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> Faits Divers > En Saône-et-Loire
13/03/2026 14:50
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Vallée de la Dheune : Il s’adresse à son ex par enfant interposé : 2 condamnations en 10 jours, dont 8 mois ferme

Soit un homme dont la femme a décidé de se séparer. Il le vit mal, il semble jaloux, il l’enquiquine et fait pression sur les enfants pour que « maman » sache ceci  ou cela. A-t-il tort ? Oui ! N’empêche que le passage au pénal ressemble à « comment écraser une mouche à coup de marteau »
Ce jeudi 12 mars, une escorte pénitentiaire introduit un homme au visage fatigué, dans le box. Il a été placé en détention provisoire la veille. Pourquoi ?
Dans le cadre « d’un dossier JAF », d’une procédure devant le juge aux affaires familiales pour la séparation d’un couple qui a eu deux enfants, madame obtient, le 15 décembre dernier, une ordonnance de protection qui vise à ce que son ex-conjoint la laisse tranquille.
Mais le 3 mars, l’homme est présenté au procureur de la République pour violation de l’ordonnance de protection. Il profite des appels à ses enfants pour s’adresser à leur mère. Il est condamné, en CRPC défèrement, à la peine de 10 mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans, avec évidemment, une interdiction de contact avec madame.
Le 9 mars, madame va déposer plainte : monsieur a appelé leur fils, et s’est à nouveau servi de cet appel pour lui faire passer des « messages ». Il dit à son fils : « J’ai fait de la garde à vue, ils m’ont mis les menottes et m’ont emmené au tribunal, j’ai pris 2 ans. Elle m’entend, là, maman ? » Le fils répond : « Oui » parce que sa mère est à côté de lui et enregistre l’appel. Le père : « Si tu m’entends, bravo ! Tu me l’as bien faite à l’envers ! »
Le 10 mars, nouvelle garde à vue. Le 12 mars, présentation au procureur de la République, placement en détention provisoire pour passage en comparution immédiate le 13 mars.
« Je regrette, je n’aurais pas dû parler de tout ça » dit le prévenu. La présidente : « Derrière tout ça il y a une tentative de culpabilisation énorme. Vous avez été prévenu, pourtant. 10 mois avec sursis probatoire : ça veut dire que vous pouvez être incarcéré (les 10 mois sont révocables, ndla). Vous n’aviez pas compris ? » L’homme répond : « Si j’avais compris, mais je n’avais pas pris conscience. »

La plaignante vient à la barre
« J’ai fait ces démarches de plaintes (il y en eut 2, ndla) dans un but de protection de mes enfants qui sont entre leurs deux parents. J’ai bien conscience des troubles psychiatriques dont le papa souffre. On est au-delà de la dépression, il y a de la paranoïa aussi. »
Les mots sont forts : « troubles psychiatriques ». Mais on ne sait pas de quoi il s’agit. La femme, éprouvée elle aussi par l’audience, insiste sur « la nécessité de soins ». Pour « soigner » quoi ? On ne sait pas.
« Le juge aux affaires familiales n’a pas vu le danger que représente monsieur et lui a octroyé un week-end sur deux et la moitié des vacances. » La présidente lui demande si elle a des craintes pour la suite. « Hummm… Je pense qu’il est en mesure de comprendre. Il faut qu’il comprenne sa pathologie. » A-t-elle peur de monsieur ? « Non. »
La femme conclut : « C’est pas le but, de lui nuire. Je ne veux pas qu’il aille en prison. Je veux juste que ça s’arrête. »

Y a un ‘blème
« Sa pathologie », mot employé sans plus de précision. C’est bien d’époque, ça, que de pathologiser tout ce qui ressort des passions humaines. C’est tellement d’époque que ça fait jaillir de la bouche de la présidente une phrase digne d’une anthologie des mœurs du XXIe siècle : « Et malgré ce traitement, on a quand même un passage à l’acte. » Ce traitement ? Un antidépresseur et un anxiolytique.
Ah que la science ne peut-elle nous délivrer de la peine de vivre, et des tourments qui y sont immanquablement associés ! Que la chimie ne peut-elle faire son œuvre de contention jusqu’à éliminer tout « passage à l’acte » ! Voilà ce que l’époque appelle de ses vœux : avoir « la paix », par tous moyens. Les catastrophes actuelles, à l’échelle planétaire, en indiquent le prix.

Ça doit être terrible à vivre, que l’on soit dans le box ou sur le banc des victimes
Pour revenir à la modeste échelle de la salle d’audience : ça doit être terrible à vivre, que l’on soit dans le box ou sur le banc des victimes. Les victimes sont souvent débordées : elles voudraient que leur agresseur (le harcèlement est une agression et passer par les enfants pour atteindre l’ex est d’une violence ravageante c’est vrai) s’incline devant l’autorité publique, qu’il ait si peur qu’il s’abstienne, mais les conséquences d’une procédure et d’un jugement dépassent largement le cadre familial, le cadre de ces relations dont l’agonie vient hoqueter publiquement.
Bref, l’objet de l’audience : que le prévenu n’y revienne plus, que, définitivement il s’empêche, et fissa.

