
»On a fait attention qu’aucune politique ne soit sacrifiée», assure le Président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire. Au cours d’une conférence de presse vendredi matin, il a présenté les grands axes du budget 2026 du département.
Si tout va bien, mercredi en fin d’après-midi, la Saône-et-Loire aura son budget 2026. Car malgré les incertitudes qui pèsent sur les collectivités locales, André Accary et sa majorité ont décidé de ne pas attendre le mois de mars, comme ils l’avaient fait l’année dernière, mais de voter le budget 2026 dès ce mois de décembre.
Sans doute sera-t-il ajusté sur un nombre important de ses lignes d’ici le printemps ou l’été. En attendant le département affiche la couleur. Pas question de sombrer dans l’attentisme et le pessimisme. Car si des départements ont carrément le couteau sous la gorge, la Saône-et-Loire fait mieux que surnager.
C’est ce qui a été expliqué, vendredi matin, à Mâcon, au cours d’une conférence de presse. Autour du Président André Accary, sa première vice-présidente Amelle Deschamps, son vice-président aux finances Anthony Vadot, ainsi que les deux présidents de groupes de sa majorité : Jean-Vianney Guigue et Dominique Lotte. Ce dernier a lancé un message plus que subliminal à l’adresse de l’opposition : «Je ne vois pas pourquoi des groupes politiques ne voteraient pas ce budget». Une pierre lancée dans le jardin du groupe Gauche 71.
A.B.
André Accary

«Cela fait trois ans que l’on interpelle sur la situation des départements. L’année dernière ils ont contribué à plus de 50% de l’effort national.
On a toujours, aujourd’hui en France, 3400 milliards d’euros de dette. Alors même si le budget de la sécu a été adopté, je ne fais aucun pari sur le budget qui sera présenté, pas plus que s’il sera voté.
L’effort sera entre 2 et 6 milliards d’euros pour les collectivités. Pour les départements, les conséquences seront énormes.
Les départements ont perdu 8,5 milliards et ils doivent intégrer 5,5 de dépenses supplémentaires. Les départements subissent ces décisions de hausses, sans concertation. On ne peut pas l’anticiper. 70% du budget est non pilotable et amené à progresser.
C’est un effort très difficile. Des départements sont tombés au combat. La Gironde dans une situation la plus critique, c’est le 6ème de France. Les Ardennes ou l’Aisne, pour n’en citer que trois.
Le département ce sont des questions importantes qui concernent nos habitants ; On va voter un budget avec des incertitudes énormes. L’année dernière on avait voté en mars. On a décidé de ne pas repousser, car on a trop de partenaires qui sont dans l’attente.
En mars on n’avait guère plus d’informations. On prend le même risque. On modifiera au cours d’année si c’est intenable.
La construction, c’est avec une ambition d’investissements soutenue. On a fini le très haut débit.
On est parti sur 123 millions d’euros d’investissements. Contre 138 millions en 2025.
Quand on est arrivé à la tête du département, on était à 69 millions d’euros.
On a fait attention qu’aucune politique ne soit sacrifiée ! Avec beaucoup d’économies partage.
Sport, culture, santé… Tout cela contribue à l’attractivité. On continue de soutenir, alors que dans des départements, on a supprimé sport et culture. A côté de cela on va continuer de soutenir toutes les communes».
Le Président du conseil départemental de Saône-et-Loire ajoute : «Au rang des nos efforts financiers, on est -30% sur le budget de la communication. On a mené un gros travail sur nos agents. Certains postes n’ont pas été remplacés. Dans l’encadrement, on est désormais avec 3 postes de DGA au lieu de 4.
On avait, annuellement une augmentation naturelle de 2 millions d’euros sur la masse salariale là ça n’augmente pas.
Les efforts sont gênés par les dépenses imposées par l’Etat. Avec par exemple 5 à 10 millions de perdus sur la TVA ? On va perdre entre 5 et 6 millions en 2026 sur le CNSA.
Les DMTO, sont plutôt en progression.
L’opposition souhaitait que l’on augmente le taux. On a pris un engagement il y a dix ans, c’est de ne pas toucher à la fiscalité. D’autant plus qu’il y a une légère dynamique.
4,5% On est en dessous de la moyenne française».
Le Président du département glisse : «J’avais été qualifié d’écureuil. Mais on a été très prudent, ce qui nous permet de ne pas être en mauvaise situation. On reste en capacité !»
Anthony Vadot

