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> Faits Divers > En Saône-et-Loire
08/04/2024 03:17
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Le Creusot TGV : 1000 voyageurs évacués d’un TGV OUIGO, arrêté 6 heures, à cause d’un sac de sport oublié par un ressortissant sénégalais

Un TGV qui circulait entre Lille et Marseille, a été arrêté d’urgence, dimanche en début d’après-midi, et tous les voyageurs ont été évacués à cause de ce sac de sport (notre photo). Des démineurs sont venus de Lyon en hélicoptère. Comme si cela ne suffisait pas, un autre TGV, avec plus de 500 voyageurs, a lui été arrêté 50 minutes, en raison d’un malaise.
Il y a des jours comme ça, où rien ne va… C’est assurément le sentiment qui a été partagé par les 1000 voyageurs d’un TGV OUIGO circulant entre Lille et Marseille. 1000 voyageurs dont les derniers avaient pris place en gare de Roissy Charles de Gaulle ou en gare de Disney.
Ils filaient en direction du Sud. Avignon, Aix en Provence, Marseille… Certains rentraient de week-end. D’autres partaient en vacances. Et puis soudain, vers 13 heures, le TGV a effectué un arrêt d’urgence en gare de Creusot TGV.
La faute à l’attentat sanglant à Moscou. La faute à Vigipirate qui a été réhaussé au niveau le plus haut.

Habituellement, quand un TGV effectue un arrêt d’urgence, c’est soit pour débarquer un voyageur indélicat. Soit pour un problème médical. Mais c’était en raison d’un sac de sport suspect, car son propriétaire n’était de toute évidence pas dans le train.
En ce sens la SNCF a appliqué les strictes consignes de sécurité. C’est ce qu’une famille de ressortissants canadiens a expliqué à creusot-infos, photo à l’appui.

«Le contrôleur a demandé à qui appartenait le sac»

Nancy, coiffeuse, Marc retraité de la Marine canadienne, Vanessa, leur fille, employée administrative dans la Marine canadienne, et ses deux enfants, Rosalie, 9 mois et Louka, 4 ans se trouvaient dans la voiture 3 du TGV OUIGO.
«Le contrôleur a demandé à qui appartenait le sac de sport rouge et gris qui est sur le selfie que je venais de prendre pour avoir une photo souvenir de notre voyage», explique Nancy. «Il a insisté et comme ce sac n’appartenait à personne, il nous a été demandé d’aller au plus vite dans une autre voiture. Nous c’était dans la voiture 2. On s’est retrouvés debout. Pas pour longtemps. A la radio ils ont annoncé que le TGV allait effectuer un arrêt d’urgence dans une gare toute proche, à 5 minutes».
Cette gare c’était donc celle de Creusot TGV, dans son environnement verdoyant et fleuri, où 1000 voyageurs ont donc été priés de descendre illico presto. Alors que les gendarmes de la communauté de brigades de Montchanin et du Creusot prenaient place sous le commandement du Major Sébastien Fargeot, rapidement rejoint par le Commandant Bavard qui dirige la Compagnie d’Autun.
Les militaires ont alors établi un périmètre de sécurité. Les démineurs de Lyon ont été appelés. C’est en hélicoptère qu’ils sont venus se poser juste à côté des quais de la gare TGV, du côté du Breuil.
 
Des poursuites judiciaires et un préjudice à 100.000 euros
 
Ils ont alors pu inspecter le «colis suspect» et le neutraliser, pour lever tous les doutes. Son propriétaire a pu être identifié. Il s’agit d’un ressortissant Sénégalais qui a déclaré avoir oublié son sac de sport quand il est descendu du train.
Une procédure judiciaire a été ouverte contre lui. La SNCF devrait également lui demander des comptes, puisque la totalité des billets devrait être remboursés à 100%. Le préjudice pour la SNCF est élevé, puisqu’il doit se situer aux alentours de 100.000 euros !
Si des passagers ont pris les choses avec philosophie, c’est la colère qui prédominaient chez une majorité. Pour le temps perdu évidemment, mais aussi pour la très très longue attente, car le TGV OUIGO n’a pas pu repartir aussi vite que cela aurait pu se faire.
La famille canadienne qui s’est longuement entretenue avec creusot-infos nous a détaillé le fil de cet après-midi que 1000 voyageurs et leurs proches ne vont pas oublier :
 «On nous a d’abord évacués de la gare. On était tous dehors». Heureusement, si le ciel était gris, la température était elle printanière. Alors les gens se sont assis là où ils pouvaient, car forcément au bout d’une moment, pas simple de rester debout pendant des heures.
«Moi j’ai obtenu de prendre la poussette de ma petite fille Rosalie», explique Vanessa qui est établie à Ottawa, alors que ses parents vivent en Nouvelle Ecosse. Elle explique, dans un grand sourire, qu’elle n’est pas mariée et qu’elle a fait ses enfants toute seule. «Elle a acheté du sperme dans une clinique. Elle a choisi. Mais Rosalie et Louka n’ont pas le même père», ajoute Nancy.
Autre continent, autres modes de vie. Et comme souvent avec les Canadiens, tout cela est expliqué avec le sourire, en toute décontraction.
 
Un malaise qui tombe vraiment mal
 
La famille avait programmé de faire escale en Avignon, dans le Vaucluse, après avoir passé quatre jours à Disneyland Paris. Après leurs voyages vont se séparer. Deux semaines sur la Côte d’Azur pour Vanessa et ses deux enfants ; Direction l’Amérique du Sud et l’Argentine pour ses parents…
Tous sont restés très zen et ont pris les choses avec le sourire… Surtout quand ils ont appris  que le départ était retardé car un autre TGV, circulant entre Paris et Lyon, n’était lui pas reparti, car un quinquagénaire avait fait un malaise vagal à bord…
Le temps de réagir, de faire venir les pompiers, de prendre en charge le Monsieur et ce deuxième TGV arrêté en gare est lui reparti avec 50 minutes de retard.
Le OUIGO qui était stationnée sur la voie de secours en direction du Canal du Centre a alors pu manœuvrer pour revenir à quai ce qui a été fait vers 18h10, soit plus de 5 heures après son arrêt d’urgence. Le temps pour les 1000 passagers de reprendre place, le temps de laisser passer d’autres TGV lancés à pleine puissance et il était 18h50 quand le OUIGO à destination de Marseille a pu s’insérer dans le trafic, avec un retard de près de 6 heures, parmi les plus élevés, entre Paris et Lyon, depuis l’inauguration de la ligne TGV en septembre 1981 !
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY
sauf mention)

Marc, Vanessa, Rosalie et Nancy qui prend le photo souvenir avec, sans le savoir, le sac de sport suspect... (photo Nancy Allard pour creusot-infos)
Les démineurs sont venus en hélicoptère depuis LyonLe TGV OUIGO a été mis sur une voie de garage
Au fond, le TGV stoppé 50 minutes à cause d'un malaise...Michel Gabon, qui est domicilié à Ecuisses, a tout de suite compris qu'il y avait un problème : «Car les OUIGO ne s'arrêtent jamais ici)
Une ambulance des pompiers arrivent pour le malaise VagalMarc, Nancy, Vanessa, Louka et Rosalie
Un appel a été lancé, le OUIGO sera bientôt remis à quai
18h10 : Le TGV OUIGO se remet à quait