« C’est la première fois que vous enregistrez ? – Non »
« Pourquoi vous enregistrez cette conversation ? » demande la procureur. « Ben… pour qu’il y ait une trace de ce qu’il a dit. – C’est la première fois que vous enregistrez ? – Non. » Le prévenu s’empresse de préciser que « le lendemain j’ai appelé mes enfants sans évoquer leur mère, je prenais de leurs nouvelles, c’est tout. »
La présidente lui rappelle « le contexte » : « C’est à vous qu’on a fait interdiction de tout contact. D’abord le JAF, puis le juge tout court. Dans ce cadre, quand vous demandez si votre femme est à la maison, c’est problématique. Déjà, se sentir obligé d’enregistrer pour prouver, c’est particulier, mais pour en arriver là, il faut redouter vos comportements. »
Le prévenu, 42 ans, travaille de façon stable. Il a repris le boulot après un arrêt long à cause d’une dépression majeure (8 mois d’arrêt en 2025). Il a peur de perdre son emploi s’il est incarcéré.

« Tout ce qui arrive à monsieur, ce n’est pas la faute de madame »
« Des choses doivent être entendues » dit maître Bourg qui intervient pour madame. « Tout ce qui arrive à monsieur, ce n’est pas la faute de madame. Elle attend toujours le dernier moment pour porter plainte. Elle n’a jamais remis en question son rôle de père. Elle a décidé de se séparer de son conjoint, c’est son droit. Monsieur ne le comprend pas. C’est l’accumulation, qui fait que madame ne peut pas vivre sa vie paisiblement. »

Réquisitions : 8 mois de prison ferme sans aménagement de peine !
La représentante du ministère public a fourbi ses armes. Pour « un fait, certes, mais en réitération » (pas d’état de récidive légale puisque les 10 mois SP ne sont pas encore définitifs), elle requiert la peine de, accrochez-vous, 8 mois de prison ferme avec maintien en détention puisque « je m’opposerai à toute demande d’aménagement de peine. Car le bracelet n’empêchera pas monsieur d’entrer en contact avec madame. » La procureur demande aussi des peines complémentaires d’interdiction de contact et de paraître, pendant 3 ans, afin que chaque violation constitue, cas échéant, une infraction.

« Il faut accepter l’idée que l’autre ne vous appartient pas. Oui. Mais si ça se faisait du jour au lendemain, on aurait peu d’audiences, croyez-moi ! »
« Il entend mais n’écoute pas… Je suis intimement convaincue qu’il n’avait pas compris. » Maître Leray plaide un enchaînement d’actions peu propice à ouvrir les oreilles : « Il est d’abord convoqué par huissier chez le JAF. On lui y refuse l’assistance d’un avocat, parce qu’il avait 6 jours pour en trouver un. Mais trouver un avocat disponible pour intervenir en urgence un 15 décembre, c’est compliqué. Ensuite, une CRPC déferrement : les conditions matérielles rendent impossible tout entretien confidentiel avec monsieur. » Conclusion : « Le temps n’a pas été pris. »

« Il faut s’interroger sur la façon dont les choses ont été faites »
L’avocate poursuit : « Une interdiction de contact a quelque chose d’un peu abstrait puisqu’il faut, d’un coup, faire abstraction de la personne. Quand c’est la mère de vos enfants, c’est compliqué. » Cela étant dit, ça n’exonère pas le prévenu de sa responsabilité : « C’est vrai, il voulait la culpabiliser, et ça touche les enfants, oui. C’est l’enfant qui en pâtit le plus, et ça n’est pas normal. »
Outre ces traitements dans l’urgence qui n’ont pas permis au prévenu de cheminer, Mathilde Leray plaide « le manque d’accompagnement » : « Il n’a pas encore rencontré le juge de l’application des peines, ni le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, qui lui auraient redit ses obligations, le cadre, la loi, etc. Laissons-lui une chance. Il travaille et ne réside pas dans la commune de madame. »
« Il faut s’interroger sur la façon dont les choses ont été faites. Lors d’une séparation, il faut accepter l’idée que l’autre ne vous appartient pas. Oui, il va falloir… Mais si ça se faisait du jour au lendemain, on aurait peu d’audiences, croyez-moi ! et peu de violences conjugales aussi. Le cheminement se fait, lentement. L’incarcération n’aurait aucun sens. »

8 mois de prison ferme, aménageables si le JAP en décide ainsi
Le tribunal dit l’homme coupable du « non-respect d’interdiction imposée par le juge aux affaires familiales dans une ordonnance de protection d’une victime, commis le 8 mars 2026 à 20 heures au 8 mars 2026 à 20h30, à Saint-Léger sur Dheune, par réseau téléphonique »,
le condamne à la peine de 8 mois de prison ferme, sans ordonner toutefois son maintien en détention.
« Vous allez rencontrer un juge de l’application des peines fin avril, il décidera. »
Peines complémentaires : interdictions de contact avec madame ainsi que de paraître à son domicile, pendant 3 ans. « S’il y avait le moindre contact, la justice n’aura pas de nouvelle marque de clémence. »

Deux condamnations en 10 jours 
C’est sûr qu’il fallait qu’il s’arrête, ce monsieur, de revenir à la charge, régulièrement, comme une mouche va se cogner contre une vitre. Ça génère une violence diffuse, rampante, qui finit par abîmer sérieusement. En d’autres termes : on comprend que la femme ait craqué. Pour autant, les moyens employés sont d’une violence qui semble, vu de l'extérieur, disproportionnée.: 10 mois de prison assortis d’un sursis probatoire et puis 8 mois de prison ferme. 8 mois !
FSA



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