Recherche
Pour nous joindre
alain.bollery@orange.fr
SMS au 06.98.82.18.88
Pour votre publicité sur
Creusot-infos, un seul numéro
06 62 80 46 68
> Faits Divers > Au Creusot
20/07/2021 00:10
16962 lectures

LE CREUSOT : Maintenu en détention pour avoir frappé violemment un chauffeur de taxi

L’auteur des coups a été interpellé et placé en détention provisoire. ACTUALISE : Le client violent a été jugé. Il avait beaucoup bu lors d'une fête à Montcenis. Tout s'est terminé dans le sang, rue Magenta... Avec des fractures au visage, des dents cassés pour le chauffeur de taxi...
Ils se connaissent depuis l’enfance, c’est pour ça que le chauffeur du taxi avait accepté de déposer le prévenu chez lui, rue Magenta au Creusot. Quand la police est arrivée sur les lieux, le 12 juillet vers 8 heures du matin, y avait du sang partout, dans la voiture, sur le trottoir, sur la victime étendue au sol, déjà désorientée, et sur les vêtements du fameux copain, qui s’est présenté aux forces de l’ordre.

30 jours d’ITT
Ce matin-là, la victime ne souhaite pas déposer plainte (n’est pas en état, en réalité). Du coup, son passager n’est pas interpellé, on ne relève pas son taux d’alcoolémie. Pire, dira maître Marceau lors de sa plaidoirie : « On a du sang dans l’habitacle mais on ne garde rien de la scène dans la voiture, laquelle aurait été nettoyée depuis. »

Tout cela est un peu dommage car plus tard, la police apprend que la victime, un homme qui venait de démarrer cette nouvelle activité professionnelle de taxi, souffre d’un traumatisme crânien avec hématome sous dural et hématome frontal, de multiples fractures au visage, il a des dents cassées… 30 jours d’ITT. Quand sa compagne dit que le blessé entend déposer plainte, on recherche alors le passager. Il est jugé ce lundi 19 juillet en comparution immédiate.

Le prévenu dit que le chauffeur a fait « une mauvaise chute »
Le prévenu est né au Creusot en 1989. Il loue un appartement mais ce jour-là il logeait chez ses parents partis en vacances. Il a 6 condamnations à son casier, la dernière date de 2017. Essentiellement des délits en rapport avec les stupéfiants, mais aussi outrage, extorsion. Il a une qualification professionnelle.
Il dit qu’il est devenu « un honnête citoyen » mais qu’il a l’impression de n’avoir pas « réussi ma vie ». Sur les faits qu’on lui reproche, il conteste être la cause de la gravité de l’état de son « copain d’enfance ».

Une super fête à Montcenis, 5 bouteilles d’alcool fort pour 10 personnes
Le 12 juillet tombait un lundi. Le 11 au soir, le prévenu faisait la fête à Montcenis. « Une mauvaise soirée », dit-il. Il avait passé son temps, dit-il, « à faire le diplomate » pour que chacun garde son calme. Ils étaient 10, et à 10 ils ont descendu 5 bouteilles de Vodka. Deux filles se trouvaient là qui voulaient repartir sur Dijon en train.
Au petit matin elles appellent un taxi qui les emmènera à la gare. Le prévenu s’incruste. Il connaît le chauffeur et lui demande de le déposer « gratuitement » chez ses parents. L’autre reçoit un appel pour une nouvelle course et veut déposer son passager, qui était assis à l’avant, un peu avant le domicile, pour filer prendre son nouveau client. Ça énerve le prévenu. Il le reconnaît.

