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> Faits Divers > Au Creusot
05/01/2021 03:17
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TRIBUNAL : 4 mois de prison ferme pour un Creusotin qui a été prié de sortir de la salle

Il ne reconnaît pas aux magistrats la moindre compétence en matière juridique, il ne reconnaît pas non plus la moindre autorité au tribunal...  ...Il a même posté une photo du procureur de la République...

Il a eu 2 mois pour préparer sa défense, à sa demande. Hic : il se présente à l’audience des comparutions immédiates ce lundi 4 janvier, sans avocat et sans le justificatif de deux plaintes déposées contre des policiers, alors même qu’il voulait, dit-il, s’appuyer dessus pour obtenir le report de son jugement.

«Barrez-vous, dégagez, c’est chez nous»

Cet homme, âgé de 39 ans, est creusotin de naissance, et y vit à nouveau depuis qu’il s’est séparé d’avec la mère de son fils. Il vit chez ses parents, dans le quartier de la Molette. Sa réputation le précède : il est connu pour se servir de son compte Facebook comme d’une tribune, il est connu pour filmer et enregistrer tout ce qu’il peut et pour pourrir les gens puisque rien n’entre dans sa façon de se raconter les choses.
Le 27 octobre, il traîne avec un ami qui ne porte pas de masque alors que celui-ci est obligatoire à l’extérieur. La police veut procéder à un contrôle, les deux copains filent en courant et s’enferment dans le hall de l’immeuble. De là, ils rigolent et narguent les policiers, « barrez-vous, dégagez, c’est chez nous, on ne sortira pas ».
La Police utilise son badge pour entrer, les hommes foncent à l’étage, les parents du prévenu et sa sœur sortent pour les empêcher d’avancer.

Des preuves qui n’en sont pas

Bref, l’ambiance est telle, que le prévenu est poursuivi pour outrages (insultes) et violence (a jeté une cannette de coca sur deux policiers). Mais ledit prévenu veut renverser la charge, et soutient que sa famille et lui ont été victimes de violences. Il en est persuadé au point de soutenir devant le tribunal que « ça a été filmé et c’est sur internet ».
Sauf qu’il n’a rien communiqué de ses fameuses vidéos, et que le tribunal travaille à partir de ce que contient la procédure. « Il a posté sur Facebook, développe la présidente, une vidéo, le 27 octobre à 22h37. Il y invective les policiers, leur reproche d’avoir frappé ses parents. » Le prévenu annonçait la reine des preuves, mais sa vidéo ne raconte rien d’autres que son propre énervement.

Il fait ce qu’il faut pour être jugé sans faire face

A son casier judiciaire 14 mentions dont 12 condamnations. 4 outrages, 3 rébellions, 2 menaces de mort, refus d’obtempérer, appel malveillant. « Son casier pointe une certaine difficulté dans le rapport à l’autorité et à la loi » observe la présidente. Il ne travaille plus depuis plusieurs années. « Ça ne s’est pas vu tout à l’heure, mais il dit avoir mal aux épaules depuis une chute de trottinette en septembre dernier. »
Tout à l’heure… tout à l’heure le prévenu se tenait à la barre, chaud bouillant à demander le report du jugement en raison des plaintes contre des policiers du Creusot.
Pas de justificatif, pas de report. « Donc vous dissociez (les dossiers) ? – Oui. – Mais je refuse, vous ne pouvez pas dissocier. – Si vous refusez, vous quittez la salle et vous serez jugé en votre absence. »

Il tourne en boucle

L’homme a beaucoup d’assurance, il ne reconnaît pas aux magistrats la moindre compétence en matière juridique, il ne reconnaît pas non plus la moindre autorité au tribunal, en fait il ne reconnaît aucun cadre. Il avait deux mois pour rassembler tous les documents qu’il voulait, il ne l’a pas fait et propose que le tribunal passe des coups de fil pour vérifier ce qu’il dit…
Il parle fort, sans cesse, au point d’empêcher la présidente d’avancer. « La prochaine fois que vous m’interrompez, vous sortirez de la salle et les vigiles vous accompagneront en dehors du tribunal. -Donc on dissocie ! – Monsieur vous me coupez la parole, vous sortez. – Il n’y a pas de justice dans ce pays ! » Il est parti dans sa boucle : que tout cela est un cirque, que les policiers ceci et cela, et qu’on lui donne des leçons de morale, etc. Il doit quitter la salle.

«Une personne asociale»

Un avocat intervient pour trois policiers. « Il inonde internet d’horreurs, de calomnies. Parfois d’une façon générale, parfois de façon nominative. Il a même posté une photo du procureur de la République lui-même, associé au commandant de police du Creusot. Il faut mettre un terme à ces agissements. »
La vice-procureur prend la suite : « C’est une procédure caractérisée. Monsieur déborde, il est dans la monomanie de la persécution, il ne supporte pas l’autorité. Son casier démontre qu’il est comme ça depuis des années et il n’y a pas que la police qui n’en peut plus. Il y a un CLSPD* au Creusot : il ne respecte rien ni personne, c’est une personne qui est asociale. »

4 mois ferme

Le tribunal le condamne à 4 mois de prison ferme. Le jugement reste contradictoire parce qu’il était présent au début de l’audience. Il devra indemniser les trois policiers qui sont parties civiles.
FS
*CLSPD : Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance