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> Saone et Loire > SAONE ET LOIRE
03/02/2020 03:17
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Adrien Taquet : «On voit des jeunes se prostituer pour un téléphone portable»

Le secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance annonce ce lundi un renforcement des moyens pour la protection de la jeunesse. Et il plébiscite l’action menée en Saône-et-Loire.
André Accary : «Nos actions en Saône-et-Loire correspondent à la stratégie nationale»
Ce lundi 3 février, Sébastien Lecornu, ministre chargé des collectivités territoriales et Adrien Taquet, secrétaire d’Etat en charge de la petite enfance, présent la liste des 30 départements retenus dans le cadre de la stratégique nationale de prévention et de protection de l’enfance. La Saône-et-Loire en fait partie. Adrien Taquet s’en explique dans une interview à creusot-infos.

Pourquoi avez-vous retenu la Saône-et-Loire ?
ADRIEN TAQUET : «La candidature de la Saône-et-Loire était la meilleure que nous avons reçue pour la Bourgogne - Franche-Comté, même si tous les départements n'ont candidaté. Au total, 62 départements ont répondu et la Saône-et-Loire a été sélectionnée».

Ca veut dire quoi ?
«C’est déjà une mobilisation financière de 80 millions d’euros pour les 30 départements sélectionnés, avec des projets qui vont être financés. Cette mobilisation financière pour la protection de l’enfance,, ça va être plus que pour le plan pauvreté».

Quelle est la situation aujourd’hui ?
«Déjà il faut rappeler que notre protection sauve des milliers de vie. Les enfants que l’on protège ont des profils de plus en plus complexes. Le constat c’est aussi que la pédo-psychiatrie a été beaucoup trop laissée à l’abandon depuis 20 ans. Il y a donc nécessité de vérifier que la protection des enfants est bien assurée.
Il faut de la formation. Cela passe aussi par des équipes mobiles comme c’est le cas dans le département de Saône-et-Loire à l’initiative d’André Accary, le président du conseil départemental. Il y a aussi des normes et des taux à voir…»

Quels sont aujourd’hui les principaux périls constatés ?
«Il y a trois phénomènes. Avec premièrement une pédo criminalités avec des prédateurs. On va renforcer les moyens et durcir les peines. Elles vont passer de deux à cinq ans de prison pour les prédateurs qui consultent les sites internet.
Deuxièmement, on constate une exposition des jeunes de plus en plus jeunes à la pornographie. La moyenne, c’est une moyenne, de la première exposition, est de 14 ans. C’est un fléau qu’il faut combattre. Je rappelle que le Président de la République a élevé la protection des mineurs au rang de priorité.  C’est le sens d’une loi contre les propos haineux sur internet, y compris pour le porno.
Enfin, la prostitution des jeunes se développe et se banalise. Elle concerne de 8 à 10.000 jeunes. Avec des formes nouvelles. C’est une forme d’état gazeux. Je m’explique : Des jeunes se prostituent sans s’en rendre compte. Comme des jeunes garçons disant avec des rapports sexuels avec son entourage. On peut voir aussi des jeunes se prostituer contre un téléphone, ou un sac. Et ils ne voient pas que derrière il y a des proxénètes. Moi je fais le lien avec l’exposition à la pornographie. On est sur un phénomène et une banalisation inquiétants».
Recueilli par Alain BOLLERY

André Accary : «Nos action correspondent à la stratégie nationale

Comment abordez-vous, en Saône-et-Loire, la protection de l’enfance ?
ANDRE ACCARY : «C’est depuis 2019 et nous nous appuyons sur des personnels qualifiés, avec des consultations spécialisées pour les enfants. On a décidé de renforcer le service de la protection maternelle et infantile avec des infirmières. Et cela avec un vrai maillage du territoire».

Comment intervenez vous concrètement ?
«Oui, on a fait un test sur les sorties des jeunes de l’aide sociale, à 18 ans. Avec des cottages. On prépare les 16/18 ans à leur indépendance. En leur apprenant à maîtriser les frais pour un loyer, des charges, des factures.
Nous avons aussi initié la création d’une association des anciens de l’aide sociale à l’enfance.
Et puis, nous avons mis en place une équipe mobile pour travailler auprès de 40 enfants, chez eux ou en établissements. Cela avec des psychiatres, des psychologues, des éducateurs. Pour accompagner encore mieux les enfants».

Pourquoi avez-vous été sollicité par Adrien Taquet ?
«Je l’ai vu en novembre, pour une présentation de nos politiques. Adrien Taquet veut mettre en place des priorités qui correspondent aux nôtres. Car les actions que nous développons en Saône-et-Loire correspondent à la stratégie nationale, pour la prévention et la protection de l’enfance».
Recueilli par Alain BOLLERY