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29/08/2022 20:20
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MONTCHANIN : Condamné à rester en prison pour avoir cogné sa femme sur une voiture

«On a cru qu'il allait la tuer», a témoigné le directeur du centre social. Le prévenu a avancé devant le tribunal les conséquences de l'alcool ou de la drogue. Et le 5 juillet, le prévenu avait fait tout ce qu’il fallait pour «péter un câble»... Alors que le 20 juin il avait déjà été condamné, avec du sursis...
En juin, la justice avait ordonné une interdiction de contact de monsieur avec madame. Ni l’un ni l’autre ne l’ont respectée.
Madame a pu dire ensuite qu’elle n’avait rien demandé... Le 5 juillet dernier, « on a cru qu’il allait la tuer » a témoigné le directeur du centre social La Tuilerie, à Montchanin. Le couple s’était retrouvé sur le parking, et lui, la cognait violemment contre le véhicule. « Il était fou furieux. »

Ce lundi 29 août, le jeune homme - un garçon élancé, portant une chemise bleue qui tranche sur la kyrielle de tee-shirts que voit défiler le box des prévenus détenus - ne fait aucune difficulté : il reconnaît tout, absolument tout. « Je vous remercie, dit-il à la présidente Catala, de m’avoir mis deux mois à Varennes. J’ai pris conscience que quand je prends de l’alcool ou de la drogue, je pète un câble, je ne sais pas pourquoi. »


« C’est pas facile de... »

Deux mois de détention provisoire, le temps d’avoir le retour des analyses toxicologiques qui confirme la prise d’héroïne, le produit venait s’ajouter au gros gramme d’alcool. Le 5 juillet, le prévenu avait fait tout ce qu’il fallait pour « péter un câble », et ça n’a pas raté. Il ne sait pas pourquoi il devient violent et ne se maîtrise plus quand il se drogue et s’alcoolise, par contre il dit à la présidente :
« L’interdiction de contact, j’avais compris, mais quand on aime quelqu’un, c’est pas facile de... », et puis « quand on prend de l’alcool ou de la drogue, c’est pas facile de... »
Rien de facile, donc. Bienvenue parmi nous puisque rien dans la vie n’est réellement « facile » et ce pour personne, en dépit d’apparences qui peuvent être trompeuses – voudrait-on lui dire, mais ses difficultés à lui sont particulières puisque le voilà, à 25 ans, en récidive de violences sur conjoint, sous l’empire de l’alcool et de stupéfiants, poursuivi également pour conduite dangereuse à l’issue de la scène sur le parking.

« … si c’est toujours la faute des autres ? »

A-t-il une idée de ce qui le conduit à ces addictions, à l’exercice de cette violence ? Il parle de ses « fréquentations » … « Comment le tribunal peut-il espérer que vous preniez les bonnes décisions pour la suite, si c’est toujours la faute des autres ? » lui demande la présidente. Le 20 juin dernier il était condamné à 6 mois de prison assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans.
Le jour des faits il devait à la fois se rendre à la première convocation au SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation) et dans une autre ville pour un boulot… A 17 heures ce jour-là les gendarmes lui couraient après, et un médecin fixait 3 jours d’ITT à celle qui enfreignait l’interdiction de contact à laquelle son copain était soumis, au motif qu’elle n’avait « rien demandé ».

« Il aurait mieux fait d’aller au SPIP et à son rendez-vous pour un CDI »

Non respect des lois, des règles, d’autrui, de la santé publique. Récidive, alcoolémie d’1,44 gramme, et conduite dangereuse : Charles Prost, vice-procureur, requiert une peine de 15 mois dont 6 mois seraient assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans, ainsi que la révocation totale des 6 mois de sursis prononcés en juin dernier. Maintien en détention.
« Il aurait mieux fait d’aller au SPIP et à son rendez-vous pour un CDI », résume, philosophe, maître Mirek. L’avocate parle de « l’immaturité » de son client « perdu dans ses addictions » et insiste « il peut s’en sortir ».

12 mois ferme, maintien en détention

La présidente s’est assurée que la victime sollicitait cette fois-ci une interdiction de contact, puisque la dernière fois « on s’est parlés dès sa sortie du tribunal ».

Le tribunal déclare le prévenu coupable et le condamne à la peine de 12 mois de prison dont 6 mois sont assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans (obligations de suivre des soins en addicto et psychologiques, travailler, et interdition de tout contact avec la victime ainsi que de paraître à son domicile).
Maintien en détention pour la partie ferme. Le tribunal révoque en outre le sursis précédent et ordonne l’incarcération immédiate. Ça fait 12 mois ferme en tout. Le tribunal constate l'annulation de son permis de conduire et il sera contraint de conduire avec un EAD (éthylotest antidémarrage) pendant 1 an, lorsqu'il aura à nouveau un permis.

Le condamné et la victime se font des signes, l’incarcération devrait imposer de la distance entre eux. Deux fois victimes de coups, d’étranglement, combien faut-il de jours d’ITT pour que la jeune femme intègre les informations ? « On a cru qu’il allait la tuer. »
Florence Saint-Arroman