Je crois profondément qu’il ne peut se réduire à une
opposition entre principes, ni à une lecture abstraite de situations qui
sont, par nature, singulières et profondément humaines.
Personne ne
conteste aujourd’hui l’impératif de développer pleinement les soins
palliatifs. J’y suis personnellement attachée. Ils sont indispensables,
et leur accès sur l’ensemble du territoire constitue une exigence de
justice et de courage politique. Cette ambition doit être tenue,
financée et évaluée. Elle est au cœur du texte actuellement en
discussion.
Mais reconnaître la place centrale des soins palliatifs
ne suffit pas à répondre à toutes les situations. Certains patients,
malgré un accompagnement exemplaire, continuent de vivre des souffrances
qu’ils jugent eux-mêmes insupportables. Les ignorer, ce serait faire
comme si une réponse unique pouvait convenir à toutes les fins de vie.
La
proposition de loi examinée ne crée ni une obligation, ni une
injonction. Elle ouvre une possibilité strictement encadrée pour des
situations exceptionnelles, après un cheminement médical collégial, dans
le respect de la conscience des soignants comme de celle des patients.
Il s’agit bien d’une loi de liberté et non d’un renoncement au soin ou à
l’accompagnement.
Dire que demander l’aide à mourir ne serait jamais
un choix libre revient à nier la capacité de discernement de personnes
gravement malades, conscientes, informées et accompagnées. Faire
confiance à leur parole, ce n’est pas abandonner. C’est reconnaître leur
dignité jusqu’au bout.
Loin d’opposer l’éthique du soin à la
compassion, ce texte cherche au contraire à les articuler. Il ne s’agit
pas de donner la mort, mais de ne pas imposer une fin de vie vécue comme
une épreuve dénuée de sens par ceux qui la traversent.
Le Sénat a un
rôle essentiel à jouer. Il lui revient de veiller à ce que cette loi
demeure fidèle à son intention première, protéger sans contraindre,
encadrer sans interdire, accompagner sans imposer. C’est cet équilibre
exigeant que je défendrai.
Je tiens enfin à remercier les très
nombreuses personnes qui m’ont écrit ces dernières semaines. Leurs
témoignages expriment une attente forte, celle d’un débat apaisé,
respectueux des convictions de chacun, mais ancré dans la réalité vécue
par les patients et leurs proches. C’est à cette réalité que, comme
législatrice, je choisis de répondre.
Paulette Matray
Sénatrice de Saône-et-Loire