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> Faits Divers > En Saône-et-Loire
13/02/2024 08:50
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TRIBUNAL : Il va la chercher en Algérie, elle connaît le malheur au Creusot

La femme lui a envoyé des photos des traces de violence sur la plus petite, par SMS. L’époux et père a répondu : «Je vais rentrer je vais niquer ta race de chien» Alors la mère s’est ouverte de sa situation aux institutrices de l’école maternelle de ses filles aînées.
L’école fait un signalement. Le procureur de la République déclenche une enquête. Madame est entendue le matin, monsieur est interpellé l’après-midi même. Les dernières violences ont eu lieu le 30 novembre, le 3 décembre, monsieur est placé sous contrôle judiciaire. Il est jugé ce lundi 12 février à l’audience des comparutions immédiates.

Une scène, des ITT
Le 30 novembre dernier, une scène de plus, au domicile de cette famille. Une dispute éclate, le père se saisit d’un biberon en verre rempli d’eau, le jette sur sa femme. L’ustensile la cogne au genou puis va toucher le front de leur dernier enfant. Il a poussé sa femme, elle est tombée, il lui donne un coup de pied dans les côtes.

Elle aura une ITT de 12 jours - le médecin relève des traces au front, au genou, sur le péroné, sur le thorax - , la plus jeune enfant, de 3 jours - marquée au front par le biberon -, et les deux autres, de 1 jour chacune.

« Faut pas me mettre tout dessus »
Mais l’homme qui se tient à la barre conteste. Il n’a jamais jeté de biberon sur qui que ce soit. Il n’y a jamais eu de violences avant, sauf « verbales, ouais ». Et ce jour-là, il a « juste poussé »sa femme qui l’empêchait de sortir. La présidente le confronte aux éléments du certificat médical de la mère et à la photo du front du nourrisson de 17 mois. « Elle marche, elle tombe, faut pas me mettre tout dessus. »
Son contrôle judiciaire s’est bien passé, « monsieur a collaboré ». Cela dit, la présidente y revient : « Si vous avez lancé ce biberon, monsieur, il est encore temps de le dire. » ... « J’entends, monsieur. Vous ne reconnaissez rien d’autre que d’avoir poussé madame. Pas de coups de pied, pas de jet de biberon. »

Déjà condamné pour des violences conjugales, sur sa première épouse
« C’est un dossier typique, dit maître Lamain pour les victimes. Selon monsieur, madame ment, les enfants mentent. Monsieur a déjà été condamné pour des violences conjugales, en 2016, sur sa première épouse. A l’école des enfants, on a peur de monsieur.
Madame est isolée, ici. Il est allé la chercher en Algérie. Les violences sont habituelles mais l’élément déclencheur, c’est que ça a touché les enfants. Madame est prête à divorcer. Je vous demande l’autorité parentale exclusive et un droit de visite en lieu neutre. Une des petites parle comme son père, et appelle sa mère ‘la blédarde’. »

Elle qui fut importée puis réduite aux acquêts
Le père en question est né au Creusot, en 1973, ça lui fait 50 ans. Il grommelle qu’il aurait dû s’appuyer sur son âge pour prendre la décision de mettre fin à son mariage, parce qu’il ne voulait que ça, c’est « elle » qui ne voulait pas.
Elle qui fut importée puis réduite aux acquêts, condamnée à vivre dans un pré carré : le domicile, les trois petites, l’école, les commerces d’aliments – elle, opposée à ce que lui reprenne sa sainte liberté ? Et il se plaint qu’elle ait eu l’insulte à la bouche ? Tsssss

Le parquet requiert le retrait de l’autorité parentale
Madame Depetris, vice-procureur, abonde dans le sens de maître Lamain. « Et les faits sont caractérisés, de violence sur conjoint et sur mineur de 15 ans (entendre : de moins de 15 ans) avec usage d’une arme (le biberon). » Elle requiert la peine de 120 jours-amende à 10 euros (soit 1200 euros ou autant de jours de prison que d’impayés) ; les peines complémentaires d’interdiction de contact avec madame, le retrait de l’autorité parentale, l’interdiction de porter une arme pendant 5 ans.
Le prévenu n’a pas d’avocat. Il en a donné les raisons au tribunal, au point que la présidente lui a proposé de renvoyer le dossier s’il voulait être assisté. Il dit juste : « mes enfants ont besoin de me voir ». La présidente lui explique que le retrait de l’autorité parentale n’entraînerait pas qu’il ne puisse plus voir ses enfants.

Retrait de l’exercice de l’autorité parentale
Le tribunal le dit coupable de tout, le condamne à la peine de 8 mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans.
Obligations de soins psychologiques, de travailler, d’indemniser les victimes ; interdiction de tout contact avec madame ainsi que de paraître au domicile. Interdiction de porter une arme pendant 5 ans.
Le tribunal ordonne le retrait de l’exercice de l’autorité parentale du père sur les trois enfants.
FSA