
Le Maire du Creusot expique le sens de sa candidature à la Présidence de la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau. Ce qu’il souhaite mettre en oeuvre et la place qu’il entend réserver aux Maires Ruraux. L’élection a lieu jeudi, à l’ALTO au Creusot.
«Je pense qu'il y a un message politique fort qui a été envoyé par les électrices et les électeurs. Évidemment, il concerne le Creusot, mais il concerne aussi la CUCM. Personne ne peut ignorer que les habitants de la CUCM, dans leur immense majorité, souhaitent aujourd'hui un changement clair pour l'intercommunalité avec enfin un projet de territoire, enfin une gouvernance qui les place au coeur du projet», lance Charles Landre.
Dans un entretien avec creusot-infos - réalisé vendredi soir après le conseil municipal - le nouveau Maire du Creusot, ne cache pas ses ambitions pour la Communauté Urbaine Le Creusot.
Il souhaite «une gouvernance qui sorte de cette espèce de clivage ridicule, nord-sud, qu'on a voulu imposer pendant des années !»
A quelques jours d’un scrutin qui verra l’avènement d’une nouvelle Présidente ou d’un nouveau Président, en remplacement de David Marti, le Maire du Creusot explique : «Le fait que ce soit un scrutin indirect, ça amène peut-être un décalage entre ce que sont les élus et ce que sont les attentes de la population. Mais moi je veux quand même dire avant ce conseil communautaire et après avoir discuté avec énormément d'élus et de maires de la CUCM, je veux dire que les habitants aspirent à un changement».
Son projet, dans une lettre aux Maires
A la question «quels changements vous proposez ?», Charles Landre répond déjà qu’il a décidé d’adresse samedi 11 avril, une lettre au au Maire, avec «un projet communautaire complet.
Un projet communautaire qui propose d'abord de concentrer l'action de la communauté sur les missions de services publics essentielles qu'elle doit assurer, l'entretien de la voirie, car la voirie est à l’abandon. Car après le mandat qui vient de s’achever, il faut tout reprendre dans toutes les communes».
Le candidat déclaré à la Présidence de la CUCM parle encore de l'entretien des réseaux : «Je rappelle qu'on a voté 30% d'augmentation du tarif de l'eau sur le dernier mandat, on ne peut pas continuer sur cette pente là !»
Réseaux d’eau, réseaux des déchets mais aussi les transports en commun, «pour qu’ils aillent enfin de la campagne vers le cœur des villes ; bref un réseau qui permette aux habitants de se déplacer sur le territoire communautaire. Et puis on a un territoire qui à mon avis a des atouts extraordinaires, la gare TGV, la proximité de l'A6, le canal du centre aussi, le site universitaire».
Pour le Maire du Creusot, comme il l’a souvent répété, «ce sont des outils qui doivent être pilotés par la communauté urbaine et il faut avoir à la fois une stratégie économique, ce que la communauté urbaine n'a pas ! On bénéficie aujourd'hui d'un socle industriel qui est très fort. On n'a pas su développer de stratégies économiques, donc j'en propose une. Je propose aussi une stratégie de diversification des tissus économiques. Il faut qu'on prenne conscience qu'on est à côté de Paris, qu'on est à côté de Lyon, qu'on n'est pas très loin de Genève aussi. On doit avoir une ambition universitaire, une stratégie économique. Et puis il faut aussi qu'on réponde à l’échelle communautaire à cette question essentielle qu'est la santé notamment avec un contrat territorial de santé dont la communauté urbaine, je le rappelle, est dépourvue depuis 2019. C'était l'inaction totale sur le sujet, depuis plus de sept ans».
«On ne peut pas continuer avec la gouvernance du Parti Socialiste»
Le Maire du Creusot souhaite également «une stratégie économique qui induise une vraie politique d'aménagement du territoire, et une politique de logement qui permettent enfin d'offrir les outils pour fixer ici, pour donner envie ici à ceux qui travaillent, d'y vivre. Aujourd'hui un des gros problèmes de la CUCM, c'est que des gens qui travaillent par exemple dans les usines au Creuseau, n'habitent même pas à Saint-Eusèbe ou à Saint-Laurent-d’Andenay ou à Écuisse, mais habitent notamment sur la côte Chalonaine. Et puis, pour mettre ça en place, il faut une nouvelle gouvernance».
Et d’asséner : «On ne peut pas continuer avec la gouvernance du Parti Socialiste, que les habitants rejettent aujourd’hui. Et c’est ligne, je pense, ultra minoritaire parmi les élus des communes. Donc chacun peut avoir ses sensibilités, le parti socialiste est ultra minoritaire. Il nous faut une gouvernance qui soit une gouvernance qui rassemble la communauté urbaine avec la place des communes orales affirmées et, pour ma part, une gouvernance qui soit complètement détachée des questions partisanes».
