Communiqué :Par la voix de son Bâtonnier, Me Benoît DIRY, le Barreau de Chalon-sur-Saône exprime sa vive indignation suite à deux articles parus en ligne ces 3 et 4 avril 2026 sur creusot- infos.com et repris par divers sites intitulés « La grève des avocats lui évite la prison » et « Faute d'avocat, un collégien laissé libre [...] ».
Le premier article vient affirmer, au sujet d’une personne présumée innocente, qui aurait commis des délits routiers : « mais la grève des avocats a conduit à sa remise en liberté... ».
Le second article, qui semble déplorer que l’incarcération d'un mineur poursuivi pour des faits graves ait été évitée en raison de notre mobilisation nationale, repose sur une erreur d’appréciation grossière, particulièrement insultante pour notre profession et l’institution de la Justice toute entière.
Les Avocats se battent quotidiennement comme garants des libertés fondamentales et des droits de la défense. Il est lamentable de prétendre qu’un mouvement de grève ferait obstacle à l’action publique, que peut enclencher le Procureur de la République. Ce dernier dispose de tout l'arsenal pénal et éducatif nécessaire pour s'emparer de la situation des mineurs comme des majeurs délinquants, protéger les victimes et garantir la représentation de la personne poursuivie en justice.
Rien n’indique, d’ailleurs, que des avocats aient été contactés dans ces dossiers ; une telle carence relèverait alors de responsabilités qui ne sont pas les nôtres. Nous refusons d'être les boucs émissaires d'une lecture erronée de la procédure pénale : la défense des droits n'est pas une entrave à la justice, elle en est le socle sacré.
Présenter la grève comme une cause de « laisser-aller » pénal relève d’un effet d'annonce outrancièrement racoleur. Notre mouvement actuel vise précisément à protéger les droits fondamentaux de tous les justiciables, y compris les mineurs, face à des réformes qui menacent l'accès à une défense de qualité. Nous déplorons que cet article puisse induire les lecteurs en erreur en suggérant qu'une impunité de fait règnerait actuellement. La justice continue de s'exercer, et les Avocats, par leur grève, se font lanceurs d’alerte pour préserver ce qu’elle est et ce qu’elle doit rester.
Le Bâtonnier
Me Benoît DIRY
NDLR : Concernant l'article sur l'affaire du coup de couteau au Collège de Saint-Marcel, à aucun moment il n'est déploré, dans l'article, une non incarcération. Il a simplement été indiqué que le collégien n'avait pas été placé en garde à vue, faute d'avocat, puisque ceux ci sont en grève. Une grève que nous n'avons jamais remis en cause et nous avons d'ailleurs mis en ligne un article en date du 31 mars, dans lequel les avocats s'expliquent, sur leur mouvement.