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> Faits Divers > Au Creusot
27/07/2021 03:16
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LE CREUSOT : La peine n’a aucun sens pour lui. Comme disent les magistrats : le risque de réitération est élevé... C'est inquiétant !

«Méfiant, avec une agressivité latente»... «Très projectif», «violent», « ne supporte ni ne tolère, aucune frustration». Au mois de Mai il avait comparu menotté... Il est parti en prison et il n'a plus le droit de paraitre au Creusot pendant 3 ans.
Ce regard. Deux yeux en surplomb de la lisière du masque chirurgical -toujours obligatoire- qui ne lancent rien de bon. Un zeste de paranoïa qui se fait mauvaise, menaçante. Le prévenu qui avait comparu menotté (lire ici : https://www.creusot-infos.com/news/faits-divers/a... a été jugé ce lundi 26 juillet pour avoir au Creusot frappé deux hommes dont l’un a 30 jours d’ITT.

« Méfiant, avec une agressivité latente » »
Le jeune homme avait vu un psychiatre au cours de sa garde à vue, il en a vu un second pendant sa détention provisoire. Le second relève « un comportement pervers », note que monsieur « apparaît méfiant, avec une agressivité latente ». Cette agressivité, tous ceux qui le croisent la relèvent.

Le président Dufour expose le contexte et les faits. La mère du prévenu vit dans une structure gérée par l’association Le Pont, au Creusot. Cette dame a de lourds problèmes de santé, des infirmiers passent trois fois par jour. Ceux-ci, comme la tutrice de madame, signalent un comportement au mieux pénible, au pire agressif, du fils qui s’est incrustée chez elle sans en avoir le droit. A l’audience le fils explique au tribunal que ce sont eux qui ont des comportements « arrogants ».

« J’avais raison et eux, ils avaient tort. La prochaine fois, ils me respecteront »
« Il rationalise son passage à l’acte violent, n’a pas de regret », écrit l’expert psychiatre. Le 22 mai dernier, la mère n’a pas la clé de son logement. Deux voisins l’invitent chez eux, lui offrent un café, et quand, longtemps après, le fils revient, avec la clé, les deux hommes lui font remarquer que c’est pas normal de laisser sa mère toute seule, etc. « Ils faisaient les machos, dit le prévenu. Ils me cherchaient clairement. J’avais raison et eux, ils avaient tort. La prochaine fois, ils me respecteront. »
L’un d’eux a dont 30 jours d’ITT. « J’ai plus tapé le plus grand. J’aurais pu l’étrangler et tout. Ils ont cherché les problèmes. Ils ont eu ce qu’ils méritaient. » Partant de là : « La plupart des faits qu’on me reproche sont faux. C’est n’importe quoi, ils n’assument pas leurs torts. » Le prévenu a tendance à parler pendant que le président parle, ce dernier tient ferme les rênes de l’audience.

« Imprévisible »
« Ils m’ont poussé à bout. Ils me forçaient à me battre avec eux. Logiquement, j’ai totalement raison. » Il ne cesse de dire « logiquement », sans jamais être effleuré par le danger qu’il représente, avec un tel rapport aux autres, au monde extérieur. « Son comportement antisocial est aggravé par la prise de toxiques, rapporte le psychiatre. Son impulsivité le rend dangereux pour les autres.
Pas d’altération du discernement, il est responsable pénalement. » Le médecin a dû mettre fin à l’entretien, car le prévenu, constatant que l’expert ne l’aiderait pas, devenait tendu, et « imprévisible ». A son casier 4 condamnations, dont 2 pour usage de stupéfiants. En juillet 2020, il est condamné pour vol et menaces de mort.
Il sort de prison en février dernier, il ne se rend pas aux convocations du juge d’application des peines. « C’est tout à fait logique que je ne sois pas allé aux rendez-vous, c’est parce que je ne travaille pas. »

« Très projectif », « violent », « ne supporte ni ne tolère, aucune frustration ».
Aline Saenz-Cobo, vice-procureur, constate que « monsieur tourne en boucle », qu’il est « très projectif », et « c’est quelqu’un qui est violent », « il ne supporte ni ne tolère, aucune frustration ». Elle requiert une peine d’1 an de prison avec maintien en détention, la révocation d’1 mois du sursis probatoire en cours, et une interdiction de paraître au Creusot. Maître Duquennoy, avec un tel client, a la part du pauvre.
« Je n’ai pas beaucoup d’éléments de personnalité à faire valoir dans l’intérêt de monsieur. » L’avocat souligne toutefois que « ce n’est pas en détention qu’on va travailler la question antisociale de monsieur ». Le fait est qu’il risque de sortir au minimum dans le même état, si ce n’est renforcé dans l’idée que les autres ont tort et que cette injustice supplémentaire…
Le prévenu a la parole en dernier, et remet ça. « Si eux, ils ne m’avaient pas cherché, etc. Pour que ça soit clair, moi je dis que logiquement, etc. » Le président coupe court.

13 mois ferme, interdiction de paraître au Creusot
Le tribunal déclare cet inquiétant jeune homme coupable. Le condamne à une peine de 1 an de prison, ordonne son maintien en détention. Révoque 1 mois du sursis probatoire, avec incarcération immédiate. Prononce une interdiction de paraître au Creusot pendant 3 ans.
Le prévenu est debout, il est très grand, et pas content. Le président lui dit qu’il a 10 jours pour faire appel de cette décision s’il le souhaite. « Appel de quoi ?? J’ai même pas un avocat que je peux me payer pour me défendre ! C’est inadmissible de voir que…. » Il est sorti du box, on ne comprend plus ce qu’il dit, il se laisse menotter. La peine n’a aucun sens pour lui. Comme disent les magistrats : le risque de réitération est élevé.
Florence Saint-Arroman