Recherche
Pour nous joindre
alain.bollery@orange.fr
SMS au 06.98.82.18.88
Pour votre publicité sur
Creusot-infos, un seul numéro
06 62 80 46 68
> Faits Divers > En Saône-et-Loire
17/02/2026 03:15
8114 lectures

LE BREUIL : La Police confond et interpelle un dealer sous OQTF venu des Landes

Il avait de belles quantités de stupéfiants sur lui… ACTUALISE : Il a été condamné à de la prison ferme et à une interdiction du territoire français (ITF) de 10 ans
Un polonais âgé de 42 ans devait comparaître librement pour des violences conjugales, mais le voilà en détention provisoire : il a enfreint l'interdiction de contact avec son épouse. « C'est pourtant bien compréhensible, s'agacera son avocate : sans lui madame n'a rien. Elle a dû emprunter de l'argent pour venir à votre audience. »
Du coup, madame est venue avec leur fille, 7ans. Qui l'aurait gardée ? C'est les vacances scolaires. La présidente interroge : « Est-il vraiment pertinent que cette enfant assiste au jugement de son père, à qui l'on reproche des violences sur sa mère ? » Nul ne trouve cela pertinent. La fillette est envoyée s'assoir sur le banc le plus proche des portes de la salle d'audience. Pas de chance, ce lundi 16 février, le hall est animé. Il y a plusieurs dossiers au rôle et des familles, avec enfants elles aussi, attendent.
Et l'attente est longue. A 16 heures, ce dossier de VIF n'est pas bouclé. En cause : l'intervention d'une interprète, mais pas seulement. La situation de ce couple polonais en France depuis juin dernier n'est pas évidente à circonscrire. Il est venu avec sa famille, pour travailler "dans le bois". On sait que l'activité de bucheronnage autour d'Autun est une activité qui mobilise beaucoup de travailleurs étrangers. 
Certains viennent de Bulgarie, d'autres, comme ici, de Pologne. On sait, pour l'avoir appris à l'occasion d'un procès, que le conseil départemental et les services sociaux se soucient de cette réalité qui s’accompagne aussi de femmes et d’enfants. Il n'empêche que les employeurs s'organisent, dans le sens de leur intérêt, forcément. Celui du prévenu met visiblement des logements à disposition sous forme de "petits chalets", dit la présidente, que les ouvriers partagent. 
Enfin, bref, c’est compliqué car tout s’organise en circuit quasi fermé et ça se comprend vu les nécessités (et le peu de candidats sur place ? On ne sait pas, c’est un tout un sujet)

Ivre d’alcool et de jalousie
Ce dossier, appelé ce lundi 16 février en comparution immédiate, parle d’un homme qui boit beaucoup, trop, et dont la jalousie hors propos et hors proportion se déchaîne alors. Ce couple a une enfant, on l’a dit, mais ici madame est complètement isolée à la campagne, dans une communauté de travailleurs (dont plusieurs semblent picoler de trop), elle ne parle pas français, n’a pas d’amis.

Comme piégée ?
Le 7 septembre dernier, il a piqué une colère, l’a saisie par la gorge, puis par les épaules, puis l’a poussée à terre. Ce coup-ci elle a dénoncé son comportement. Elle dit qu’il la rabaisse sans cesse, lui parle mal, la bouscule et à l’occasion, « tous les 15 jours environ », se montre violent, encore plus.
Mais elle dit aussi que quand il ne boit pas, « c’est l’homme parfait ». Elle dit encore qu’elle voudrait rentrer en Pologne mais n’a pas d’argent pour ça. Au final elle ne veut pas se constituer partie civile et oscille entre son souhait qu’il revienne subvenir aux besoins de sa famille et l’idée qu’au final il serait content d’être nourri et chauffé en prison.
Lui, du box, maintient que son projet c’est de travailler en France et que sa fille y soit scolarisée. Il apparaît à l’audience que l’enfant n’est pas scolarisée.
Au dossier figurent quelques témoignages d’autres ouvriers qui parlent eux aussi, de gestes violents, voire de « cris » émanant souvent du petit logement.

La parole n’est guère libre
La présidente essaie de se représenter les réalités que connaissent ces gens, et qui nous échappent. La tâche n’est pas facile. Tout passe par une interprète et de toute façon la parole n’est guère libre.
« Il y a forcément une solidarité entre des personnes qui vivent loin de leur pays, qui travaillent ensemble, sont logées ensemble. Ça ne doit pas être facile, loin de chez soi et en milieu rural. Et je suppose que le patron a dit à tout le monde de ne pas faire de vagues avec la police ?
- Oui.
- Voilà. J’essaie de comprendre la psychologie dans ce huis-clos. »
Point alcool
Le prévenu admet-il qu’il a « un problème avec l’alcool » ? On s’attend à ce qu’il dise « oui », eh bien non, il dit « non ».
Son épouse ne partage pas cet avis : « C’est une bonne personne mais il ne doit pas consommer d’alcool. »

Des mondes que rien ne rapproche
La jeune procureur découvre la dureté de ces modes de vie, s’étonne qu’on vive « dans une chambre », qu’on possède « un couteau à cran avec une lame de 27 cm ». Le prévenu la rassure : « Ce n’était pas mon couteau. »
Bah, déjà il est polonais, mais même avec un français, comment établir des passerelles entre des mondes si différents (celui des magistrats en fonction, et un travailleur forestier saisonnier qui est jugé) ? Le tribunal aura essayé.
« Situation de précarité complète pour l’un et pour l’autre »
La procureur requiert la peine de 15 mois de prison dont 9 mois seraient assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans.
Maître Bouflija plaide brièvement mais avec force, cette situation insensée d’une femme, en tous points dépendante, qui vient dénoncer des violences et des mauvais traitements mais qui en même temps ne se constitue pas partie civile et voudrait que son homme revienne travailler parce que comment s’en sortir seule avec une petite fille dans ce pays ? « Situation de précarité complète pour l’un et pour l’autre, dit l’avocate. Il faut une peine qui permet à monsieur de sortir de détention et d’aller travailler. »

