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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
16/06/2022 03:17
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André Accary : «Aucune voix ne doit aller aux extrêmes… C’est-à-dire ni à Mélenchon, ni à Le Pen»

Le Président du conseil départemental parle des élections législatives. Mais pas que. Dans une interview à creusot-infos, il évoque aussi le Tour de France, la promotion de la Saône-et-Loire et la sécheresse.

Quel 1er bilan tirez-vous de la campagne électorale et des résultats du 1er tour des élections législatives ?
ANDRE ACCARY : «La campagne ? Quelle campagne ? Le 1er tour des législatives est arrivé, alors qu’il n’y a pas eu de campagne. Et on a une nouvelle fois une forte abstention. A un niveau auquel je ne m’attendais pas, car je pensais à une remobilisation. Cela n’a pas été le cas et franchement je pense que ce n’est pas bon pour l’avenir».
 
Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
«On a aujourd’hui, dans le paysage politique, deux bords extrêmes qui sont les mêmes. Je veux parler de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Car quand on regarde bien, on est sur les mêmes positions radicales qui ne sont pas ce qu’attendent nos concitoyens».

 
Comment analysez-vous les résultats en Saône-et-Loire ?
«De toute évidence, il y a eu une prime au sortant. Je pense que les électrices et les électeurs ont su reconnaitre le travail fourni, sur le terrain, par les parlementaires qui se représentaient. J’en veux pour preuve le très beau score réalisé par Josiane Corneloup sur ma circonscription. Elle a été une Députée engagée sur de nombreux dossiers, y compris sur celui du loup. Elle est au rang des députés sur lesquels j’ai pu compter, comme par exemple sur le dossier de la RCEA. C’est important pour nous, les élus des territoires, d’avoir des parlementaires qui portent et défendent nos dossier à Paris, dans les Ministères».
 
Que prônez vous pour le 2ème tour ?
«Je suis clair et sans ambiguïté : Aucune voix ne doit aller aux extrêmes, c’est-à-dire pas une voix aux candidats de la NUPES et pas une voix à ceux du Rassemblement National. Ce sont des gens qui n’aiment pas notre pays, qui ne lui apporteraient rien, car les politiques qu’ils mettraient en œuvre seraient désastreuses. Pour la 3ème Autun – Le Creusot et pour la 4ème de la Bresse, les choses sont claires. Pas une voix au Rassemblement National. Pour la 5ème circonscription Chalon – Montceau, j’appelle à voter pour Louis Marguerite.
Je remarque que ni Monsieur Mélenchon, ni Madame Le Pen ne sont venus faire campagne en Saône-et-Loire. Ca tombe bien, je préfère que la Saône-et-Loire accueille le Tour de France».
 
En parlant de Tour de France, il est important que la Saône-et-Loire soit dans la caravane ?
«C’est extrêmement important. Je précise que nous n’avons pas augmenter notre budget alloué à la promotion du tourisme en Saône-et-Loire. Par contre on fait évoluer les lignes. A partir de l’étape qui partira de Dole et qui ira jusqu’à Lausanne en Suisse, puis sur les autres étapes des Alpes, on va faire la promotion de notre territoire…»
 
Qu’avez-vous choisi de mettre en-avant ?
«Je ne veux pas tout dévoiler, mais je vous annonce quand même que l’on va mettre un gros coup de projeteur sur notre Tour Eiffel, c’est-à-dire sur la Roche de Solutré. Je rappelle que le Tour est le troisième événement sportif le plus regardé au monde… Et il a lieu tous les ans, alors que la Coupe du Monde de foot, c’est tous les quatre ans. On le sait, la caravane est appréciée par le public au bord des routes. C’est donc un très bon vecteur de communication et de promotion».
 
On entre dans la saison touristique, après deux années difficiles. La Saône-et-Loire est prête ?
«J’attends beaucoup de cette première vraie saison estivale d’après COVID. Au conseil départemental, on a voulu mettre la Saône-et-Loire en avant. C’est vrai avec le Tour de France, mais c’est aussi vrai avec d’autres événements sur lesquels nous comptons beaucoup».
 
Lesquels ?
«Je proposerai à la prochaine assemblée une aide pour le rassemblement de Combi à Chérizt, avec des gens qui vont venir de toute l’Europe. Ces fans du Combi Volkswagen sont des gens qui restent plusieurs jours et qui consomment. Ce sont de 20.00 à 25.000 personnes sur plusieurs jours. J’aimerai bien que ce rendez-vous devienne annuel.
On va aussi être à la télévision, avec l’émission sur les petits plats, présentée par Laurent Marioote sur TF1 et qui permet de toucher 5 millions de personnes. Nos chefs vont mettre en-avant les produits de notre terroir et leur savoir-faire. Pour donner envie de venir en Saône-et-Loire. Même la vaisselle sera «made in Saône-et-Loire» !
On peut aussi parler de la campagne d’affichage de Route 71 dans le Métro à Paris. Et les gens qui passent par Paris ou qui sont originaires de Saône-et-Loire sont très fiers de voir leur département».
 
Où en est le dossier du parc historique à Tournus ?
«On peut dire que l’on est au planning malgré la crise du COVID. Il faut maintenant que le PLUI soit voté ce qui ne devrait plus trop tarder. Derrière ça va s’activer très rapidement. Les terrains sont acquis. On est dans les starting blocks. L’ouverture ça devrait être 2024 ou 2025. Ca sera avant le pont de Fleurville…»
 
…Vous n’avez toujours pas digéré ?
«Oh que non. On avait deux préfets qui avaient signé, la DREAL avait donné son accord et un tribunal a tout mis en l’air. Avec ce qui s’est passé pour le pont de Fleurville, il faut bien comprendre qu’aujourd’hui le TGV ne se ferait plus, que la RCEA ne se ferait pas, que l’Autoroute non plus. C’est ça la vérité. Ces gens là, les opposants, ont une conception de l’aménagement du territoire aux antipode des intérêts de nos concitoyens. Je rappelle que le pont de Fleurville c’était pour les habitants, pas pour nous».
 
Il se pourrait que l’été soit marqué par la sécheresse. Quelles réponses apporter ?
«Il n’y a pas une solution, mais des sommes de choses à faire. C’est le sens des aides que nous avons mises en place pour permettre aux agriculteurs de récupérer l’eau de pluie et de la stocker. En fait, concernant l’eau, il faut travailler dans toutes les directions. Quand on construit de nouveaux bâtiments, il faut chercher à récupérer l’eau de pluie. Quand on construit une nouvelle caserne de pompiers, maintenant on crée systématiquement des réserves…»
 
A Sanvignes les éleveurs vont chercher l’eau dans les lacs constitués dans les anciennes mines à ciel ouvert…
«C’est tout simplement le bon sens. Il faut accompagner le changement climatique. Je suis très motivé par cette question d’adaptation. Il faut aussi souligner que nos agriculteurs travaillent à consommer moins d’eau avec leurs cultures. Mais n’oublions pas qu’ils cultivent pour nous nourrir, pour nourrir la population. L’eau est un enjeu majeur et nous l’avons intégré. Mais il ne faut pas aussi que nous soyons victimes de maltraitance. Il ne faut pas que l’on se heurte toujours aux mêmes opposants quand on veut agir et par exemple créer des réserves d’eau. A un moment il faut dire stop aux anti-tout ! Il ne faut pas que la France devienne le royaume des anti-tout»
Recueilli par Alain BOLLERY