
Les écrevisses à pattes banches, les truites fario, ou encore les mulette perlière sont en péril.

La sécheresse extrême qui sévit cet été n’épargne pas le Morvan : la
baisse des débits de nos cours d’eau et l’assèchement des sols
atteignent des niveaux exceptionnels. Cette situation inédite impacte
dramatiquement la biodiversité ; des espèces emblématiques de notre
territoire pourraient définitivement basculer vers l’extinction.
Dans
cette situation de crise, chaque petit geste compte et tous les usagers
de l’eau peuvent jouer un rôle déterminant pour la survie de notre
patrimoine naturel.
Des cours d’eau dramatiquement bas, voire en
assec. Une température de l’eau qui ne descend plus au-dessous de 20°C
et qui frôle les 30°C à l’aval des étangs. Un niveau d’eau à plus d’1
mètre de profondeur dans des tourbières normalement engorgées toute
l’année... Autant de signaux observés de façon généralisée cet été dans
le Morvan et qui mettent la biodiversité en danger.
La conséquence :
de nombreuses espèces liées aux zones humides et aux cours d’eau ne
trouvent plus les conditions vie dont elles ont besoin et se trouvent
piégées, sans possibilité de se déplacer vers des milieux refuges,
vouées à mourir.
Parmi ces espèces, certaines sont des emblèmes pour
le Morvan. C’est le cas de la Mulette perlière, une moule d’eau douce
protégée qui peut vivre 100 ans. Devenue rarissime en France, les seules
populations bourguignonnes se maintiennent dans le Morvan. La baisse
des débits a provoqué la mise hors d’eau d’une partie des individus.
Avec l’autorisation des services de l’État, les agents du Parc ont
procédé à une opération de sauvetage en déplaçant au plus près ceux qui
étaient menacés. Une opération à risque qui n’est réalisée que si
l’individu est en grave danger. Les Écrevisses à pattes blanches sont
également en mauvaise posture dans les petits rus dont les sources se
tarissent. La Truite fario, qui ne survit pas dans des eaux à plus de
20°C pendant plusieurs jours, a dû se déplacer vers l’aval, quand les
obstacles à la continuité écologique ne l’en empêchaient pas.
Les
restrictions d’usage de l’eau sont définies par les préfets de
département avec pour priorité de préserver l’alimentation en eau
potable. Mais les efforts faits pour limiter la consommation d’eau
favorisent aussi les milieux naturels, car l’eau non consommée poursuit
sa route vers les zones humides et les rivières. Dans le Morvan, cet
effet est d'autant plus parlant que les captages sont situés au plus
proche des habitants et tout effort de limitation de la consommation a
des effets bénéfiques directs sur le cours d'eau de la vallée la plus
proche. Dans la situation extrême que nous connaissons, la survie des
espèces se joue à peu : tout prélèvement non autorisé peut condamner une
population, mais chaque petit effort de réduction des consommations
peut être déterminant pour maintenir les seuils viables. Ainsi, au-delà
du respect de la réglementation, tous les prélèvements non vitaux qui
peuvent être reportés sont les bienvenus.
2026 est définitivement
une année climatique déterminante dont les conséquences sur la
biodiversité seront à évaluer. Elle nous rappelle l’absolue nécessité de
partager les ressources vitales avec le reste du vivant.