«On va voter un budget un équilibre On arrive à finir 2025. Les efforts ont été faits en interne, sur le fonctionnement. Pour soutenir les politiques publiques. On est soumis parfois à des décrets. Compensation de la caisse de l’autonomie, avec un impact de 7 millions d’euros en 2026. Et entre 2et 3 millions en 2025.
Pour la population âgée on est en indice de fragilité.
On devrait bénéficier du fond de sauvegarde, pour lequel on espère 5 millions d’euros.
On maintient un bon niveau d’investissements. Avec une dette de 360 millions d’euros.
On était à 4 années de dette. On se maintient en dessous de 8… à 7,4 années.
L’aide aux territoires est maintenue à 11 millions d’euros. Le budget 2026 c’est aussi 12 millions sur les routes et 30 millions avec les ponts… Collèges, autonomie, enfance, sécurité et SDIS, santé sont sacralisé». Le Président Accary précise : «30 millions c’est, en valeur, un peu plus de 400 kilomètres.
Amelle Deschamps

«Les Solidarités c’est environ 400 millions d’euros.
Dans un contexte contraint, les efforts sont au service des solidarité. Le sens c’est de pouvoir investir aussi dans le fonctionnement. Pour l’allocation individuelle de solidarité notamment. Je rajoute la protection de l’enfance. Ces politiques ce sont plusieurs millions d’euros. Il est aussi important de soutenir les pompiers.
On peut aussi investir sur des sujets importants. Sur la protection des enfants, mais aussi sur la sortie des dispositifs. Car cela peut être dramatique.
On a un projet phare, le village enfant, l’ouverture c’est début 2027. Mais il va falloir embaucher. On ouvre des classes atypiques pour 1 million d’euros. Au départ c’était 150 nouvelles places».
Jean Vianney Guigue

«La Saône-et-Loire fait face. La Saône et Loire, c’est action et gestion. Ce sont les deux raisons pour lesquelles, les 40 élus du groupe ont fait le choix d’appuyer les choix.
La Saône-et-Loire agit, parfois dans des domaines surprenants, comme la désertification médicale. C’est aussi la poursuite de l’investissement, sans esbroufe, avec un investissement discret et de long terme. On a pu entendre que des collèges étaient mal entretenus. Ils font partie des investissements. Communes et routes, la Saône et Loire est appelée à être forte.
Gestion : On peut garder la tête hors de l’eau. Un mandat c’est faire preuve de responsabilité et respecter les promesses. Les gens ont besoin de repères. Comme l’engagement de ne pas augmenter les impôts. Parfois on cède à la facilité.
On tient nos promesses et on se positionne comme un département innovant. C’est du pouvoir d’achat en plus. Le département c’est l’inverse du fonctionnement de l’Etat, car il n’y a pas de majorité et donc pas de stabilité. On a une majorité solide.
Dominique Lotte

«Le groupe que je représente est composé d’élus du centre gauche au centre droit. Notre but c’est d’être utiles au territoire. C’est un budget rigoureux au regard de la situation politique et budgétaire. Les efforts sont pour nous-mêmes.
Quand on demande des efforts, il faut regarder son organisation, notre organisation.
On va présenter un budget ambitieux à niveau plus que positif, avec une politique pour les collèges, les routes, les ponts, les solidarités. C’est une ambition que l’on maintient et que l’on porte.
Un budget utile pour toutes les politiques que l’on maintient. Il n’y a pas une qui est oubliée.
C’est vraiment un budget utile.
Concernant la santé, priorité pour toutes nos populations, car les enjeux sont forts. On aura une politique très volontaire. Avec l’ouverture de la 1ère année de médecine sur Chalon, et de nouveaux recrutements : Une petite dizaine sur le département. On sera très volontaire sur les médecins juniors.
Cap Médecins 71 : Il va réunir tous les partenaires. Guichet et numéro unique. Ca ne coûte pas d’argent, pour accompagner davantage les nouveaux médecins. Je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas accompagné par l’ensemble des groupes politiques du département !»
Alain BOLLERY
