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> Faits Divers > En Saône-et-Loire
11/06/2024 08:40
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LE CREUSOT : «Je me suis sauvé. Pourquoi ? Parce que j’avais pas le permis»

« J’ai vu que c’était eux (des policiers), mais je me suis sauvé. – Pourquoi ? – Parce que j’avais pas le permis. » Le prévenu à l’audience des comparutions immédiates de ce lundi 10 juin est donc jugé pour un refus d’obtempérer et conduite sans permis en état de récidive légale.
24 mentions à son casier dont 23 condamnations, depuis 2008, il n’a que 32 ans. Natif du Creusot, il y réside, chez sa mère. Son père y vit aussi, dans un autre quartier. L’homme n’a pas l’air resplendissant de santé. C’est un ancien, dit-il, toxicomane qui prend de la méthadone et livrait, sur la moto de son frère, de la drogue pour le compte de trafiquants. Il dit avoir arrêté.

Il est réputé pour fuir les forces de l’ordre
Le 3 juin dernier, les policiers l’ont reconnu, sur la fameuse moto, une Yamaha qu’il semble aimer. Pas de permis de la conduire ? Pas d’assurance ? Qu’à cela ne tienne. « Il est tellement renfermé qu’il ne sort plus que pour aller errer avec la moto puis revient chez sa mère » plaide maître Marceau.

Le 3 juin il avait juste posé son casque, comme ça, visage apparent.
Il est « très défavorablement connu des services de police » dit le président Marty. Il est réputé aussi pour fuir les forces de l’ordre, fut-ce au prix de manœuvres dangereuses. C’est ce qui s’est passé. La poursuite devenant risquée, la police abandonne mais le repère le lendemain. Rebelote. L’homme s’enfuit et se replie dans sa chambre où il sera interpellé, non sans se débattre.

« Il ne peut prétendre à aucune indulgence : il a été condamné à 23 reprises »
Il perçoit l’allocation pour adulte handicapé. Un problème aux poumons. Il doit se protéger, ne pas inhaler de poussière : dans ces conditions, travailler dans le bâtiment paraît impossible.
« Monsieur n’a toujours pas conscience des enjeux de sécurité routière, dit la vice-procureur.
Il ne peut prétendre à aucune indulgence : il a été condamné à 23 reprises. » Elle requiert la peine de 6 mois de prison pour le refus d’obtempérer et la peine de 7 mois pour la conduite sans permis, avec une interdiction de conduire tout véhicule à moteur pendant 8 mois.

« C’est quelqu’un qui a démissionné »
« Il est malheureux et en dépression, plaide maître Marceau. Il faut mettre un terme à cette conduite délictueuse mais aussi à ce qui y mène. Il faudrait un suivi renforcé, un suivi judiciaire et social comme le permet le dispositif AIR. Un suivi sur le plan médical, psychologique et en addictologie, pour réussir à le resocialiser.
C’est quelqu’un qui a démissionné. Il errait sans but sur une moto : redonnons-lui un but. »

11 mois de détention puis 2 ans de probation
Le tribunal dit l’homme coupable et le condamne à 6 mois de prison ferme pour le refus d’obtempérer, et pour la conduite sans permis en récidive, à la peine 15 mois de prison dont 10 mois sont assortis d’un sursis probatoire renforcé pendant 2 ans.
Obligations de soins en addictologie et en psychologie, ainsi que de payer le droit fixe de procédure de 127 euros, et d’intégrer le dispositif AIR (accompagnement individualisé renforcé, piloté par l’association AEM).
Pour la partie ferme de 11 mois (6+5), le tribunal ordonne son maintien en détention.
FSA