4 à 6 vice-présidences pour les Maires ruraux
Interrogé sur la place qu’il compte réserver aux Maires ruraux qui avaient une vice-présidence dans la précédente mandature, Charles Landre répond : «Pour être tout à fait transparent, moi j'ai proposé aux maires ruraux qu'ils aient, en fonction des thématiques, des compétences et des souhaits, entre 4 et 6 vice-présidentes à la CUCM. C’est légitime par rapport à leur poids.
Il y a des sujets, comme le canal du centre, le patrimoine industriel, mais aussi les questions d'élevage, les questions d'économie rurale, les questions environnementales, les questions d'urbanisme aussi, qui peuvent être portées par les maires ruraux, ça c'est très important».
Et de poursuivre : «Je pense aussi que les communes de taille intermédiaire, Torcy, Blanzy, Montchalin, par exemple, doivent être bien représentées et on doit travailler avec elle».
Une gouvernance de dialogue, plus en proximité
Favorable à ce qu’il y ait plus de conseillers délégués, Charles Landre précise : «ce que je veux, c'est que la gouvernance soit une gouvernance de dialogue, une gouvernance plus en proximité.
La communauté urbaine doit renforcer les moyens de ce qu'on appelle les équipes territoriales.
Elle doit aussi offrir un support d'ingénierie territoriale pour les petites communes, pour les aider à monter des dossiers pour les aider à répondre à leurs besoins du quotidien et on doit arrêter les positionnements, les politiques publiques complètement idéologiques. Si je suis élu, on répondra aux besoins des communes et notamment en matière de proximité.
Le renforcement des moyens des équipes territoriales est pour moi primordial. Je le dis publiquement, je tends la main à tous ceux qui ont envie finalement de répondre aux aspirations des habitants, qui est une aspiration à un grand changement».
Le Maire du Creusot tacle : «Je veux dire aux habitants, qu'il y a tout un jeu qui s'organise pour, acheter les voix en distribuant des postes ici de vice-président, ici de conseiller délégué, ici de présence dans un syndicat des eaux avec indemnité de fonction.
Moi je ne suis absolument pas dans cette optique-là. J'ai porté pendant les six dernières années la voix de ceux qui étaient en désaccord avec la politique communautaire défendue par David Martin.
Donc maintenant, je pense qu'il faut répondre à cette aspiration-là et nous rassembler autour de ce projet. C'est pour ça que j'ai tendu la main à tout le monde.
Quand je lis dans la presse la volonté de refaire une Présidence socialiste, je le dis : on est chez les fous. Si en 2026 on pense qu'il faut faire une gouvernement socialiste autour de la maire de Monceau, je pense que c'est une erreur majeure.
D'abord parce que ce serait la poursuite de la politique du monde d’avant, avec la même administration et les mêmes logiques de clan. Et la place du monde rural ne serait pas reconnue.
«A chacun de prendre ses responsabilités»
Pas plus que la nécessité de traiter enfin le territoire de façon cohérente, c'est-à-dire d'accompagner toutes les communes, puisque on rentrerait à nouveau dans cette espèce de jeu insensé de nord et sud.
C'est pour ça que je prends la parole aussi aujourd'hui pour me positionner sur le plan des idées et du projet. En fonction des discussions que j'aurai avec les maires dans les prochains jours, on verra ce qu'on fera pour la communauté urbaine. Je pense que le temps est venu de construire une nouvelle gouvernance, pas socialiste, comme le souhaitent les habitants. Je crois pour avoir échanger avec de nombreux élus, qu’il y a «une voie pour construire cette gouvernance de rassemblement. A chacun de prendre ses responsabilités».
Concernant sa candidature, Charles Landre précise : «je représente 25% des habitants de la CUCM. Il est de ma responsabilité en tant que maire de la première ville de la CUCM, alors que j'ai été élu sans contestation possubles, de prétendre à sa Présidence.
Il ne semble utile de préciser que la Communauté Urbaine bénéficie d'un montant de dotation par habitant autour de 110 euros qui est presque trois fois plus important que le Grand Chalon. Et je pense qu’il y aura des pressions de l'Etat dans les prochaines années pour baisser ces modes de dotation. Il faut un Président qui a de l’énergie pour
défendre la communauté urbaine et son statut et les moyens pour le territoire à l’avenir».
Alain BOLLERY
L’élection de la Présidente ou du Président de la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau, est prévue ce jeudi à 18h30 à l’ALTO. 70 conseillers vont être appelés à voter.