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> Faits Divers > Au Creusot
13/07/2021 03:18
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LE CREUSOT : 8 mois de bracelet électronique, pour un jeune homme qui avait poussé sa copine... Elle a eu une fracture d'une vertèbre

Il est aussi non seulement interdit de paraitre à son domicile, mais carrément interdit du département de Saône-et-Loire.
Il s'était aussi fait photographier devant le commissariat où il était convoqué.
On remarque d’abord son survêtement. Ses cheveux sagement coupés. Sa silhouette juvénile. Et pour cause, il est né en 2002 au Creusot et c’est là qu’il a, le 3 juillet dernier, poussé sa copine. Elle a fait une mauvaise chute, le dos sur les marches du bas d’un escalier, elle s’est fracturé une vertèbre.
Elle n’est pas à l’audience, son état ne lui permet pas de se tenir assise. Le 3 juillet « il est venu devant mon domicile comme tous les jours depuis qu’on est séparés ». La présidente Verger lit la plainte de la jeune fille, s’interrompt pour demander : « Vous êtes séparés depuis combien de temps ? - On n’était pas séparés », dit le garçon. Ensemble, pas ensemble, séparés, pas séparés… « bref », ponctue la présidente qui entrevoit un océan de complexités que ces jeunes gens ont sans doute alimenté et entretenu jusqu’au 3 juillet.


Une histoire de voiture, un arrangement mal fichu
Bref, le garçon demande à la fille de lui rendre des outils qui lui appartiennent, la fille lui rend. Puis il demande qu’elle lui rende une Clio qu’il lui prêtait le temps que sa propre voiture soit réparée. Elle refuse. Elle lui rendra quand elle récupérera sa voiture. Il rentre dans le domicile.
C’est chez la mère de la fille. Il prend la clé de la Clio qui est posée sur un guéridon, la fille lui prend le bras. Elle veut qu’il pose la clé. Il veut se dégager, il la pousse. Elle serait passée du chambranle de la porte aux marches de l’escalier, elle en a le souffle coupé. Il lui prend la main pour l’aider à se relever, elle hurle de douleur. Sa mère appelle les pompiers.

Des états nerveux bien fragiles
Quel genre de vie mènent ces jeunes pour se trouver si vite dans des états nerveux fragiles à ce point ? En ce qui concerne la jeune fille, on ne sait pas. La situation pénale du garçon raconte un peu ce qui le concerne. Deux fois condamné par le tribunal pour enfant.
Pour des vols, délit de fuite, conduite sans permis, puis pour des violences, il est en outre mis en examen par un juge des enfants pour détention de stupéfiants (héroïne et cocaïne). Du coup il vit sous contrôle judiciaire et s’il réside désormais dans la Nièvre où il travaille, avec un CDI, c’est parce qu’il a l’obligation de travailler et l’interdiction de paraître à Torcy et au Creusot… Il donc a violé le cadre de son contrôle judiciaire.

« Et en plus vous la narguez »
Dans ces conditions, et même si « je n’ai pas voulu ça » (blesser si gravement cette jeune fille), le parquet lui rappelle que sa responsabilité est entière, et que « quand on vous dit de vous barrer, eh bien vous vous barrez, surtout quand il vous est interdit de vous trouver au Creusot ».
Aline Saenz-Cobo, vice-procureur, brandit la copie d’une photo, « et en plus vous la narguez ». Il s’est fait photographier devant le commissariat où il était convoqué, avec des copains, dont l’un fait un doigt d’honneur. Bref. « Pensez-vous qu’une détention à domicile sous surveillance électronique permettrait d’éviter la récidive ? » demande la procureur au tribunal. Elle requiert une peine de 12 mois de prison dont 6 mois seraient assortis d’un sursis probatoire de 2 ans, la révocation du sursis antérieur, et le maintien en détention du jeune homme qui baisse le regard.

45 jours d’ITT
Maître Bouflija revient sur les 45 jours d’ITT de la victime, « provisoires, elle va revoir le neuro-chirurgien ». Elle a 19 ans, et elle est effrayée, rapporte l’avocate, car elle a subi des pressions de la part de la famille de monsieur pour qu’elle retire sa plainte. Le 7 juillet elle avait, de l’hôpital, appelé le commissariat du Creusot. Un plaintier est allé à son chevet recueillir ses déclarations. « Elle veut une interdiction absolue de contact avec elle et l’interdiction de paraître à son domicile. Il faut que monsieur comprenne, et sa famille aussi, qu’il faut la laisser tranquille. »

« Il regrette vraiment son geste et ses conséquences »
« Je maintiens que c’était un accident », plaide maître Faure-Revillet pour le prévenu. « Il regrette, sincèrement, il est traumatisé par les conséquences de son geste, il n’a pas imaginé que, la poussant pour se dégager, elle serait gravement blessée.
Et puis des rumeurs disaient qu’elle était paralysée, il a voulu prendre de ses nouvelles. Il regrette vraiment son geste et ses conséquences. Il a aussi un regret pour lui-même, des conséquences de son geste. C’est humain. » « Je suis désolé, dit le garçon, j’espère que la situation de mademoiselle va s’arranger. »

8 mois de prison, interdiction de venir dans le département
Le tribunal le déclare coupable et le condamne à une peine de 12 mois de prison dont 6 mois sont assortis d’un sursis probatoire pendant 2 ans, avec obligation d’indemniser la victime, interdiction de contact avec elle ainsi que de paraître à son domicile. Interdiction de paraître en Saône-et-Loire.
Le tribunal révoque 2 mois du sursis antérieur. Ordonne l’aménagement des 8 mois de prison en détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE).
Florence Saint-Arroman