
Laurent Hofnung adresse une lettre ouverte à Anne Vignot, maire de
Besançon, et, plus globalement, aux élus locaux ayant «des prises de
position inconsidérées» sur le conflit entre Israël et le Hamas.
Communiqué du Conseil représentatif des institutions juives de France en Bourgogne-Franche-Comté du 26 juin 2025 :
Permettez-nous au nom de la délégation Bourgogne Franche-Comté du Conseil Représentatif des Institutions juives de France, le CRIF BFC, de faire part de notre tristesse, inquiétude et indignation devant les prises de position inconsidérées exprimées au sujet du conflit qui oppose l’Etat d’Israël et l’organisation terroriste du Hamas dans nos communes de Bourgogne-Franche-Comté.
Nous travaillons sans relâche à entretenir le dialogue avec nos concitoyens de toutes confessions à travers diverses associations dans le but d’informer, d’alerter, de tenir à dépassionner un conflit qui cristallise la haine séculaire des Juifs, qui creuse des fractures dans notre société, qui provoque des agressions et attentats ou tentatives d’attentats, qui hystérise les opinions et nous expose à l’insécurité.
Notre responsabilité de citoyens français nous appelle à la raison. C’est ce que nous sommes en devoir d’attendre de nos représentants républicains.
Leurs prises de position devraient être animées par la volonté farouche de la paix sociale, du dialogue, de la recherche de la fraternité et mettre tous leurs moyens à leur service comme il entre dans leurs compétences de tisser des liens féconds sous forme de jumelages et de coopérations diverses.
Les conflits internationaux ne relèvent pas de leurs prérogatives de neutralité.
Or que constatons-nous de la part d’élus locaux ou de la Région BFC ?
Des prises de position et actes qui au-delà du fait d’outrepasser leur prérogative de gestion de leur commune ou de la région, importent le « conflit » par complaisance coupable en hissant un drapeau palestinien au fronton de mairies, en adoptant une résolution de dénonciation de jumelage avec une ville israélienne etc.
Mais, qu’ont-ils dénoncé le 7 octobre 2023 ? Qu’ont-ils adopté le 8 octobre ? Ont-ils réclamé en arborant sur les frontons de leur mairie ou du Conseil régional, les noms et visages des otages israéliens ?
Se sont-ils indignés des bombardements iraniens des maisons d’habitation, d’un hôpital, d’une mosquée en Israël faisant des victimes civiles ?
Ont-ils exigé la révocation de la charte du Hamas et du Hezbollah, le renoncement de l’Iran à la destruction d’Israël, tous auteurs d’attentats meurtriers en France, en Europe … ?
Toute conscience morale ne peut être indifférente à la puissance de feu qui s’est abattue sur Gaza en vue d’éliminer la force de nuisance du Hamas et de son armée de terroristes soutenus par l’Iran, ne peut être indifférente aux victimes civiles. Le CRIF exprime pleinement sa compassion à leur égard.
La population de Gaza est une population « otage » dont le Hamas ne se soucie guère, à qui le Hamas vole et détourne les aides humanitaires.
Ces aides humanitaires qui constituent un vrai problème d’organisation pour être distribuée de manière sécurisée et équitable.
Mais, les slogans déniant le droit à Israël d’exister, de se défendre, les mensonges, le vocabulaire révisionniste faisant croire qu’Israël commet un génocide, témoignent de cette obsession maladive à l’encontre d’Israël.
Le CRIF n’a pas pour vocation de défendre les choix politiques ou militaires des gouvernements israéliens successifs ; il ne cautionne pas non plus les propos racistes tenus au sein de l’extrême-droite israélienne.
Mais le CRIF-BFC, attaché à l’existence de ce petit pays, Israël, ne peut que se réjouir du fait qu’Israël a considérablement affaibli les mouvements terroristes, tels le Hezbollah et le Hamas, le régime islamiste iranien qui juraient tous la destruction d’Israël.
Enfin, alors que les trois adolescents qui ont participé au viol d’une fillette de 12 ans viennent d’être condamnés par la Justice, alors que des jeunes et des adultes sont agressés parce que juifs, encore cette semaine à Colomiers près de Toulouse, le CRIF-BFC demande instamment aux élus locaux ou régionaux de reprendre raison et de travailler au vivre ensemble plutôt que de fracturer encore davantage notre société, d’attiser des passions dangereuses.
Laurent Hofnung
Président Délégation CRIF BFC