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> Opinion > De gauche
20/02/2026 03:11
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OPINION : Ultra-gauche, ultra-droite et ultra-çons

Communiqué :
Ultra-gauche, ultra-droite et ultra-çons
 Les Ultras sont pluriel : au-delà de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite, on rencontre aussi les ultramarins et les ultraviolets, sans compter les ultra fans du PSG, de l'OM  ou de tout autre club de foot, supporters survoltés aux confins du hooliganisme.
Mais au sein de cet aréopage, on trouve un pluriel bien singulier, une sorte de nec plus ultra en quelque sorte : les ultra-çons. Ils osent tout, et c'est même à ça qu'on les reconnaît ! L'utra-çonnerie est un attribut largement partagé dans de nombreux domaines. Lorsqu'elle se déploie dans le champ politique, elle frappe tous azimuts, indistinctement gauche, droite et extrême centre, avec toutefois une intensité différente.
Il n'est donc pas étonnant qu'à l'occasion de la mort tragique d'un jeune militant identitaire qui fut lié à la mouvance royaliste (pour mieux se réclamer de l'arc républicain peut-être ?), un déferlement de çonneries vienne le disputer au déferlement de violence évoqué.
De vrais jeux olympiques d'ultra-crepidarianisme, cette manie qui consiste à donner son avis sur des sujets hors de ses domaines de compétences ! Dans ce registre, l'influenceur creusotin, ''éditorialiste'' du ''média alternatif engagé contre le système mafieux européiste et globaliste'' (bigre! Ça fout la trouille, non ?) qui se prend pour un analyste du Cevipof (centre d'études de la vie politique), peut légitimement prétendre à une place sur le podium.
Considérer les faits sociaux comme des choses (le noèse de la phénoménologie husserlienne) constitue la règle première de la méthode sociologique telle que Durkheim nous l'enseigne. Il est donc important de partir des faits avérés et des données statistiques qui les consignent et non de préjugés, de ses propres fantasmes et de ses obsessions névrotiques avant d'affirmer comme l'écrit imprudemment notre éditorialiste que : « (cette) mort est aussi le symbole de la montée exponentielle de la violence de la gauche. Il ne faut pas voir... (cette) mort comme une dispute qui a mal tourné, mais bien comme la conséquence de cette violence grandissante face à un camp politique qui sait qu'il perd du terrain dans les urnes ».

