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> Faits Divers > En Saône-et-Loire
16/06/2025 17:15
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Assises de Saône-et-Loire : «Je reconnais, mais j’étais pas bien. Je voulais pas qu’il meure», avoue la Creusotine

La femme est arrêtée à son domicile, le 27 septembre 2022. Elle reconnaît son implication dans les deux incendies mais reste floue... Elle encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité...
Une femme se tient dans le box. Elle a 62 ans. Cheveux grisonnants coupés dans le bas de la nuque, mèches sur le front, monture discrète, chemisier rayé blanc et noir noué sur un tee shirt rose. Elle est jugée devant la Cour d’assises de Saône et Loire pour avoir assassiné son mari par le feu, le 17 janvier 2021 à Torcy. Elle encourt la peine de réclusion criminelle à perpétuité. 
Ce lundi 16 juin s’ouvre le procès de madame P., prévu pour durer toute la semaine. Elle doit également répondre de tentative d’assassinat sur son mari, le 19 mars 2019, à Étang sur Arroux où un incendie dans la chambre de monsieur l’avait brûlé au 3e degré à une cuisse et à une main. Enfin, elle est poursuivie pour dégradations (de la maison de Torcy) au préjudice du défunt. 
La présidente lit son rapport, une présentation concise du dossier, qui ne permet pas de préjuger de la décision de la Cour
Le 17 janvier 2021 à 21h12, Sylvie P. épouse X appelle les pompiers : sa maison est en feu. Elle est dehors mais son mari est à l’intérieur. Le commissariat est requis aussi. Les pompiers ont dû forcer la porte d’entrée. Une épaisse fumée a envahi le domicile. Le feu est maîtrisé. Dans une chambre gît le corps de l'époux. Il est « inanimé », « porte un caleçon », est allongé au sol. L’homme est transporté à l’hôpital. Il décède « à 22h37 ». .

« Origine humaine » mais acte volontaire ou accidentel ?
La maison est placée sous scellés, le corps de la victime est autopsié. Le médecin légiste conclut à un décès par asphyxie. De leur côté les pompiers constatent que les clés n’étaient pas dans la serrure, que le feu a démarré dans le salon, précisément sur le côté gauche du canapé électrique, « entièrement calciné ». Les pompiers trouvent  au sol les restes d’une bouteille et un briquet allume feu.
Immédiatement on retient une « origine humaine », sans pouvoir trancher entre acte volontaire ou accidentel. 

L’épouse est entendue
Elle raconte la journée, les amis qui sont venus et repartis tôt à cause du couvre-feu alors imposé à tout le pays (état d’urgence sanitaire). Elle dit être allée se coucher et être réveillée, vers 21 heures, « par l’alarme incendie ».
Déjà le feu avait pris dans leur maison d’Etang sur Arroux, en mars 2019.
La version pour les assurances : monsieur fumait dans son lit. Version officieuse : incendie déclenché par une lampe de chevet défectueuse. Monsieur, brûlé au 3ème degré à une cuisse et à la main, en avait été profondément traumatisé.
La procédure avait été classée sans suite, elle est alors rouverte.

Ouverture information judiciaire et investigations
L’ordinateur de madame raconte des recherches récentes sur des sites d’information locale en lien avec des incendies domestiques, et puis des recherches d’annonces immobilières.
Le 11 février 2022, une information judiciaire est ouverte contre X, des chefs d’assassinat à Torcy, en janvier 2022, et de tentative d’assassinat à Etang sur Arroux en 2019, à la suite de quoi le téléphone de madame est mis sur écoute, des investigations financières et patrimoniales, avant le décès de la victime, puis après, sont menées. La ligne téléphonique de l’époux est exploitée. On saisit le dossier médical de madame qui avait fait une tentative de suicide en mai 2020. On remonte le circuit de vente du canapé, mais on ne parvient pas à obtenir la moindre information sur la mousse qui le garnit, ni à en avoir un échantillon.

Placée en détention provisoire
Il n’empêche que suite à tous les éléments collectés, la femme est arrêtée à son domicile, le 27 septembre 2022. Elle reconnaît son implication dans les deux incendies mais reste floue, voire changeante, dans ce qu’elle en dit. Elle est mise en examen pour tentative d’assassinat et assassinat et placée en détention provisoire. Ses trois fils se constituent parties civiles.
En janvier 2023, saisie pénale immobilière du bien immobilier de Torcy. Le parquet ajoutera un réquisitoire supplétif pour dégradations par incendie, à Etang-sur-Arroux et à Torcy.
Deux experts psychiatres rencontrent successivement Sylvie P. et concluent tous deux à l’altération de son discernement.

Un crime et deux délits connexes
Sylvie P. est mis en accusation pour le crime d’assassinat (qui entraîne la circonstance aggravante de préméditation). Elle encourt donc la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Elle devra répondre de deux délits connexes (qui relèveraient du tribunal correctionnel s’il n’y avait pas eu le crime), soit la tentative d’assassinat en 2019, et les dégradations des biens immobiliers.

« Je reconnais »
L’accusée est en détention provisoire depuis le 28 septembre 2022, soit, dit la présidente, « depuis 2 ans 8 mois et 18 jours ».
Elle s’adresse à l’accusée : « Quelle est votre position sur les faits ?
Pour mars 2019 : « Je ne conteste pas le fait que j’ai dû le faire, mais j’étais dans un état pas normal. J’ai des soucis d’amnésie. »
Pour janvier 2022 : « Je reconnais, mais j’étais pas bien. Je voulais pas qu’il meure ! » Elle éclate en sanglots.
FSA



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