Ils ont aussi été condamnés à une année de mesure éducative judiciaire.
Le 9 septembre 2025, le collège de la Croix-Menée, au Creusot, essuyait un séisme : l’un de ses élèves de 3ème était transporté au CHU de Dijon dans un état « gravissime ».
Deux autres élèves l’avaient étranglé (alors que la future victime avait dit « non »), leur cobaye en avait perdu connaissance puis son état s’était considérablement détérioré. Le jeune garçon s’en est tiré, « mais gardera des séquelles » précise maître Lamain, avocate du mineur et de ses parents.
Les deux auteurs ont été jugés par le tribunal pour enfant
Deux mineurs de (moins de) 15 ans, alors en classe de 3ème eux aussi, connaissant la victime mais comme on connaît d’autres enfants quand on fréquente le même établissement scolaire, ont reconnu les faits.
L’ambiguïté des mots battant son plein, les enfants ont parlé de « jeu » là où ils mettaient en danger ni plus ni moins que la vie d’un autre. Le « non » de la victime a cédé (pour des raisons qui lui appartiennent mais qui l’honorent) devant l’insistance des deux autres (on retrouve là toute la difficulté que présente la notion de « consentement » dont l’entrée dans le code pénal fut saluée comme un progrès alors que « consentir », c’est avant tout céder au désir d’un autre, ndla).
Les auteurs n’avaient pas l’intention de tuer le collégien, pourtant le geste, la pression et la durée ne pouvaient qu’aboutir à cela s’ils ne s’étaient pas arrêtés. La perte de connaissance a contribué à sauver le jeune garçon qui a glissé à terre, mettant fin à l’étranglement. Le reste de la journée fut un cauchemar pour tout le monde, au premier chef pour la victime et ses parents.
Au tribunal correctionnel, celui réservé aux majeurs, dans toutes les affaires de violences conjugales qui présentent un étranglement ou une tentative d’étranglement, les magistrats soulignent l’extrême gravité de ce geste qui ne saurait en aucun cas être « un jeu » et ce geste est particulièrement sanctionné.
Décisions
Les mineurs n’avaient pas de casier judiciaire. Ils ont été condamnés par le tribunal pour enfant, pour avoir, au Creusot, le 9 septembre 2025, volontairement commis des violences ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours, sur la personne de X, les faits ayant été commis avec deux circonstances aggravantes : dans l’enceinte d’un établissement scolaire et sur mineur de 15 ans (l’expression signifie : de moins de 15 ans, ndla),
à 8 mois de prison avec sursis probatoire, une année de mesure éducative judiciaire.
Renvoi sur intérêts civils à juin 2027 mais la victime ne sera pas consolidée avant fin 2027 et pas sans séquelles.
A toutes fins utiles on rappelle qu’on parle d’enfants alors âgés de 14 ans.
FSA