Le prévenu réitère des excuses, promet qu’il ne boira plus…
Le tribunal le condamne à la peine de 4 mois de prison avec maintien en détention, et à une interdiction du territoire français (ITF) de 10 ans. En outre, il a l’interdiction de tout contact avec la victime pendant 2 ans.
« La période de détention provisoire sera déduite des 4 mois*. Cela fait, poursuit la présidente, vous devrez quitter la France pour une durée de 10 ans, le tribunal ayant constaté qu’à chacune de vos venues, vous commettiez une infraction**. Vous n’avez aucune attache en France, un sursis probatoire se serait heurté à la barrière de la langue.
Madame fait ce qu’elle veut, va où elle veut, mais vous devrez quitter la France, de toute façon. »
C’est pas gagné (les juges le savent bien). Une petite fille tout de rose vêtue a attendu sagement dans le grand hall que l’audience se déroule, mais elle avait exprimé son souhait de « faire un câlin à mon papa ». Les escortes font signe de la tête que « non, ça n’est pas possible ». A tout le moins, on passe à l’homme une feuille A4 sur laquelle sa fille a dessiné ou écrit quelque chose pour lui.
FSA

*Il est incarcéré depuis presque un mois et sera libérable de fait aux deux-tiers de sa peine, ça s’appelle « la libération sous contrainte » : le législateur voulait désengorger les prisons et a estimé que le juge de l’application des peines n’aurait pas son mot à dire. Avant de se plaindre de l’institution judiciaire, trop laxiste ou pas assez, il faut quand même regarder le travail de nos représentants qui créent et votent les lois. Ndla.
** En 2006, vol, destruction, dégradation ; en 2010, vol aggravé en récidive


Notre article du 14 Février :
A la faveur d’une enquête parfaitement diligentée avec du travail de surveillance, les Policiers du Creusot ont mis fin aux activités d’un dealer. Ils avaient remarqué des passages importants et des allées et venues du côté d’un bois isolé au Breuil. De trente à cinquante passages par jour. Ce qui faisait quand même beaucoup.
Les Policiers ont commencé à interpeller quatre consommateurs pour en avoir le coeur net… Et puis ils ont interpellé le dealer, qui a été trouvé en possession de 190 grammes d’héroïne, 40 grammes de cocaïne, 30 grammes de résine de cannabis… Mais aussi 550 euros en liquide.
Le garçon a été conduit au commissariat de Police et il donné une fausse identité, vite démarquée par ses empreintes. C’est ainsi que les Policiers du Creusot ont pu établir qu’il s’agit d’un ressortissant algérien, sous le coups d’une OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui lui a été signifiée par la Préfecture des Landes et qu’il n’a pas respectée. Le garçon a été présenté au Parquet de Chalon sur Saône et devrait être jugé en début de semaine.
Sa venue et sa présence au Breuil correspond à de nouvelles pratiques des trafiquants de stupéfiants. Elles visent à recruter des vendeurs et de les installer sur un secteur pendant une courte période, de deux semaines à un mois… En espérant qu’ils ne se fassent pas repérer. Mais les Policiers du Creusot ont eu le nez fin.


Votre météo au Creusot
Votre météo en Bourgogne
Ailleurs
Mort de Quentin à Lyon : L’accès à l’Assemblée nationale du collaborateur parlementaire de Raphaël Arnault suspendu
Mort de Quentin : «C’est l’ultragauche qui manifestement a tué», accuse Gérald Darmanin
LE CREUSOT : Les films à l'affiche, cette semaine, au cinéma Le Magic
Affaire Jeffrey Epstein : Jack Lang « propose » sa démission de l’Institut du monde arabe
Elle part et il reste... Sonia Mabrouk quitte CNews après s’être opposée au maintien de Jean-Marc Morandini
Le délicat sauvetage d'une biche sur un lac gelé aux Etats-Unis
MEDIAS : Les Journalistes du Parisien vent debout contre Rima Hassan, auteur d'une «attaque intolérable» contre un journaliste
ITALIE : L'accès à la fontaine de Trevi, à Rome, est désormais payant
Bilan météo : Janvier a été très froid au début, notamment en Bourgogne - Franche-Comté, et très humide... mais pas chez nous
Mort d’Émile : la famille demande de nouvelles investigations et estime que «certains témoignages» doivent être éclaircis
Moscou connaît ses plus fortes chutes de neige depuis plus de 200 ans
Cybersécurité : Le Gouvernement dévoile la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030
Dialogue autour du microbiote : Comment la mère et le bébé communiquent à travers le lait maternel
Livre : «Aimer sans posséder», une critique féministe de la fidélité, par Sabine Valens
Au Groenland, là où on ne parle pas que de Donald Trump
Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Les Députés adoptent le texte au bout de la nuit
Trophée Jules Verne : Thomas Coville bat le record absolu du tour du monde à la voile en 40 jours et 10h, 45m, 50s
Lait infantile : Ce que l’on sait après la mort suspecte de deux bébés
La marine française a arraisonné un navire pétrolier venant de Russie en Méditerranée, annonce Emmanuel Macron
Exploit historique : Calandagan, le meilleur cheval de course au monde est français et Francis-Henri Graffard, son entraîneur, est originaire du Creusot
Défense : La DGA livre les 30 premiers véhicules blindés Serval Appui Scorpion à l’armée de Terre