Le regard social en général stigmatise les troubles confiés à la psychiatrie. Bon. Rien de neuf sous le soleil. Mais tout existe, tout. Ce jeudi 15 octobre se succèdent à la barre deux hommes. L’un souffre de schizophrénie, il est sous curatelle, l’autre pas, et devinez qui tient des propos pertinents ?
En février dernier, le premier, 24 ans, fut contrôlé sur la commune d’Ecuisses, roulant à 157 km/h au lieu de 110… et, tiens donc, il n’avait pas de permis de conduire, et, tiens donc, il était en récidive. Que dit-il à la juge chargée d’homologuer, ou pas, la peine proposée par le procureur de la République ? Il dit : « J’ai fait ça sans réfléchir, c’était idiot. » C’est un peu court, du coup la juge insiste : « 157 km/heure, monsieur ! et en plus vous n’avez pas le permis. – J’étais perdu dans mes pensées. »
A son crédit, il justifie avoir eu le code et passer son permis de conduire dans quelques jours. C’est le bénéfice des poursuites engagées contre lui, n’en doutons pas.
A l’automne dernier, le second, 30 ans, fut contrôlé à Chalon, au volant alors qu’il s’était drogué au cannabis et à la cocaïne. Etat de récidive légale pour lui aussi. Il est sous curatelle. Que dit-il ? « Eh ben… du coup… j’étais soulagé, parce que j’étais dans un engrenage (il fait des cercles pour illustrer son propos)… être arrêté, ça m’a aidé. Et j’ai vendu mon véhicule, et je ne souhaite plus conduire. »
Il prend du cannabis depuis ses 18 ans, et de la cocaïne à l’occasion. « J’ai quasiment arrêté. J’ai une pathologie psychiatrique… schizophrène et… je ne sais plus… c’est… » Il cherche ses mots, la juge l’interrompt : « C’est pas bon. Avec des traitements il ne faut pas prendre de drogues, ça augmente vos troubles. » Le prévenu est d’accord. « Je suis dans l’optique de ne plus y toucher et je m’en sors de mieux en mieux. »
Cet homme est demandeur de soins, oui, c’est cela qu’il veut et c’est suffisamment rare pour qu’on le souligne, même si ce mot de « soins » n’a rien d’évident dans de nombreux cas, pour une question de sevrage il convient. Bref : « Vous êtes demandeur de soins, dit la juge. – Oui, voilà. »
Le premier prévenu est condamné à la peine de 6 mois de prison avec sursis et à une amende contraventionnelle pour l’excès de vitesse. « S’il devait y avoir une troisième condamnation, ça ne sera plus du sursis simple », avertit le tribunal.
Le second prévenu est condamné à la peine de 6 mois de prison entièrement assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans, avec une obligation de soins. Son permis est, du fait de la récidive, annulé et il a l’interdiction de le repasser avant un an. « C’est bien compris monsieur ? » Il semble que oui.
FSA