Elle a été sauvée après 21 minutes d’échanges au téléphone et une géolocalisation. Ils ont vu la jeune fille être frôlée par les voitures circulant sur la RN70 dans le secteur de Paray le Monial.
Bravo ! Oui bravo d’abord pour elle. Bravo pour sa famille et donc un grand bravo aux deux adjudants-chefs des sapeurs pompiers de Saône-et-Loire qui, ce dimanche, ont fait preuve tout à la fois de professionnalisme, de sang froid et d’audace pour sauver une jeune femme qui voulait mettre fin à ses jours.
Il est 15h48 quand un appel arrive au CTA CODIS à Mâcon, là où chaque jour se gèrent des dizaines et parfois des centaines d’appels. Au téléphone, une voix jeune, celle dont les pompiers ont vite fait de comprendre qu’il s’agit de la voix d’une jeune femme.
La communication est difficile. L’Adjudant-chef qui a réceptionné l’appel parvient à déterminer qu’il y a un chien pas très loin. A déterminer aussi à force d’échanges que la jeune femme se situe pas très loin de l’Hôtel B&B de Paray le Monial. La jeune femme a des idées et des intentions suicidaires qu’elle exprime clairement. Une situation qui interdit un transfert vers le SAMU, pour éviter que la communication ne soit coupée. Un deuxième Adjudant-Chef se mobilise auprès du premier.
Il s’agit de parvenir à géolocaliser cette jeune femme. Elle accepte de cliquer sur un lien qui lui est transmis en direct, pour une géolocalisation par le 18-112. Un outil d’un grand secours qui permet de voir des photos et de voir une vidéo en direct sur le téléphone de la jeune fille...
«Elle est au bord de la RCEA. Elle marche entre la BAU, la bande d’arrêt d’urgence, et la voie de droite. Nos collègues voient les voitures faire des écarts pour l’éviter !» explique le CODIS de Saône-et-Loire. Il faut faire vite, très vite, pour éviter un drame.
Un moment de panique survient quand la communication est coupée. Heureusement très brièvement. Les officiers parviennent à rétablir la communication immédiatement. Pour maintenir le dialogue. Dans le même temps, une ambulance des pompiers, les gendarmes, la DIR Centre Est, et le SAMU, à savoir le SMUR de Paray, sont mobilisés. Et envoyés sur la RCEA en extrême urgence.
Il est 16h09 quand une ambulance des pompiers arrive et prend en charge la jeune femme. Elle a 18 ans. Elle est conduite à l’Hôpital. Pendant 21 minutes, les deux officiers des sapeurs pompiers ont fait preuve d’un professionnalisme exceptionnel. Ils ont maintenu le fil. Le fil de la vie. Pas la leur. Celle d’une jeune femme qui voulait en finir avec la vie. Ils ont craint le pire. Oui le pire qu’aurait été l’impuissance de pouvoir faire quelque chose si la jeune femme avait été percutée par une voiture et qu’elle avait perdu la vie.
Car la vérité veut que l’on dire qu’à cet endroit la vitesse est limitée à 110 km/heure. Autant dire que c’est comme sur l’autoroute. Et comme sur l’autoroute les chances de survie d'un piéton et donc de cette jeune femme étaient extrêmement limitées.
Oui mais voilà à des dizaines de kilomètres de là, au téléphone, elle a eu des anges gardiens qui sont parvenus à lui sauver la vie. Qu’ils soient infiniment remerciés pour leur professionnalisme. La devise des pompiers est «courage et dévouement»… Ils l’ont écrite en lettres d’or, ce dimanche 7 décembre, entre 15h48 et 16h09. Chapeau bas Messieurs.
Alain BOLLERY