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> Faits Divers > Au Creusot
30/12/2020 21:10
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LE CREUSOT : Il avait trompé sa femme pendant le 1er confinement, avec la voisine... et les choses ne sont pas arrangées

«Tu m’as fait croire que tu m’aimais encore. Tu m’as fait l’amour tous les jours (le gars, gêné, grommelle «non, pas tous les jours»)...

Le temps du doux marivaudage était déjà loin, dix ans étaient passés. Ils s’étaient unis par un PACS, avaient entrepris d’acheter une maison ensemble, au Creusot. Mais 2020 ne fut pas seulement une année pénible, elle a signé la fin de leur couple. Il est jugé pour violence contre elle, ce mercredi 30 décembre, selon une procédure rapide mais sans mesure de détention provisoire. Place à un peu de vaudeville pour la dernière audience de comparution immédiate de l’année.

« Il n’a jamais choisi, il n’a pas eu un comportement adulte »

« Madame était très amoureuse de monsieur, mais pendant le premier confinement monsieur s’est rapproché de sa voisine. » Maître Guignard intervient pour madame, laquelle en a gros c’est peu dire, car son chéri lui est infidèle mais lui jure ses grands dieux que c’est fini. En résumé : il la trompe et il lui ment deux fois. 
« Il était sans doute amoureux de sa compagne, mais aussi de sa maîtresse. Il n’a jamais choisi, il n’a pas eu un comportement adulte. Il fait souffrir sa compagne en lui faisant croire qu’il allait rompre avec la voisine. C’est à partir de là que les choses s’aggravent. »

Un arrangement pas clair et pas sécurisant
Le couple était en passe de se séparer, et avait convenu d’un accord : en attendant de solder les questions matérielles, madame, interdite de travailler en raison de cette crise sanitaire - qui va finir par nous faire mal au foie, tant on en est gavé – occuperait la maison la journée, et monsieur, qui bosse toujours, la nuit. Le 10 décembre, jour d’inauguration de ce modus vivendi, monsieur rentre chez lui.
« Il fait nuit. Les portes sont fermées, les volets sont fermés, le garage est fermé, plaide maître Charbonnel. Madame est mal à l’aise car elle est avec son ex-mari (venu discuter parce qu’elle faisait état autour d’elle d’une situation insupportable, ndla). Son ex-mari qui va dans le garage, où il a caché son véhicule. »

Le compagnon adultère découvre que l’ex-mari est au sous-sol, « dans le noir »

Ça a tourné vinaigre : le compagnon adultère découvre que l’ex-mari est au sous-sol, « dans le noir », dit-il, et ça lui met les abeilles. Il veut rentrer son véhicule, sa compagne se place devant, il fait ronfler le moteur et avance jusqu’à la heurter légèrement, elle pose ses mains sur le capot pour retrouver son équilibre, il recommence.
« Pourquoi elle s’est pas écartée ? Elle me gênait pour rentrer dans mon garage. » L’ex-mari peut enfin filer, et le couple déchiré se retrouve entre quat’z’yeux. Claques, insultes, il la prend par les cheveux et tape sa tête contre le mur. Lui, il dit qu’il n’en pouvait plus, qu’il fallait qu’elle se taise et qu’il a posé sa tête contre le « placo fin ».

« Pourquoi tu m’as fait ça ? »

La procureur n’apprécie pas ses façons de raconter les choses, elle n’apprécie pas non plus l’usage du « si ». Maître Guignard lui avait demandé s’il présenterait des excuses, puisque sa compagne est à l’audience. Il se tourne vers elle, « je suis désolé si je t’ai fait du mal ».
La femme blessée, meurtrie, n’attendait que cette occasion pour exposer le cœur de la procédure : son cœur à elle. « Tu m’as fait croire que tu m’aimais encore. Tu m’as fait l’amour tous les jours (le gars, gêné, grommelle « non, pas tous les jours »). Je veux des excuses sur le côté psychologique : pourquoi tu m’as fait ça ? Tu aurais été clair… mais tu t’es servi de mes sentiments. »

« Il est sans domicile, et n’a aucune de ses affaires depuis ce jour-là »

La présidente Catala fait office de maîtresse de cérémonie pour interrompre la scène à laquelle nous assistons : « Bien. Je pense que les choses sont dites et entendues. Vous pourrez les reprendre dans un cadre plus propice que cette enceinte judiciaire. »
Enceinte judiciaire : le 10 décembre la victime a fait une déposition, le 12 elle décide de poser plainte. Le 12 il est convoqué en audition libre, mais 6 jours plus tard on le reconvoque pour une confrontation, il est alors placé en garde à vue, déféré, et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact et de paraître au domicile. « Il est sans domicile, et n’a aucune de ses affaires depuis ce jour-là », proteste son avocate.

« Mais en se maintenant dans une relation toxique, on se fait du mal »

Lui, 39 ans, solide gabarit. Casier néant. Il entend les réquisitions qui lui disent qu’on n’est pas dupe de son « si », et que le contexte ne justifie pas qu’il ait poussé sa compagne avec sa voiture. « Ce n’est pas la faute de la victime, c’est celle de monsieur. »
La procureur requiert 4 mois de prison avec sursis. La présidente s’assure des décisions du couple, et de la capacité de chacun à mener à bien leur séparation. Leur PACS a été dissous. Maître Charbonnel revient sur la complexité de toute relation amoureuse et interroge la position de madame : « Elle allait mal, peut-être, oui, mais en se maintenant dans une relation toxique, on se fait du mal. »

4 mois de prison assortis d’un sursis simple

Le tribunal déclare le prévenu coupable, le condamne à une peine de 4 mois de prison assortis d’un sursis simple, et à verser à son ex, 900 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice causé le 10 décembre dernier.
Le vaudeville, finalement, ça n’est drôle qu’au théâtre. Ce couple se déchirait, violemment. Empoisonné, mais ne cessant de pitrogner son malheur. La cerise sur le gâteau revient toutefois, pour l’éternité, au compagnon infidèle qui aurait dit à sa compagne, fou de rage d’avoir trouvé l’ex-mari au sous-sol : « Salope, tu te fais baiser. »
FSA