Un point à sa décharge, mais un seul
La suite… Il soutient que le chauffeur l’a insulté et l’a frappé en premier. Qu’il est alors sorti du véhicule mais que l’autre en a fait autant pour le rattraper, « je l’ai poussé, il a fait une mauvaise chute. Il a commencé à convulser, j’ai mis mes doigts dans sa bouche et j’ai appelé les pompiers ». Ce point « est à votre décharge », souligne le président Dufour. C’est sans doute le seul point, car en dépit des dénégations du prévenu qui donne du « monsieur le juge » toutes les deux phrases, « ça ne colle pas avec le dossier » le recadre un des assesseurs.
Angélique Depetris, substitut du procureur,  résume le tableau. Avant elle, maître Bourg, qui intervient pour le chauffeur de taxi, sa compagne et son fils, interroge l’homme et souligne l’incohérence du récit : pourquoi un homme qui démarre son activité, qui veut filer prendre un client, perdrait son temps à poursuivre sur un trottoir le profiteur qui avait enfin quitté le véhicule ?

«À l’arrivée de la patrouille, monsieur n’est pas blessé»
La procureur reprend « les éléments factuels ». Le climat : le prévenu est fortement alcoolisé, « c’est visé dans la circonstance aggravante ». Les deux filles ont témoigné en ce sens. Le chauffeur de taxi accepte de le déposer gratuitement : il n’avait donc pas d’intention agressive. Le mobile du prévenu ? On l’ignore et peu importe. « Le plus plausible : il a très mal pris qu’on ne le dépose pas pile devant chez lui. »
La proportionnalité : voir l’état de la voiture, l’état de la victime (qui est rentré chez lui, mais souffre, y compris de céphalées, de vertiges, de troubles de la mémoire et d’une intense fatigue, détaillait maître Bourg). « Et, à l’arrivée de la patrouille, monsieur n’est pas blessé. Il va se présenter à l’hôpital mais pour des problèmes psychologiques. » On l’interpelle là-bas, d’ailleurs, et il ne présente pas la moindre trace de bagarre.

Le prévenu demande au tribunal « une seconde chance »… sic…
Maître Marceau parle d’un dossier « complètement troué », des témoignages des deux filles, recueillis au téléphone, et « on a un bout de retranscription de déclarations mélangées les unes aux autres ! ». « Un prévenu alcoolisé qui s’est battu dans un véhicule ensanglanté, la victime est au sol et incapable de bouger, et on ne fait pas d’éthylotest ?! » L’avocat conclut : « Monsieur n’est pas forcément coupable. » Pas forcément mais la probabilité qu’il ne le soit pas est franchement résiduelle. Le prévenu présente des excuses à la famille de la victime et demande au tribunal « une seconde chance »… sic…

Décision
Le tribunal déclare le prévenu coupable et le condamne à la peine requise par la procureur, soit 2 ans de prison dont 1 an est assorti d’un sursis probatoire pendant 2 ans. Interdiction de contact avec les parties civiles, interdiction de paraître à leur domicile, obligation de les indemniser et de se soigner et de travailler.
Le chauffeur de taxi, entendu, avait déclaré se souvenir avoir déposé les deux filles à la gare, puis avoir accepté de déposer le pote d’enfance gratuitement chez ses parents, il se souvient « avoir tourné à gauche ». Puis c’est le trou noir jusqu’au 13 juillet. « Il avait besoin de travailler, il ne le peut plus » insiste son avocate. L’homme avec qui il s’est battu est maintenu en détention pour les 12 mois de prison ferme.
Florence Saint-Arroman

Notre premier article (17/07) :
Les faits se sont déroulés le lundi 12 juillet au matin. Vers 8 heures, un chauffeur de taxi du Creusot prend en charge un client pour une course qui va mal se terminer. Le client roue en effet de coups le professionnel du transport. Des coups violents, y compris sur la tête, portés avec un objet, qui vont entraîner une ITT de 30 jours.
Dans leur cadre de leur enquête en flagrance, les Policiers du Creusot ont interpellé le client violent. L’interpellation a eu lieu jeudi. L’homme, âgé de 32 ans, a fait l’objet d’une garde-à-vue. Il a été entendu. Le Parquet au regard des éléments de l’enquête policière a demandé sa présentation vendredi. Et a décidé son placement en détention provisoire jusqu’à son procès qui aura lieu, lundi, dans le cadre d’une comparution immédiate.