Alors que l’eau se fait de plus en plus rare, dans le secteur de
Sanvignes, les éleveurs ne tirent pas l’eau potable au robinet, mais
vont puiser des milliers de litres, chaque jours dans le Lac des
Fouthiaux. Et cela depuis le mois de Mai, ce qui n'était encore jamais
arrivé. Une génisse ou un boeuf charolais ont besoin de 100 litres par
jour. La vraie question : Pourquoi ce qui est possible à Sanvignes n’a
pas été généralisé ailleurs ?
Il est un peu plus de 7h30 du matin… L’extrémité du Lac des Fouthiaux est encore à l’ombre. C’est là que les éleveurs de Sanvignes et du secteur, mais aussi le service des espaces verts de la commune, viennent puiser de l’eau à volonté. Chacun repart avec sa citerne remplie de 8000 litres d’eau. C’est qu’il en faut de l’eau pour abreuver les génisses et les boeufs charolais. Chacun a besoin d’une centaine de litres d’eau par jour. Et en période caniculaire, cela peut monter à 120 litres. Alors les éleveurs charolais viennent faire un prélèvement quasiment tous les jours. Comme Emmanuel Pichard. Cet éleveur vient régulièrement l’été, depuis plus de 20 ans. C’est pendant la sécheresse de 2003 que Jean-Claude Lagranger, alors Maire de Sanvignes, a eu la bonne idée de permettre aux éleveurs de venir chercher d’eau dans le lac artificiel des Fouthiaux, qui s’est en moins de 2 ans, dans l’ancienne mine de charbon à ciel ouvert. Un choix validé par la Communauté Urbaine, propriétaire du site.
Puiser l’eau aux Fouthiaux c’est préserver la ressource en eau naturelle. Cela évite de tirer de l’eau au robinet. Car les bovins n’ont pas besoin d’eau traitée. «Celle-ci, aux Fouthiaux, est très bonne», insiste Emmanuel Pichard. C’est de l’eau de source qui est ainsi prélevée. Car le lac des Fouthiaux ne s’est pas rempli avec des eaux de ruisselement, mais avec des eaux de source. D’ailleurs c’est une eau très claire qui s’échappe du déversoir, pour aller terminer dans la Bourbince. Emmanuel Pichard et son épouse Emilie sont à la tête d’un troupeau de 200 bêtes, avec 90 vêlages à l’année. Les 8000 litres puisés quotidiennement font le bonheur des charolaises et de charolais. «Dans les champs, les sources commencent déjà se tarir», met en-avant l’éleveur. Il n’a pas le souvenir d’être déjà venu chercher de l’eau aussi tôt dans l’été, qu’en cette année 2026. C’était même au printemps, puisqu’il a commencé à venir lors des premières grosses chaleurs, fin mai… Cela dans une année qui sera tristement historique. Par rapport aux autres éleveurs de la Région, de la Communauté Urbaine Le Creusot - Montceau et de Saône, ceux de Sanvignes, Ciry le Noble et Perrecy les Forges ont donc la chance. D’avoir une réservé inépuisable. Mais aussi de pas avoir à payer des factures d’eau potable astronomiques. Cela alors même qu’il n’y a aucune raison de donner de l’eau du robinet aux bovins.
Comme c’est parti, d’ici la fin août, Emmanuel Picard sera à pas loin de 560.000 litres d’eau puisés aux Fouthiaux, soit 560 m3… Si vous multipliez par dix éleveurs on dépasser largement les 5 millions de litres d’eau. Que d’économies en eau potable pour la collectivité ! Alors au regard de ce qui a été mis simplement et judicieusement en place à Sanvignes au Lac des Fouthiaux, se pose une question : Pourquoi cette pratique n’a-t-elle pas été généralisée sur l’ensemble de la Saône-et-Loire et en particulier dans la Communauté Urbaine ? Oui pourquoi ? On pense au Lac de Saint-Sernin du Bois, à l’étang Berthaud, à la retenue d’eau d’Antully, devenue une réserve pour les oiseaux, et à tant d’autres. Pourquoi les choses simples sont-elles parfois si compliquées à mettre en oeuvre. Car la vérité veut que l’on dise qu’il y a eu volonté de la Communauté Urbaine. Mais c’était sans compter sur les tracasseries administratives. Alors que juste le bon sens qui devrait être de mise.