
De Mâcon en Saône-et-Loire jusqu’à Paris, le Nouveau Premier Ministre a imprimé une nouvelle marque. Un changement de méthode radical par rapport à son prédécesseur. Mais avec une main de fer dans un gant de velours.

On ne lui fait pas dire ce qu’il n’a pas envie. Ainsi, ce samedi 13 septembre, quand il sort du centre départemental de santé à Mâcon, le Premier Ministre est interpellé par les journalistes qui veulent une déclaration sur la dégradation de la note de la France, annoncée la veille au sort.Sébastien Lecornu ne se démonte pas. «Je suis venu ici pour parler de santé. Monsieur Lombard aura l’occasion de commenter», claque-t-il avant de saluer les élus qui l’ont accompagné, puis de reprendre la direction de Paris.
Une communication maîtrisée
Très clairement, le Premier Ministre n’avait pas envie que les médias moulinent sur ce qu’il pense de la note de la France, mais plutôt sur l’annonce qu’il venait de faire pour la mise en place de France Santé dans tout le pays (
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Très clairement le Premier Ministre est dans une séquence de réconciliation. Et il poursuit l’après-midi, en annonçant aux journaux de la PQR qu’il abandonne l’idée de François Bayrou de supprimer deux jours de congés.
En ancien Ministre des Armées, il démine le terrain. Il veut se donner de l’air, de l’oxygène, et insuffler un climat plus apaisé.
Hasard du calendrier, c’est un 13 septembre que Sébastien Lecornu a effectué deux annonces apaisantes… Et c’était un 13 septembre - en 1993 - que sous le parrainage de Bin Clinton, Yitzhak Rabin, premier ministre israélien et Yasser Arafat, président de l’OLP, avaient signé un accord d’apaisement, en posant une base pour une autonomie palestinienne…
En fait, en venant à Mâcon rencontrer à la fois le géniteur du centre départemental de santé, et ses acteurs médicaux, le nouveau Premier Ministre a vous sortir des querelles politico-médiatiques qui rythment le temps à Paris.
La Saône-et-Loire a eu raison
La santé est un sujet de préoccupation de tous les Français. En venant à Mâcon à l’invitation d’André Accary, le Premier Ministre a comme labellisé le centre départemental de santé, en le prenant en exemple alors - il l’a rappelé - qu’il était hors la loi quand il a été créé.
L’idée de s’appuyer sur son succès, autant que sur celui des maisons France Services, pour impulser «France Santé», ne va pas régler tous les problèmes, par un coup de baguette magique, mais l’objectif exprimé de proposer une solution pour chacune et chacun, à moins de 30 minutes, est un objectif louable.
En annonçant un objectif de 5000 espaces «France Santé» d’ici 2027, est très ambitieux et pas certains que notre territoire ait besoin de 5000 espaces. Car dans les métropoles ou sur la Côte d’Azur, il n’y en a pas besoin.
Une chose est certaine, dans ses échanges avec les professionnels de santé à Mâcon, Sébastien Lecornu a pu mesurer que si tous n’est pas réglé en Saône-et-Loire, le système mis en place est une formule gagnante !
Le grand gagnant de la séquence saône-et-lorienne du Premier Ministre est évidemment André Accary. La visite du Premier Ministre au centre départemental de santé, a en effet valeur de reconnaissance.
Les lignes peuvent bouger…
Sébastien Lecornu quant à lui a décidé de parler aux Français différemment de François Bayrou. Pas de déclaration choc. Pas question de les braquer et avec eux les partis d’opposition. Mais plutôt la volonté de prouver que des lignes peuvent bouger. L’avenir dira si c’est la bonne méthode. En sachant que l’urgence est de bâtir un budget qui à défaut d’être accepté par toutes et tous, soit acceptable par une majorité. Pour permettre à la France d’avancer. Ce dont elle a besoin.
Alain BOLLERY
(Photos Alain BOLLERY)
Une 1ère aussi pour Jérôme Durain…

Ce samedi 13 septembre était aussi une première pour Jérôme Durain… C’est en effet la première fois qu’il accueillait un Premier Ministre dans sa nouvelle fonction de Président socialiste du Conseil Régional de Bourgogne - Franche-Comté.
Interrogé par nos soins, il a donné une lecture politique de la séquence : «S’adresser aux Français sur le thème de la santé, était un bon choix, puisque la santé est la première préoccupation de nos concitoyens. Parler de l’accès à la santé sur le territoire est plus fédérateur que parler du budget ou des querelles politiques.
Concernant France Santé, il faut voir comment le réaliser. Un accès aux soins à moins de 30 kilomètres, François Hollande l’avait imaginé. En matière de santé, il faut être conscient qu’il n’y a pas qu’une solution. Le conseil départemental de Saône-et-Loire l’a démontré avec la création de son centre départemental de santé, mais il y a aussi les maisons de santé pluridisciplinaires. Oui l’Etat doit être en première ligne, car avoir une bonne santé, c’est avoir un pays qui se porte mieux».
A.B.
L'intégral de la déclaration de Sébastien Lecornu :






























