Recherche
Pour nous joindre
alain.bollery@orange.fr
SMS au 06.98.82.18.88
Pour votre publicité sur
Creusot-infos, un seul numéro
06 62 80 46 68
> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
16/01/2026 18:20
6374 lectures

«Droit à l’aide à mourir» : Monseigneur Benoît Rivière prend position et écrit aux sénatrices et au sénateur de Saône-et-Loire

L'Evêque d'Autun s'exprime dans un courrier adressés à Marie Mercier, Paulette Matray et Fabien Genet.
Dans une lettre Mgr Rivière s'adresse aux sénateurs et aux sénatrices de Saône-et-Loire.
En effet, le projet de loi instituant un « droit à l’aide à mourir » va être examiné au Sénat du 20 au 26 janvier prochains.
Ce texte, qui pourrait être adopté à la fin du mois de janvier, engage profondément notre société sur la manière dont elle accompagne les personnes les plus fragiles jusqu’au terme de leur vie.
Dans ce débat sensible, Mgr Rivière souhaite rappeler  l’importance du respect inconditionnel de toute vie humaine et en soulignant le rôle essentiel des soins palliatifs, seuls capables de soulager la souffrance tout en accompagnant la personne jusqu’au bout.

La lettre de Monseigneur Benoît Rivière :
Madame, Monsieur,
Dans quelques jours, le Parlement sera appelé à se prononcer sur le projet de loi visant d'une part à renforcer les soins palliatifs et l'accompagnement des malades, d'autre part l'assistance médicale à mourir.
Avec des soignants et des citoyens de tout bord politique, je veux vous dire combien je suis sensible aux efforts actuellement menés par des parlementaires et des sénateurs pour examiner soigneusement les enjeux d'une telle loi à venir.
Il m'apparaît clairement que personne n'a envie de mourir sans être accompagné et aussi soulagé de ses douleurs et de ses souffrances. Développer l'accompagnement des malades dans les soins palliatifs est une demande largement entendue, et qui doit être honorée concrètement en veillant à ce que la loi en ce domaine soit effectivement appliquée, grâce à des efforts de formation et de création de centres dédiés à l'accompagnement et aux soins palliatifs. C'est une question de courage politique.
Concernant l'assistance médicale à mourir, même encadrée strictement et limitée à des situations exceptionnelles, le projet de loi s'il était voté avaliserait un nouveau « droit » qui m'apparaît contraire au fondement de notre société, celui de l'entretien du lien fraternel qui nous unit ensemble pour tenir bon dans l'existence, tel qu'Hippocrate le formulait déjà il y a 2400 ans: « Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. »
J'entends bien que, dans ces situations exceptionnelles, chacun sera libre ou non de demander l'aide au suicide ou la permission de donner la mort à lui-même. Est-on certain qu'il s'agit d'une liberté quand la personne est comme contrainte par sa situation à n'envisager que la mort ? L'expression « je veux mourir » ne signifie pas dans la très grande majorité des cas « je veux qu'on me donne la mort », mais plutôt « je ne veux pas souffrir ». Cette expression est un appel aux soignants afin qu'ils soignent le mieux possible pour que la douleur soit apaisée, quitte à choisir la sédation profonde et continue maintenue jusqu'au décès. Cette sédation ne consiste pas à arrêter une existence mais à faire cesser une conscience; elle ne vise pas à donner la murt mais à apaiser toute douleur en laissant la maladie progresser jusqu'à ce que la mort vienne.
La pratique des soins palliatifs est destinée, en se répandant sur tout le territoire, à promouvoir une culture palliative qui est portée par un humanisme de bienveillance, de bientraitance, d'accompagnement et de non abandon. Cet humanisme qui nourrit la qualité de soin sera mis à mal par la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. Choisir d'accompagner jusqu'au bout ne peut s'harmoniser avec le choix de donner la mort. Cet acte-là n'est pas compatible avec une philosophie du soin. Comment une équipe soignante restera-t-elle unie dans son prendre de soin des patients si elle est prise dans une alternative insoluble: accompagner jusqu'au bout ou donner la mort ? Alors que l'hôpital traverse une grande crise, il est dangereux d'y ajouter une rupture anthropologique qui mettra à mal les équipes soignantes.
Et faut-il absolument vouloir encadrer toute situation dans une loi ? Nous savons une chose en ce domaine si délicat et si intime de la fin de vie, c'est que du regard porté sur nous dépendra pour une bonne part la paix et la liberté de notre dernier souffle.
Je souhaite en ce sens que notre pays se singularise par une loi développant l'accompagnement jusqu'à la fin de vie sans jamais encourager les gestes euthanasistes ou suicidaires.
En vous remerciant de votre écoute, je vous assure de mes sentiments fraternels.
+ Benoît RIVIERE



Votre météo au Creusot
Votre météo en Bourgogne
Ailleurs
LE CREUSOT : Les films à l'affiche, cette semaine, au cinéma Le Magic
Affaire Jeffrey Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde arabe
Elle part et il reste... Sonia Mabrouk quitte CNews après s’être opposée au maintien de Jean-Marc Morandini
Le délicat sauvetage d'une biche sur un lac gelé aux Etats-Unis
MEDIAS : Les Journalistes du Parisien vent debout contre Rima Hassan, auteur d'une «attaque intolérable» contre un journaliste
ITALIE : L'accès à la fontaine de Trevi, à Rome, est désormais payant
Bilan météo : Janvier a été très froid au début, notamment en Bourgogne - Franche-Comté, et très humide... mais pas chez nous
Mort d’Émile : la famille demande de nouvelles investigations et estime que «certains témoignages» doivent être éclaircis
Moscou connaît ses plus fortes chutes de neige depuis plus de 200 ans
Cybersécurité : Le Gouvernement dévoile la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030
Dialogue autour du microbiote : Comment la mère et le bébé communiquent à travers le lait maternel
Livre : «Aimer sans posséder», une critique féministe de la fidélité, par Sabine Valens
Au Groenland, là où on ne parle pas que de Donald Trump
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Les Députés adoptent le texte au bout de la nuit
Trophée Jules Verne : Thomas Coville bat le record absolu du tour du monde à la voile en 40 jours et 10h, 45m, 50s
Lait infantile : Ce que l’on sait après la mort suspecte de deux bébés
La marine française a arraisonné un navire pétrolier venant de Russie en Méditerranée, annonce Emmanuel Macron
Exploit historique : Calandagan, le meilleur cheval de course au monde est français et Francis-Henri Graffard, son entraîneur, est originaire du Creusot
Défense : La DGA livre les 30 premiers véhicules blindés Serval Appui Scorpion à l’armée de Terre