Dans un ouvrage paru en mars dernier aux presses de Sciences Po sous la direction d'Isabelle Sommier, 6000 faits de violences politiques ont été recensés et analysés de 1986 à nos jours. Les conclusions sont édifiantes : « On ne saurait donc parler d’une explosion de la violence (...) mais plutôt d’un décalage entre la réalité du phénomène et sa perception en raison d’une part, du poids des images de la violence relayées ad nauseam par les chaînes d’information en continu, d’autre part (...) de l’écart entre le nombre de faits et leur létalité.(...) Les indépendantistes fournissent la moitié des épisodes violents, les idéologiques [c'est à dire les militants] le quart, les professionnels le dixième, les sociétaux un vingtième, les confessionnels seulement 6,7 %. Mais ces derniers – islamistes en tête  – sont responsables de près de 70 % de l’ensemble des 418 victimes recensées (...), Toutefois, malgré le caractère tragique des dernières années, les atteintes aux biens (dégradations, destructions, attentats matériels) dépassent très largement celles touchant les personnes (assassinats, affrontements, agressions, séquestrations) : 86,3 % versus 13,7 %.
Enfin, les actes de violence ne se distribuent pas de la même façon selon les familles ; on pourrait même parler d’une sorte de spécialisation de chacune. Ainsi, les idéologiques privilégient les dégradations (43 % de leurs épisodes), les séparatistes les attentats (52 %) (...). Aussi contribuent-ils très différemment à l’ensemble des événements recensés. (…) Sur 53 personnes tombées des mains des idéologiques - soit 13 % du total des victimes – 9 sur 10 d'entre elles (ont été) victimes de l'extrême droite.
Voilà qui remet singulièrement les choses en perspective ! Certes, on pourra nous objecter que les politologues ont leur propre tropisme et disposent d'une marge de manœuvre dans l'interprétation des faits, par exemple dans la construction des catégories utilisées, mais les faits eux-mêmes sont têtus et leur grande masse permet de dégager une tendance qui n'admet pas de contestation, pour qui s'en tient à une démarche scientifique, of course.
Si rien ne peut justifier le tabassage à mort d'un homme déjà à terre, la récupération sordide qui est en est faite par l'extrême droite, est parfaitement écoeurante et constitue à la fois une insulte à l'intelligence et une grave menace pour la démocratie. C'est une nouvelle ''manip pour tous'' qui conduit à une inversion des valeurs à la façon trumpo-poutinienne, car, ainsi que l'Histoire en atteste, la violence politique est consubstantielle de l'extrême droite. Notre gros malin ''d'éditorialiste '' se tire  - une fois de plus - une balle dans le pied quand il note : « Ainsi tels les fascistes italiens de Mussolini  qui ne parvenaient pas à gagner dans les urnes et se sont imposés en usant de la violence (...) » CQFD !
Dans la foulée, l'atrabilaire personnage, tourne sa vindicte en direction d'un journal local qui : « ne cesse de publier des articles visant à salir la mémoire … (de la victime) … tout ça par dogmatisme quasi religieux (sic) de la part de cette brochette de non-journalistes qui sont en fait bien plus militants que moi qui ne suis pourtant pas journaliste »  en toute logique on aurait donc que des non-journalistes, que faut-il inférer de ce galimatias ? ce statut de non-journaliste dispenserait-il de toute honnêteté intellectuelle ?
Et notre raisonneur de poursuivre : « La réalité, c'est que pour la gauche, toute personne qui n'est pas de gauche est un nazi, et que les nazis ça doit mourir (ou au mieux, être envoyé au goulag). C'est d'ailleurs précisément pour ça qu'ici, au Creusot, on a des gens qui se revendiquent de la gauche, qui osent user de méthodes mafieuses pour intimider les gens "d'en face" », Encore une belle occasion de se taire, perdue ! Car en l'occurrence, d'après les investigations de Mediapart, généralement fructueuses, on avait bien affaire à ce type d'individu : la victime a participé en mai dernier à Paris, au défilé néo-nazi du comité du 9 mai ! Voilà qui est peu susceptible de nourrir une sympathie spontanée à son égard chez nos compatriotes. Pour autant  nous condamnons toujours le ou les auteurs de l'homicide et constatons que la justice remplit sa  mission très correctement, contrairement à ce qu'insinuait notre prolixe non-journaliste, «  les gardes à vue se font attendre (…) la raison(...) ne fait guère de doute en République socialiste soviétique du Frankistan. » Si le soviet est suprême, la sottise que contient cet amphigourique anathème l'est tout autant !
Et puisque nous condamnons l'acte et son (ou ses) auteurs pourquoi devrions-nous, de surcroît, nous flageller en place publique ? Et pourquoi pas demander des funérailles nationales avec panthéonisation ? Ou joindre nos sanglots aux larmes de crocodile de Bardella qui a saisi l'opportunité de fustiger non seulement la Jeune Garde mais aussi LFI et par extension toute la gauche ?
Le glissement sémantique et idéel n'est d'ailleurs pas l'apanage de l'extrême droite. Macron lui-même évoque l'existence d'un continuum entre les insultes, les vociférations, la ''bordélisation'' de l'Assemblée (…) et le déferlement de la violence. C'est avec le même genre de glissement et d'association d'idées loufoque que notre politologue de comptoir passe de l'attribution du qualificatif de nazi, soi-disant adressée aux adversaires politiques, aux prétendues méthodes mafieuses de la municipalité de gauche. Hou là là danger ! C'est comme ça qu'on se fait un claquage au niveau des boyaux de la tête ! Et c'est comme ça également, qu'à défaut de preuves solides à présenter, on peut se trouver condamné en justice, sûrement une façon de bien démontrer que celle-ci est aux ordres !  
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SBV


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