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> Faits Divers > En Saône-et-Loire
10/01/2026 03:16
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LE BREUIL : 4 ans de prison, pour agressions sexuelles et violences sur sa belle-fille mineure

La parole de la jeune mineure, les constats et observations d’une infirmière scolaire avisée, les confidences de l’enfant à sa grand-mère, à une amie d’internat, suffisaient...
En décembre 2020, un père s’est présenté au commissariat du Creusot pour déposer plainte contre le compagnon de son ex-femme qui aurait commis des agressions sexuelles et des violences sur sa fille, alors âgée de moins de 15 ans. Ce vendredi 9 janvier 2026, le beau-père a été reconnu coupable et condamné pour ces faits.
Le prévenu, sous contrôle judiciaire, ne s’est pas présenté à l’audience, pas plus qu’il n’avait répondu aux convocations d’un expert psychiatre (expertise obligatoire pour tous les faits à caractère sexuel). Il ne s’était pas fait représenter non plus. Bref, la dérobade absolue.

Un homme étranger à ses responsabilités ?
On se doute qu’il est bien difficile de venir publiquement répondre de tels actes, de tels comportements, de tels propos. N’empêche que cette fuite a le visage d’un facteur aggravant. Somme toute, du temps a passé (un peu trop sans doute, ces très longs délais font mal à tout le monde), le prévenu aurait pu évoluer, prendre ses responsabilités mais que dalle.
Présents à l’audience : la jeune fille, son père, et Charlotte Lamain, leur avocate.

Mesure de protection, immédiate
Quelques jours avant le dépôt de plainte, un juge des enfants avait rendu une ordonnance qui plaçait provisoirement la collégienne et son petit frère, chez leur père. La révélation des faits à une amie qui en a rendu compte à l’infirmière scolaire de l’établissement, imposait cette mesure de protection en attendant qu’une enquête soit menée. 2018-2019 : l’enfant avait 13 et 14 ans. 2018 : année de la mise en ménage de sa mère avec cet homme. Octobre 2020 : derniers faits relatés.

Suffisamment d’éléments à charge
L’enquête a apporté suffisamment d’éléments à charge pour que le prévenu, né en 1969 et résidant à Le Breuil, soit renvoyé devant un tribunal correctionnel, composé de trois juges.
La parole de la jeune mineure, les constats et observations d’une infirmière scolaire avisée, les confidences de l’enfant à sa grand-mère, à une amie d’internat, suffisaient à établir tant les agressions sexuelles que des coups (à main nue ou avec une palette en bois, causant des hématomes). Et s’il fallait une preuve de plus : des SMS datés de 2019, dont le prévenu a reconnu être l’auteur, établissent sa perversité et sa volonté de domination dans son rapport à l’enfant.

Abus et conséquences
Mais, a-t-il dit, c’était « pour jouer ». Pour jouer ? Les conséquences de cette vie « secrète » imposée au foyer maternel sont indéniables. Maître Lamain les plaide : un mal-être, une souffrance tels que l’enfant allait mal, se faisait du mal. Plongée de force dans un monde partagé entre l’excitation et le sadisme (les coups, la relation scénarisée sur son mode à lui) d’un adulte (incestueux, puisque beau-père) et la fameuse demande de n’en rien dire, l’enfant sombrait petit à petit.

Absent
En septembre 2021, le dossier est confié à un juge d’instruction : l’enfant a parlé de gestes plus poussés, la question du chef de viol se pose. Cette qualification n’est finalement pas retenue. La dérobade du prévenu lui aura évité d’avoir à entendre qu’il s’en est sans doute fallu de peu qu’il ne soit jugé « dans la salle d’à côté », soit par une Cour d’assises.
Son absence l’aura épargné de tout.
Des questions sur les faits, de la confrontation de sa position (il conteste) aux éléments qui l’accablent, de ce que signifie « jouer » quand un adulte va s’offrir une excitation en se payant l’intégrité d’une enfant, de cette domination insupportable qui n’est qu’abus, etc. Enfin, il n’aura pas eu à revoir la petite fille devenue jeune femme.
La mère de l’enfant est absente aussi. Cette relation-là, au conjoint violent et dominateur, mériterait aussi d’être examinée.

4 ans de prison dont 2 ans de prison ferme
L’homme a tout évité ? Il n’évitera pas sa condamnation. Il peut faire appel de la décision judiciaire, bien sûr, c’est un droit. N’empêche que le tribunal, après en avoir délibéré, le déclare coupable de violences et d’agressions sexuelles sur une mineure de moins de 15 ans dont il était le beau-père, et le condamne à 4 ans de prison dont 2 ans de prison ferme.

Les deux autres années sont assorties d’un sursis probatoire pendant 2 ans avec :
Obligations de travailler, de suivre des soins, d’indemniser les victimes, de payer le droit fixe de procédure, de suivre un stage de parentalité ;
Interdictions de tout contact avec la victime et son père, de paraître à leur(s) domicile(s) (où qu’ils soient), et de travailler au contact d’enfants pendant 3 ans.
Il est enfin privé de son droit à être éligible, pendant 5 ans.
La jeune femme et son père sont reconnus en tant que parties civiles. Le tribunal leur alloue des sommes pour leurs préjudices, sommes qui expriment elles aussi la conviction (motivée) du tribunal. Le condamné devra également payer leurs frais d’avocat.
FSA



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